Qu’ont en commun Anne-Marie Amilhat et Patricia Mortreux ?

Patricia Mortreux

Paris, le vendredi 14 novembre 2014 – Pour elles, il s’agit presque d’une seconde fête d’anniversaire. Il y a vingt-six ans, l’équipe du professeur Philippe Dartevelle, au Centre chirurgical Marie Lannelongue (Hauts de Seine) leur a offert une nouvelle vie. C’était six ans après la première greffe cœur-poumons réalisée en France. Les praticiens qui s’intéressaient à cette intervention étaient encore des pionniers. Et les patients ne disposaient que de peu de recul sur leurs chances de survie et leur espérance de vie après la greffe. « Mon médecin généraliste a appris que les greffes cœur-poumons avaient commencé. Il m’a dit : ‘Il y a une porte de sortie, avec 50 % de réussite’ », se souvient Anne-Marie Amilhat, qui souffrait alors d’hypertension artérielle pulmonaire (HTAP) à un stade terminal. « Quand on a commencé (en 1986), je ne pensais pas que les gens vivraient aussi longtemps » ajoute le professeur Philippe Dartevelle. Pourtant, vingt-six ans après, Anne-Marie Amilhat et Patricia Mortreux sont toujours vivantes. Elles sont les deux plus anciennes greffées cœur-poumons de France et ont voulu hier témoigner de leur sollicitude éternelle envers l’équipe qui les a soignées tout en transmettant un message sur l’importance de se prononcer sur le don d’organe.

Une pensée particulière pour le donneur

Anne-Marie Amilhat avait 36 ans et se souvient de "l’étouffement " qu’était son existence avant l’intervention. « Faire les courses était devenu un calvaire » évoque-t-elle par exemple. Patricia Mortreux, également atteinte d’HTAP avait 31 ans et affirme « Ma vie a radicalement changé ». Toutes deux n’espéraient pas une telle longévité après l’intervention et sont loin de se plaindre des complications liées au traitement anti-rejet, même si Anne-Marie a souffert d’un lymphome il y a trois ans et si Patricia devra bientôt subir une « retransplantation des poumons » en raison d’un rejet chronique. Elle aborde cette intervention avec sans doute plus de sérénité que la première, riche de son expérience et confiante dans les progrès réalisés. « Je ne dis pas que j'y vais les doigts de pieds en éventail tout de même », sourit-elle cependant « Mais j'ai toujours pensé à mon donneur qui était une petite jeune fille et cela force à relever la tête, à ne pas abandonner » confie-t-elle. La détermination et le courage tant des équipes chirurgicales que des patients ont permis de fêter cet anniversaire que ni les chirurgiens ni les malades ne pouvaient espérer il y a vingt-six ans. Aujourd’hui, tous se félicitent des très importants progrès réalisés au cours de ces deux décennies. Depuis 1982, 856 greffes cardio-pulmonaires ont été réalisées.

Cent-quatre vingt neuf porteurs d’un greffon cœur-poumons sont actuellement en vie.

Léa Crébat

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