Qui pourra bientôt partir en vacances dans les Hamptons ?

New York, le samedi 5 septembre 2020 – Le mariage est dans deux jours, le vol pour les Bahamas demain et l’anniversaire de notre meilleure amie cet après-midi. Pour tous ces événements, afin de s’assurer de ne pas contaminer ses proches ou de ne pas connaître un risque d’être infecté dans les jours à venir, il faudrait pouvoir réaliser un dépistage par RT-PCR avec des résultats quasiment immédiats. Une gageure dans la plupart des pays occidentaux où la ruée sur les tests fait s’allonger considérablement les délais de rendez-vous et de rendu des résultats, tandis que les professionnels de santé sont nombreux à pester contre ces demandes non directement liées à une réalité médicale, qui engorgent les laboratoires.

Progression exponentielle

Pourtant, certains ont trouvé une solution confortable. Tout au long de l’été, les réceptions et les festivités se sont multipliées dans les Hamptons, lieu de villégiature de prédilection des newyorkais les plus huppés. Les organisateurs ont le plus souvent pu garantir à leurs hôtes l’absence (évidemment pas totale) de risque de contamination, attesté par un dépistage récent des invités. Ce sésame virologique était obtenu grâce au recours à des conciergeries médicales de luxe qui ont vu leur activité exploser ces derniers mois. Ces centres promettent en effet moyennant plusieurs centaines de dollars des résultats en quelques heures. Ainsi, responsable d’une conciergerie médicale de luxe dans les Hamptons, le docteur Asma Rashid a multiplié par trois ses effectifs durant l’été. Plébiscités, les services du Dr Rashid reposent sur l’utilisation d’un test de dépistage salivaire, dont les résultats sont connus en trente minutes. Grâce à l’augmentation « exponentielle » de son activité, il est probable que qu’Asma Rashid pourra bientôt elle aussi se reposer dans les Hamptons.

Faux sentiment de sécurité

Cependant, les activités de ce type de conciergerie suscitent quelques critiques et réticences concernant la qualité des tests utilisés. Ces derniers n’ont en effet pas tous été dument approuvés par la FDA, tandis que certains centres ont choisi de recourir à des tests sérologiques dont l’interprétation est bien différente et qui présentent eux-aussi leurs limites. De la même manière, la proposition faite par certains établissements de luxe (hôtels, bars, restaurants) au moment de leur réouverture pendant l’été de donner l’accès à un dépistage rapide à faible coût a été critiquée. Ainsi, les responsables du secteur ont dissuadé les exploitants de poursuivre ce type d’offre, au risque de créer un « faux sentiment de sécurité » et d’altérer le bon respect des mesures de prévention. En tout état de cause ces exemples rappellent combien aux Etats-Unis, l’épidémie a encore creusé les inégalités d’accès aux soins entre les plus fortunés et le reste de la population.

L.C.

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