Et maintenant...

Nous y sommes. Depuis vendredi 30 octobre, la France est re-confinée. Dans cette ambiance de jour sans fin, nous sommes dans l’expectative… désarmée.

Nous ignorons combien de temps durera le confinement avant que les principaux indicateurs de gravité de la pandémie (en particulier le nombre de patients en réanimation) ne se stabilisent puis évoluent favorablement. Nous ignorons de même toujours si ses conséquences sanitaires directes sont plus délétères que ses répercussions indirectes sur la santé de la population (par les retards de prise en charge des malades non Covid, par l’impact négatif de la crise sur l’éducation de toute une génération ou par les effets sanitaires et sociaux prévisibles de l’effondrement économique qui nous guette du fait des mesures prises pour lutter contre la Covid).

Dans ce brouillard il nous faut pourtant envisager l’avenir.

A très court terme, le « succès » du re-confinement est probable comme l’ont montré les exemples récents d’Israël et de l’Australie. Mais il est vraisemblable qu’il devra durer plus de 4 semaines pour arriver à l’objectif fixé de moins de 5000 contaminations par jour. D’autant que les évaluations de la circulation réelle du virus basées sur les tests PCR sont sans nul doute très optimistes comme nous le rappelle l’expérience récente slovaque qui a dénombré environ 15 fois plus de contaminés avec des tests antigéniques que ne le laissait supposer le simple décompte des PCR positives.

A moyen terme faute de traitement efficace à un stade précoce, inenvisageable dans un horizon proche, et de vaccins avant le printemps ou l’été 2021, nous devrons sans doute changer de stratégie.

Soit en nous concentrant sur la protection des sujets à risque, notamment, mais pas seulement, des plus âgés, en surmontant les obstacles organisationnels et juridiques d’une telle politique qui imposerait un confinement prolongé et sélectif d’une partie très importante de la population dans l’attente d’une immunité de groupe (qui serait d’ailleurs d’autant plus longue à obtenir) ou surtout d’un vaccin efficace et bien toléré.

Soit en dépistant réellement les sujets contaminés (et en les isolant effectivement, ce qui n’a jamais été correctement fait dans notre pays) par une utilisation massive et rapide des tests antigéniques sur toute la population comme sont en train de le faire la Slovaquie et le Luxembourg avec un impact financier infiniment plus réduit que celui du Quoi qu’il en coûte actuel.

Soit en combinant ces deux stratégies.

Étant admis implicitement que l’option de laisser filer l’épidémie n’est pas acceptable pour des professionnels de santé, dans l’état actuel des choses.

Dr Anastasia Roublev

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