Quand la haine s’autorise du scientisme …(réponse à la tribune de Sophie Robert)

Paris, le samedi 1er février 2020 – En publiant dans nos colonnes la tribune de Sophie Robert, attaquant sévèrement la psychanalyse, tribune qui s’inscrit dans la lignée de ses actions précédentes et notamment de son action soutenue par des psychiatres et des psychologues en faveur de l’impossibilité pour les spécialistes proches de la psychanalyse d’intervenir comme expert auprès des tribunaux, nous savions que nous susciterions des réticences.

A l’exception de quelques prises de position allant totalement à l’encontre de la santé publique (nous ne pourrions publier une contribution opposée frontalement à la vaccination), nous souhaitons ouvrir le plus largement possible notre espace « tribune » afin d’enrichir le débat sur des questions de santé et de société. Le texte de Sophie Robert répondait parfaitement à cette orientation. Ainsi, si certains au sein même de notre rédaction ont pu nourrir des réserves au sujet des interprétations de la journaliste et réalisatrice, au-delà de ces divergences, nous avions le sentiment d’une part que son combat était argumenté et d’autre part qu’il était utile pour les patients et les professionnels d’entendre ces critiques. Parallèlement, nous avons bien sûr ouvert nos colonnes aux réactions qui ont été nombreuses, et notamment parce que nous avions pressenti que certains éléments pouvaient être discutés (mais probablement pas le fait que Sophie Robert ne soit pas médecin, car cela ne nous semble pas un critère fondamental pour apprécier une pratique telle que la psychanalyse qui s’écarte régulièrement de la sphère médicale), nous nous félicitons de pouvoir publier aujourd’hui une réponse argumentée à ce texte. Ainsi, le docteur Christine Gintz, psychiatre et secrétaire générale du Rassemblement pour une approche des autistes humaniste et plurielle (et mère d’un enfant autiste comme elle précise elle-même)  a estimé nécessaire de « clarifier certaines choses ». Défendant des « avancées portées par les psychanalystes », elle propose en outre une lecture différente de certains documents mis en avant par Sophie Robert.

Nous offrons ainsi à nos lecteurs la possibilité de découvrir cette position également étayée.

Par le docteur Christine Gintz

Pour publier une tribune aussi agressive dans un journal médical, il est nécessaire que celle-ci apporte quelque chose à la médecine, et apporte également quelque chose aux patients concernés par les propos tenus.

Sophie Robert n’est pas médecin. Nous ignorons si elle est une patiente déçue, mais son acharnement contre la psychanalyse ne peut qu’interroger sur ce qui l’anime, sur cette haine qui l’habite au point de consacrer une grande partie de sa vie à ce travail de destruction.

Est-ce que ceci apporte quelque chose à la science ? Est-ce que ceci rend service aux patients (aux usagers de soins) qui seraient concernés ?

En tant que médecin, comme en tant que mère, concernée par la maladie de mon fils, je soutiens que non.

Cette guerre des méthodes qu’elle attise constamment, est totalement destructrice pour les familles qui ne savent plus comment s’orienter, ni à qui faire confiance pour les soins à leurs proches.  Cependant si ses arguments étaient sérieux, nous pourrions faire abstraction de cette brutalité. Or il n’en est rien. Déjà par le film « Le Mur », il a été prouvé devant les tribunaux, que les interviews étaient manipulées au montage.  Bon, nous pouvons considérer que ce qui a été dit l’a bien été, mais cela n’excuse pas pour autant la manipulation qui témoigne d’une disposition d’esprit particulière.

Une approche subtile, sans diagnostic arrêté

J’ai regardé le film de l’entretien entre les Professeurs Serge Lebovici et Bernard Golse. Il date d’il y a 25 ans, ce qui a toute son importance, car la psychanalyse, et tout particulièrement celle pratiquée par Monsieur Bernard Golse, ne cesse de se remettre en question et de s’enrichir d’échanges avec les autres champs de recherche. Les différents colloques de la CIPPA  dont les actes sont publiés en témoignent.
Nous voyons ici Bernard Golse, jeune médecin, interroger avec beaucoup de délicatesse son aîné, Serge Lebovoci, sur le concept de « transgénérationnel », et cet entretien est ponctué de la présentation du film d’une consultation d’un couple, pour leur enfant présentant un retard de langage.
Sophie Robert ramène tout à l’autisme, et semble ignorer qu’un pédopsychiatre qui reçoit un enfant en consultation doit conduire une démarche clinique avant de poser un diagnostic. C’est ce que fait le Professeur Lebovici en interrogeant les parents sur leur vie, ce qui n’a rien de scandaleux. Les médecins de toutes spécialités le font. On ne traite pas de la même manière un enfant qui évite le regard d’une mère dépressive, et un enfant qui évite le regard parce qu’il est autiste. On ne traite pas de la même manière un enfant mutique pour des raisons liées à son histoire, et un enfant qui ne parle pas en raison d’un trouble autistique.
Or, cet enfant n’est pas considéré comme autiste par ces deux médecins. Il n’est pas non plus considéré comme psychotique. La position de Serge Lebovici est prudente, il met en évidence un secret de famille qui concerne le fait que le père de l’enfant ne sait rien de son propre père. Il dit qu’il ne se permettrait pas de dire que le trouble de cet enfant vient de là, mais qu’il n’est pas souhaitable, pour le bon développement de l’enfant, de maintenir des secrets de famille.

En cela, il fait son travail de médecin : il tente d’avancer sur un problème, laissant la porte ouverte à ce qui pourrait faire évoluer sa position, et propose aux parents de l’enfant un suivi en psychothérapie qui permettra, tout en aidant cet enfant, d’affiner la question du diagnostic.

Au regard de cette approche subtile par des médecins expérimentés, Sophie Robert, au contraire, n’a besoin de rien. Ni de rencontrer l’enfant, ni de questionner les parents sur leur histoire : au premier coup d’œil, elle sait que cet enfant est autiste. Elle sait comment il doit être traité. Elle pense que parce qu’une affection est à point de départ organique, le psychisme doit être exclu. Cette certitude va contre les connaissances scientifiques les plus élémentaires sur le développement cérébral, développement qui ne se fait qu’en interaction avec l’environnement, tout particulièrement affectif et langagier.

L’autisme est une affection neuro-développementale. C’est ce qu’affirment comme une rengaine les personnes pour lesquelles Sophie Robert travaille. Ils ont raison ! Sauf qu’ils ne semblent pas comprendre ce que cela implique : cela implique en effet qu’on ne naît pas autiste, même si on est porteur d’un gène qui mène de manière statistiquement significative à l’autisme. On naît avec une mutation génétique qui va pousser le développement des réseaux neuronaux dans un sens différent des schémas classiques. L’environnement peut avoir un effet à ce niveau, surtout dans les premiers mois de la vie.

En niant l’effet de l’environnement sur le développement cérébral, Sophie Robert se tire une balle dans le pied quant à l’efficacité des approches qu’elle promeut : elles ne réparent pas le gène muté, elles ne connaissent pas le mécanisme d’action de celui-ci, ni la nature des anomalies neuro-développementales de l’autisme. Elles se contentent d’une approche environnementale. Pourquoi pas ? Mais il conviendrait d’en préciser plus clairement les indications, les limites, et les contre-indications. Ceci laisse la place à d’autres approches comme celles envisagées par les psychiatres et les psychanalystes.

Par ailleurs, ce n’est pas parce qu’un enfant est autiste, que les secrets de familles, les difficultés des parents de tous ordres n’ont aucun effet sur lui. On peut même dire que ces enfants ont une sensibilité exacerbée des affects des proches, au-delà des mots. Il est donc important de les prendre en compte, sans pour autant les considérer comme la cause de l’autisme.

Sophie Robert parle de « cruauté », alors que nous voyons un homme âgé, le Professeur Lebovici qui, peu d’années avant sa mort, vient s’asseoir par terre pour jouer avec un enfant, afin d’entrer en relation avec lui, et d’inciter, d’aider le père à le faire également ! La bienveillance de cet acte tranche incontestablement avec la malveillance de Sophie Robert dans son interprétation des choses.

Je me suis permis de faire ces remarques, afin de souligner la part subjective, et ostensiblement diffamatoire du propos de Sophie Robert, jugeant un film datant de 25 ans à l’aune de la manière de voir idéologique qu’elle cherche à imposer actuellement, qui est incontestablement à la mode, mais qui pourrait être rapidement périmée. Est-il nécessaire de rappeler qu’à l’époque du film, (et même plus récemment si nous en jugeons par les plaintes des familles), la méthode comportementaliste dont elle assure la promotion utilisait les châtiments corporels pour dissuader les enfants de leurs comportements jugés inacceptables .

Je passe sur le fatras d’accusations et d’affirmations énoncées en vrac, regroupées sous le chapitre « Faites ce que je dis, pas ce que je fais », pour simplement faire remarquer que nous serions intéressés par une étude qui objective avec un peu plus de rigueur scientifique, les variations de prescriptions de psychotropes dans les établissements recevant des personnes autistes, en fonction des approches théoriques pratiquées dans ces établissements.

Münchhausen par procuration : discussion autour d’un cas médiatisé

Concernant le chapitre sur le syndrome de Münchhausen par procuration, qui fait référence à la fameuse affaire Rachel pour laquelle Sophie Robert a pris fait et cause : il s’agit d’une mère les enfants ont été placés suite à un signalement par l’Aide Sociale à l’Enfance. Ce placement a été reconduit par plusieurs juges successifs. Sophie Robert et des collectifs de familles se sont emparés de cette affaire pour tenter de discréditer la psychanalyse, alors que cette profession n’a pas grand-chose à voir avec ce qui est arrivé à Rachel.
Je souhaiterais simplement faire remarquer plusieurs choses :
- Tout d’abord qu’il est facile de diffamer des personnes qui ne peuvent pas se justifier, car tenues par le secret professionnel.
- Ensuite que les juges successifs qui ont ordonné le placement des enfants, ne sont ni psychiatres ni psychanalystes, de même que les personnes de l’Aide Sociale à l’enfance qui ont effectué le signalement. Malgré les fortes pressions qu’ils ont endurées, ils ont tenu à ces placements, alors qu’il leur aurait été plus facile de céder.
- Que j’ai connaissance du nom d’un des psychiatres qui a expertisé les enfants. Je puis affirmer que cette personne n’est pas psychanalyste.
- Que le point de vue du père des enfants n’apparaît jamais, ce qui est tout de même un peu étonnant !
- Enfin, que toute cette affaire est construite à partir d’un problème mal posé : la question qui prime et à laquelle il doit être répondu est la suivante : cette mère est-elle en mesure de s’occuper de ses trois enfants sans les mettre en danger ? On nous dit que l’autisme des trois enfants n’a pas été reconnu, et qu’ainsi on lui attribuerait à tort les troubles de ses enfants. Soit. Même si c’était le cas : les familles qui ont un enfant autiste, appellent à l’aide de toutes leurs forces tant leur vie est difficile. Comment peut-on imaginer que la personne fragile que nous voyons sur les films qui lui sont consacrés puisse s’en sortir seule, avec non pas un, mais trois enfants autistes ?

Le dépistage précocissime

Pour conclure : Sophie Robert ne connaît pas la psychanalyse et lance en pâture des termes sortis de leur contexte pour susciter une sensation d’opacité. Elle ignore délibérément les travaux actuels des psychanalystes. J’ai cité ceux de la CIPPA, mais le dépistage précocissime du risque autistique chez le bébé est également un apport de la psychanalyse qui tire toutes les conséquences du fait que l’autisme est une affection neuro-développementale : en accompagnant les bébés dès leur plus jeune âge, le développement vers l’autisme peut être évité pour nombre d’entre eux, même s’ils sont porteurs d’anomalies génétiques. Il est donc inadmissible qu’en attaquant la psychanalyse, Sophie Robert détourne des parents d’une démarche qui pourrait améliorer l’avenir de leur enfant.

L’autisme est une affection au sujet de laquelle il reste beaucoup à découvrir, et la science ne pourra progresser qu’à travers un travail main dans la main entre les différentes personnes qui ont l’expérience de ce trouble. Une véritable recherche est exigeante, et ne peut se permettre de perdre son temps à démolir le travail du voisin. Une véritable science doit aussi définir les limites de son champ de pertinence, ce que ne font jamais les personnes au service desquelles se met Sophie Robert.
Les familles ont besoin de savoir comment s’orienter en fonction des particularités du trouble de leur enfant, et les diagnostics à l’emporte pièce au nom d’un pseudo savoir les mettent à mal et les détournent de certaines approches qui pourraient les aider. Ceci est inadmissible.

 

[1] CIPPA : Coordination Internationale entre Psychothérapeutes Psychanalystes et membres associés s’occupant de personnes Autistes. Actuellement présidée par le Pr Bernard Golse.

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Vos réactions (31)

  • Pourquoi tant de haine...?

    Le 01 février 2020

    Merci Dr Gintz de cette réponse à un article si haineux qu'il ne suscite que stupeur et désapprobation. Rien ne vaut un témoignage direct, et merci de l'avoir donné, cela vous met en position de force pour répondre.

    Certes, les psychanalystes se sont trompés sur l'origine de la maladie, mais à leur décharge, ils l'ont reconnu. Nul n'a la science infuse, et l'autisme, surtout le nombre important de cas qui émergent ces dernières 30 années, garde une part de mystère encore à résoudre. Pour lutter contre les méfaits de ce syndrome, tous les spécialistes, psychiatres de toutes tendances compris, sont nécessaires. Il n'y a pas de place pour les insultes et les haines personnelles qui devraient se trouver une autre tribune.

    Quant à remplacer les psychiatres classiques par des cognitivistes au tribunal...on se demande ce qu'ils pourraient bien apporter...pour aider à résoudre des affaires judiciaires!

    Dr Astrid Wilk

  • Des précisions demandées sur le dépistage précocissime

    Le 01 février 2020

    Qu'appelez-vous un dépistage précocissime? A partir de quel âge ? Et sur quels critères cliniques ?

    Dr Marie-Hélène Zeraffa

  • Et si on passait à autre chose ... comme la thérapie

    Le 01 février 2020

    Marre de ces querelles d'experts, de cette confrontation entre principes et surtout d'ego.
    Je propose de nous orienter sur une seule question: comment aider le mieux, le plus vite et le plus efficacement possible ces enfants et leurs familles. Les derniers travaux sur l'imagerie cérébrale des adolescents sont très intéressants et orientent les recherches sur un soutien à l'apprentissage.

    La psychanalyse n'a jamais apporté de preuve d'efficacité dans la thérapie et à l'heure où l'on remet en cause l'homéopathie pour manque de preuves ... je suis sûr que l'on perd son temps en vaines discussions.

    Dr Christian Juenet

  • Une mise au point salutaire

    Le 01 février 2020

    Christine Gintz, merci pour cette mise au point pertinente et argumentée.
    La lecture de la lettre de Sophie Robert m'avait sidéré par sa virulence et ses préventions idéologiques. Les mêmes partis pris de plusieurs commentateurs montraient que cette ignorance et ces préjugés étaient malheureusement partagés.
    Qu'un journal " de référence " tel que le JIM la publie m'avait stupéfié, tant la haine envers les psychanalyste, l'aveuglement, l'ignorance et la mauvaise foi en transpiraient.

    Psychiatre et psychanalyste (SPP), je connais la souffrance de parents ayant un enfant malade.
    L'existence de la CIPPA est un sérieux contrepoids aux menées passionnelles (pour être gentil) de Sophie Robert, de ses affidés. Hélas, la psychanalyse ne peut rien contre les préjugés des ignorants.

    Dr Alexandre Krivitzky

  • Remerciements

    Le 01 février 2020

    Merci beaucoup pour votre texte. Je ne comprends pas du tout cette haine qui ne fait du tort qu'aux enfants.

    Dr Sylvie Cavaille

  • Querelles d'experts ?

    Le 01 février 2020

    Un expert est une personne possédant une connaissance théorique d'un domaine délimité du savoir et des compétences pratiques dans ce même domaine.

    Les hypothèses de la psychanalyse n'étant pas réfutables (au sens épistémologique de Karl Popper) la psychanalyse n'appartient pas au champ du savoir mais de la croyance, on ne peut donc parler d'experts dans ce domaine. Il serait plus rigoureux de parler de prêtre ou de gourou, sans connotation péjorative ni religieuse, dans le sens de personne qui transmet une tradition spirituelle.

    Savoir si le fait de bénéficier de rites issus de cette croyance peut ou pas apporter un soulagement aux enfants ou à leur famille est un autre débat, et si l'on veut le savoir il faut l'évaluer.

    J Sartre

  • Réponse de Christine Gintz à Marie-Hélène Zeraffa

    Le 01 février 2020

    Le dépistage précocissime du risque autistique peut se faire dès qu'une inquiétude émerge. Chez les frères et sœurs d'autistes, ce peut être dès l'âge de 1 mois. Il ne s'agit pas, bien entendu d'autisme avéré, mais de risque autistique. Une publication dans la revue Plus One en novembre 2017 développe cette technique de dépistage par la grille Préaut (Olliac 2017). Il ne suffit pas, bien entendu, de dépister, mais d'accompagner d'urgence ces bébés et leur famille.

    Actuellement, seuls les psychanalystes formés à cela, et les sensori-motrices qui travaillent avec eux, savent le faire. C'est bien ce qui semble gêner les personnes comme Sophie Robert et les personnes pour lesquelles elle travaille.

    Dr Christine Gintz

  • Remerciements et inquiétudes

    Le 01 février 2020

    Fort heureusement Christine Gintz a pris le temps de répondre en nuance et compréhension à une diatribe qui, maniant la haine, le détournement d’image, le contre sens, ou peut être une vrai méconnaissance de l’histoire de la maladie, ne peut être que préjudiciable à la réflexion sur l’autisme.

    Il est difficile de comprendre ce que de telles positions de rage peuvent apporter d’enrichissant dans les enjeux de santé et de société.
    Que se passera t-il le jour où, de guerre lasse, les psychiatres, psychanalystes ou non, mais ayant depuis longtemps compris ce qu’expose Christine Gintz, et y travaillant, ne répondront plus à ces communicateurs qui vivent de ces oukases qui leur donnent une tribune facile et valorisante, bien loin des lieux de soins.
    Encore merci Dr Gintz !

    Dr Pascal Bourdon

  • Le voile se lève

    Le 01 février 2020

    Petit à petit, la qualité réelle des travaux de Sophie Robert va être révélée. On se rendra compte combien tout son travail vise l'éradication d'une disciple qui a beaucoup apportée à l'humanité et des millions de personnes. Enfin, nous voyons que certains détracteurs de la psychanalyse ne proposent pas de travail sérieux, sélectionnent ce qui les arrange, ou utilisent le contexte du débat sur la science pour régler leur problème personnels, leur deception ou leur rancœur suite à leur échec universitaire.

    Guillaume Gillet (psychologue clinicien)

  • What ever happened to baby Maxime ?

    Le 02 février 2020

    J'ai regardé la vidéo en référence. On y voit un Lebovici déjà affaibli par la maladie commenter avec un Golse encore jeune en sparing partner une consultation contemporaine, circa 1995.

    Très rentre dedans le Lebo mais, dit-il, et il n'a pas tort, il faut, dans une consultation thérapeutique, être incisif, et il l'est, en se laissant guider par son intuition. Il débusque un secret gros comme ça, comme tous les secrets. Et c'est visible que le Maxime passe alors du retrait à l'échange. L'autisme clinique du début est supplanté par un élément communiquant plein d'espérance. L'intrusion du Pr L. ne parait pas disproportionnée à la voie qu'il a tracée, que les parents notent, par exemple que Maxime joue avec le médecin et se laisse toucher par lui, ce qui ne se passe habituellement jamais. La saynète qu'il a créée, l'apparition du grand père en Commandeur bienveillant, est donc effective, et ne vient pas de nulle part, elle n'est pas gratuite.

    Reste à savoir l'efficacité possible de cette voie. Ce frayage peut-il être suffisant économiquement pour conjurer la sorcière de l'autisme, dont le fantôme rôde.
    Qu'est devenu l'enfant, qui doit avoir 30 ans. Est-il un jeune cadre dynamique, ou bien est-il dans un ESAT pour autistes, empêtré dans des limitations fonctionelles et "sociales" ?

    C'est tout le problème de ce type de pensée et/ou de pratique "psychanalytique" en pédopsychiatrie. On voit bien dans quel contexte les choses interviennent, mais qui va emporter le morceau, et qui sera là pour le constater a posteriori, certainement pas l'équipe de pédopsychiatrie.
    Tout ceci pour dire que des déclarations la main sur le coeur, de la Petite Renarde Rusée ou de ses contempteurs doivent être tempérées, et je suis d'accord avec ma consœur, par un retour au réel, que se passe-t-il pour de vrai, au delà de l'affichage des certitudes idéologiques agissantes, que se passe-t-il le long de la vie.

    Dr Gilles Bouquerel

  • Merci...

    Le 02 février 2020

    ...pour ce texte rigoureux, précis.

    Dr Alain Vanier

  • Par delà le mal et le pire

    Le 02 février 2020

    En complément, et pour contribuer encore au débat sur ce qu'il faudrait faire, et ne pas faire, quelques remarques.
    Il n'est pas indécent de parler, pour Maxime, d'autisme. Si Lebo etait resté sourd et de marbre, se contentant d'épier le signe qui, comme le chaland, passe, en cochant ADI et ADOS, l'affaire serait entendue, autisme pour sûr.
    Enfin un "vrai" diagnostic.
    Le compte de Maxime (et de ses parents du reste) serait bon, circulez, il y a rien à voir.

    Mais Lebo fait davantage, il montre, à la volée, qu'une modification des interactions, impulsée par son flair qu'il ne s'embarasse pas de brider, entraîne spectaculairement une modification des signes cliniques, et une ouverture de l'apparente indifférence de l'enfant. Quelque chose change, et c'est spectaculaire, les parents en sont tout espantés.Mais, après tout, l'autiste est un être d'interactions, n'est-ce pas, et ceci confirme celà.

    La discussion du reste, du non-diagnostic d'autisme, que Golse croit pouvoir tirer de la présence évidente et de la prégnance des thèmes soi-disant "nevrotiques" est à ce titre confondante de naïveté, puisqu'on trouve l'efficience de tels mecanismes chez tous les autistes, ce qui leur cause bien des tourments.

    Au fond la seule vraie critique majeure de l'abord se présentant comme psychanalytique est l'irrepressible besoin de praticiens à situer l'autisme sur la carte du Tendre de leur fragrance analytique, calculant ainsi une position théorique de l'autisme, ce qui amène bien des quiproquos, et d'erreurs.

    La seconde est tirée de la cécité prospective propre à la discipline, le devenir plus tard, plus tard quand tout deviendra clair, cécité qui est propice à l'illusion, qui oublie que, quand l'autisme est arrivé, et même si l'on croit s'il s'est enfui, tout reste écrit sur le sable, faisant parfois s'écrouler les mirifiques palais de longues psychothérapies car, en matière d'autisme aussi "what have been done can't be undone". Que deviennent les petits dysharmoniques, souvent de grands autistes, voilà un vrai problème. Une porte s'ouvre. Mais qu'y y-a-t-il derrière dans 5, 10, 30 ans. Une psychothérapie, même si elle satisfait le psychanalyste, sera-t-elle décisive, suffisante, aidante, pourra-t-elle assurer une relative aisance "sociale" et vitale ? C'est bien hypothétique, tout comme de promettre son inefficacité.

    Je doute que cette thérapie idéalisée soit l'unique clé de la seule serrure possible, et qu'elle peut agir seule, sans un travail conjoint acharné et tous azimuts.

    Aussi renvoyons Sophie Robert à ses mythes et ses tourments, qu'on peu flairer dans le domaine de la tromperie, celle qu'on a subie, puis celle qu'on pratique pour montrer que le roi trompeur est nu lui aussi, mais, de grâce, ne rêvons pas d'une restauration de l'ordre ancien, qui a fait son temps.
    Retournons à l'ouvrage du travail à faire dans le domaine de l'autisme, qui est immense et entièrement devant nous, et que les nouvelles générations devront bien accomplir.

    Dr Gilles Bouquerel

  • Réponse de Christine Gintz à Gilles Bouquerel

    Le 03 février 2020

    Vous avez raison de vous interroger sur le devenir des enfants traités, selon les approches. Je serais intéressée de savoir ce qu'est devenu cet enfant, comme je serais intéressée de savoir ce que sont devenus les enfants dont les cas ont été traités par Lovaas et relatés dans la publication princeps de 1987, celle qui faisait état de 47% de guérison, et qui sert de caution scientifique au comportementalisme. En fait, des études à long terme seraient nécessaires avant que les pouvoirs publics ne restreignent les possibilités de traitement, accompagnement, recherche ... concernant l'autisme.

    Dr Christine Gintz

  • Passons à autre chose

    Le 03 février 2020

    La psychanalyse régnait en psychiatrie et pédopsychiatrie dans les années 60-70. Ce n'est plus le cas. Elle pensait expliquer l'autisme par des hypothèses hasardeuses voire saugrenues (Tuslin). Ce n'est plus le cas non plus. Dont acte. Dans tout autre pays le débat serait clos. Mais la France, avec son coté Astérix, s'isole, et continue sa fixette, sa fixette sur Freud et Lacan. Dommage. Pourtant, son absence d'explication de l'autisme n'est plus discutée et les enfants autistes sont tous ou presque pris en charge en dehors de son champ d'intervention... C'est comme ça. Nos querelles de chapelles sont moquées dès que l'on passe la frontière et la psychanalyse n'existe plus que dans de rares pays. On passe à autre chose ?

    Dr Faou

  • Intéressant

    Le 03 février 2020

    Le ton du discours du Dr Gintz évoque tout à fait celui des homéopathes à propos de l'homéopathie : beaucoup de bons sentiments, et non moins de conviction intime sans preuve rationnelle.
    Après tout, on peut bien dire : "la preuve que ça marche, c'est que j'y crois"... tant que ça ne fait de mal à personne.

    Dr Pierre Rimbaud

  • Ferme-t-on les maisons de tolérance telles les CMP CMPP ? (Réponse à Christine Gintz)

    Le 03 février 2020

    Que faut-il faire ? Pour les 2 % d'autistes, c'est à dire de ceux qui vont avoir de grosses difficultés, leur vie durant. Tenez les petits. La grande cure psychanalytique, l'ABAttoir, où ça, avec quel personnel, quel argent ? On préfère se réfugier dans des généralités, de plaquer des mots codés, allez du neuro-developpemental pour ne pas évoquer la pratique. Faut-il une voie séparée, avec des plateformes particulières (c'est l'orientation actuelle), ou l'inverse, qu'est-ce qu'un diagnostic, celui de l'autisme prenant 10 minutes, non, j'exagère, 5. Que fait- on qui soit financièrement sustainable pour cette masse ? Ferme-t-on les maisons de tolérance telles les CMP CMPP, doivent-ils envoyer leurs population suspecte à la sélection ADI ADOS. Ouvre-t-on des ABAttoirs partout, sur les ruines des Hôpitaux de Jour démolis à la pelleteuse, et les EMP....
    Et, pour finir, que fait-on pour les adultes car là, presque rien, ni institution, et alors des psychanalystes pas un seul pour entendre les misères de ce monde.
    En rester à une défense et illustration de la grandeur passée, quand le monde était doux à l'Age d'Or de la psychanalyse, quand Lebovici était jeune et Golse encore plus, et quand l'analyse sauverait le monde des enfants meurtris, ma jeunesse quoi, moi dont le premier maître fut René Diatkine voici 48 ans, ne me semble pas vraiment souhaitable. Il faut plutôt faire l'avenir....
    Mais comment, et puis l'avenir, c'est pour les jeunes.
    Quant à notre Petite Renarde Rusée, c'est plus son pathétique qui me parle, quelqu'un qui est si contre, si tout contre la psychanalyse ne peut être vraiment mauvais...

    Dr Gilles Bouquerel

  • La preuve scientifique d’efficacité d’une méthode est impossible (Réponse de C Gintz à G Bouquerel)

    Le 04 février 2020

    Monsieur Bouquerel, j'ai un peu de mal à vous suivre...
    Je ne décide pas des politiques de santé ni de la répartition des mânes de l'État. Aussi, je ne peux qu’indiquer les grandes lignes qui découlent de ce qu’on connaît et de ce qu’on ignore encore au sujet de l’autisme.

    Vous appelez ça se « réfugier dans des généralités ».
    Je tente simplement de rappeler qu'il ne faut pas confondre "preuve scientifique" et scientisme.
    Je suis d’accord, comme la majorité des personnes qui s’intéressent à l’autisme, pour soutenir qu’il s’agit d’une affection neuro-développementale. Mais reconnaître cela est très peu de chose, car on ne connaît pas la nature des anomalies neuro-développementales des personnes autistes, anomalies qui sont multiples, si on se réfère à la multitude des expressions cliniques de l’autisme, et dont les causes peuvent être également variées.

    Ce simple fait, rend impossible la preuve scientifique d’efficacité d’une méthode, car la population étudiée est extrêmement hétérogène. Les recommandations de la HAS de 2012 l’avaient reconnu, en n’accordant à aucune le grade A réservé à la preuve scientifique. Elles sont bien entendu, aujourd’hui, obsolètes à bien des égards, car elles se fondent sur des connaissances datant d’une dizaine d’années, alors que les choses ont beaucoup évolué depuis.

    Ces connaissances scientifiques parcellaires n’autorisent personne à se décréter détenteur d’un savoir qui lui permettrait de mépriser les autres approches. Un respect mutuel est la seule position qui puisse permettre à la recherche de progresser, et c’est la seule position respectueuse des personnes autistes et de leurs familles.
    Il ne s’agit nullement de « grande cure psychanalytique » dans les cas d’autisme, de même que je ne parlerai pas, comme vous, d’« ABAttoire », car les approches comportementales peuvent fournir des outils intéressants pour aider à l’adaptation des personnes autistes à la société.

    Ce que je reproche, personnellement, aux méthodes comportementales, c’est leur volonté hégémonique, et le manque de précision de leurs indications et de leurs limites.
    Je ne suis nullement sur le mode « défense et illustration de la grandeur passée». C’est Sophie Robert qui a amené ce film de 1995. Je ne le connaissais pas, elle m’a donné l’occasion de le regarder, et de constater l’abus qu’il y avait à parler de « cruauté ». C’est tout, et ça m’a permis de souligner l’immense travail des praticiens de la CIPPA qui n’ont cessé de progresser depuis 25 ans.
    Alors que faire ? Puisse ce type d’échanges :
    - Interpeler les pouvoir publics pour les ralentir dans leur entreprise de restriction et censure au profit des seules approches les mieux organisées en lobbies.
    - Indiquer aux familles inquiètes pour leur bébé qu’elles ne doivent pas attendre qu’il ait 18 mois pour se faire aider par un psychanalyste
    - Interpeler les pouvoirs publics (mais ils sont au courant) sur le manque cruel d’aide aux personnes autistes adultes.

    Dr Christine Gintz

  • Beyond the blue Horizon..(à Christine Gintz)

    Le 04 février 2020

    Quelquefois j'ai moi même du mal à me suive, aussi souvent je me précède, ou l'inverse, et nous finirons bien par nous retrouver.
    Plus sérieusement, il faut absolument que vous pensiez aux politiques publiques, à l'effet masse, au grand nombre. L'autisme dans son acceptation actuelle c'est 2% d'une classe d'âge, c'est, à la louche de 30 à 50 % d'une file active d'une institution de soins ambulatoires.
    J'ai dirigé 30 ans un CMPP, avec 1/3 de 0-6 ans. C'est non une affaire de spécialistes des spécialités mais un problème général de santé publique. Si je me moque des ABAttoirs, c'est que je sais que, bien que hautement recommandé, ABA et cie n'est nulle part ni financé ni même disponible à un coût abordable, ce qui ne serait pas soutenable financièrement.

    Les politiques publiques sont souvent plus verbales que financières. Je crois beaucoup que certains psychanalystes s'intéressant à la clinique précoce et aux interactions du même métal sont très à même d'oeuvrer aux tous débuts d'une glissade développementale, dans les interactions précoces bien entendu, au sein d'un dispositif ad hoc. Dans la vidéo de Lebo, on arrive bien tard, les carottes sont bien plus cuites que 2-3 ans avant. Quel a été bébé Maxime, en quoi pouvait il inquiéter, quel dispositif aurait pu alerter, qu'elle action diffuse et conduite aurait-elle ou être mise en oeuvre, par qui, etc. Que faut-il construire aujiurd'hui dans ce dessein ?
    Je ne pense pas qu'on puisse se dispenser de ce genre d'élucubrations, enfin moi, je ne le peux pas.
    Lutter contre les Sophie Robert qui, s'ils crient fort et mordent sont des tigres de papier, disperse les efforts de penser, de penser à l'action, ce que fit un Lebovici, voici 60 ans, à qui on peut juste reprocher d'avoir surestimé l'efficacité durable du "soin psychique" aussi psychanalytique soit-il. Il impulsa une politique générale qui fut une vraie politique publique.
    Les dispositifs actuels, qu'ils soient hérités ou nouvellement créés sont hétéroclites, hétérogènes, souvent démoralisés, sur la défensive, mal insérés dans une absence complète d'idée générale, incomplets, morcelés, pleins de trous et de manques qu'on feint de ne pas voir. On se paie de mots, de slogans, d'affirmations, les piuvoirs publics sont sans boussolle, navigant à vue.

    C'est aussi l'affaire de tous, des autistes, des parents, des professionnels tout aussi bien...
    Instruire le procès en sorcellerie le LA psychanalyse ne mène pas à grand chose, je vous l'accorde, mais il ne suffit pas de ne pas l'instruire pour faire apparaître une solution.

    Dr Gilles Bouquerel


  • Toute critique de la psychanalyse est une résistance qui demande une cure freudienne...

    Le 08 février 2020

    Le docteur Christine Gintz se pose la question de savoir si Sophie Robert serait « une patiente déçue » (Sic !). Le docteur Gintz emploie le mot « patiente » pour suggérer que Sophie Robert pourrait être souffrante… Freud expliquait que toute critique de la psychanalyse est une « résistance » qui procède de processus « névrotiques », demandant une cure freudienne. Pour beaucoup de défenseurs de la psychanalyse, les critiques s’expliquent donc très simplement par des résistances affectives, des troubles mentaux et/ou de la haine. Dans la suite logique de la haine, ils en arrivent parfois au fascisme ou à l’antisémitisme... C’est un argument ad hominem et de la manipulation d’opinion lorsqu’il est énoncé en public.

    Voir ce lien : https://cortecs.org/textes-et-opinions/psychologie-largument-l-des-resistances-r-contre-la-psychanalyse-par-jacques-van-rillaer/

    Par ailleurs, en employant le mot « patiente » dans le cadre de la psychanalyse, le docteur Gintz considère sans doute que la psychanalyse serait apte à « soigner » ! Oui, mais quoi ? Allo !

    Pour information, Sophie Robert et les associations de parents d’enfants autistes ne sont pas les seuls à souhaiter la « destruction de la psychanalyse ». Il faut aussi ajouter les associations dites de pères, car les psychanalyses prétendent qu’il existerait une hiérarchie dans les rôles parentaux... D’ailleurs, n’est-ce pas Bernard Golse qui, il y a quelques temps encore, faisait la promotion du « Calendrier de Brazelton »* ?

    Nota : T. B. Brazelton n’a jamais créé de calendrier (ne pas confondre avec l’échelle de Brazelton).

    Le docteur Christine Gintz se range donc du coté des croyants en psychanalyse, mais laquelle des psychanalyses : celle des freudiens orthodoxes, des freudiens culturalistes, des annafreudistes, des lacaniens, des post-lacaniens, des kleiniens, des reichiens, des jungiens, des adlériens, des eriksoniens, des ferencziens, des winnicotiens, des abrahamiens, des rankiens, etc. ?

    Un peu comme dans les sectes où les gourous prennent des disciples qui deviennent à leur tour des gourous… Freud a pris des disciples qui ont créé leur propre courant et ainsi de suite. Il est effectivement tant de mettre fin à l’escroquerie (« escroquerie » : au sens employé par Lacan en 1977) et au délire (« délire » : au sens employé par Lacan en 1978).

    Pierre Laroche

  • Une exception française

    Le 08 février 2020

    Comme écrit plus haut par Faou :
    "Nos querelles de chapelles sont moquées dès que l'on passe la frontière et la psychanalyse n'existe plus que dans de rares pays. On passe à autre chose".
    Oui, la psychanalyse est une exception française et les exceptions ne bénéficient pas aux malades. Souvenez vous de Médiator, une autre exception française.

    Dr Alain Braillon

  • Fric

    Le 08 février 2020

    Personne n'a la courage de dire que la psychanalyse est le meilleur moyen pour un psychiatre de se faire du fric, et pas qu'un peu !

    Dr Guy Roche

  • Réponse aux Collègues ignorants tout de la psychanalyse mais n'hésitant pas à émettre des condamnations.

    Le 09 février 2020

    Je n'aurai pas le retenue du Dr Gintz qui a la patience de répondre courtoisement à vos attaques sans fondement.
    Vos poncifs ("sectes, gourous, appât du gain, croyance, fin de la psychanalyse, Médiator, exception française ", etc.), approximations et préjugés pourraient nourrir le scénario d'une pièce de boulevard mettant en scène de pitoyables discussions de comptoir.

    On attendrait mieux de la part de docteurs en médecine, gens en principe éduqués, voire cultivés.
    J'entrevois à ces attaques vindicatives et sans appel deux explications principales. L'ignorance totale et absolue du fait psychanalytique dans sa théorie et surtout sa pratique.
    Et la crainte de découvrir ce qui fait peur à l'intérieur de sa psyché, crainte irrationnelle mais visible dès la création de la psychanalyse.

    Rassurez-vous, la psychanalyse ne prétend guérir ni l'ignorance, ni la mauvaise foi, ni la sottise.

    Dr Alexandre Krivitzky

  • Nous sommes avant tout médecins

    Le 09 février 2020

    Merci de bien vouloir le rester et, mettre en application ce que cela implique...

    La psychanalyse elle, n'est pas médecine et, elle se réclame d'être essentiellement un "acte de liberté", notamment sans aspiration Universitaire.

    Qu'elle ait donc à le rester et tout le monde sera bien à sa place.

    Dr Frédéric Lascoutounax

  • Le dieu Psycha

    Le 12 février 2020

    Pour reprendre les propos du Dr Lascoutounax
    "La psychanalyse elle, n'est pas médecine et, elle se réclame d'être essentiellement un "acte de liberté", notamment sans aspiration Universitaire."
    Tout à fait d'accord mais alors qu'elle reste à sa place où qu'elle se remette au goût du jour au lieu d'énoncer des propos et certains concepts farfelus comme des vérités absolues... Vous imaginez bien les dégâts que cela peut produire... Nous sommes en 2020 et la psychanalyse reste verrouillée comme à son origine... Il est donc bien légitime pour Sophie Robert de tenter de faire prendre conscience de cela mais n'y seront sensibles que ceux qui se questionnent déjà !

    Zahia Chardin

  • Ne nous remettez surtout pas en question (Réponse au Dr Alexandre Krivitzky)

    Le 13 février 2020

    Mon dieu : des propos dignes d'un grand psychanalyste " !
    "Oh êtres humains, faibles et de peu de foi ! Vous n’êtes que des ignorants mais au fin fond de votre esprit, au tréfonds de vos âmes de « non-érudits et de non initiés », sommeillent les réponses que seule la psychanalyse, déesse des déesses, est en capacité de faire émerger ! Alors écoutez nous et ne nous remettez surtout pas en question…».

    Zahia Chardin

  • Diffamation par des personnes mal informées (Réponse à Lascoutounax, Chardin, Roche, Braillon etc)

    Le 13 février 2020

    La psychanalyse demeure à sa place. Elle ne prétend pas relever de la médecine. Cependant contrairement à ceux qui demeurent accrochés à des recos de la HAS fondés sur des connaissances de vieilles de plus de 10 ans, elle a considérablement évolué concernant l’autisme.

    Elle a tenu compte des remarques et attaques contre certains psychanalystes qui incriminaient la mère.

    Les psychanalystes qui travaillent dans le champ de l’autisme n’en sont plus là. Nous sommes en 2020 !
    Dès les années 1990, en association avec l’école de Pise, ils ont visionné des centaines de films familiaux de bébés devenus autistes, de manière à préciser ce qui les différenciait de leurs frères et sœurs non autistes, et des bébés qui ont eu une évolution classique. Ils ont ainsi publié dans Plos One, en 2017, les résultats de leurs travaux.

    Ils travaillent en association avec des spécialistes des neurosciences, des généticiens, des sensori-motriciens, des médecins de différentes spécialités (ORL, gastro-entérologues …), et naturellement s’appuient sur des concepts psychanalytiques pertinents pour l’accompagnement de ces enfants.
    Il serait sérieux, plutôt que de demeurer dans la diffamation, que vous vous instruisiez de ce qui se fait, à la pointe des recherches sur l’autisme, et ceci pour maintenir comme axe de travail, le souci du bien-être et de l’amélioration du sort des personnes autistes.

    Je suis très étonnée que le Dr Alain Braillon qui se pique de prévention, ne s’intéresse pas à la prévention que constitue l’accompagnement des bébés à risque par les psychanalystes. C’est un enjeu de santé publique majeur.
    Enfin, pour conclure, il n’y a pas de querelle de supposés « experts ». Il n’y a que des personnes qui souhaitent poursuivre leur recherche et leur travail, sans subir de diffamation par des personnes mal informées, naïves ou franchement malveillantes comme c’est le cas pour Sophie Robert.

    Dr Christine Gintz

  • Sophie Robert, la haine n'a jamais servi la science

    Le 16 février 2020

    Comment JIM a-t-il pu publier un texte aussi mal argumenté et aussi haineux.
    C'est une vraie question à l'heure où la liberté est partout attaquée.
    Foin du totalitarisme, l'important est bien que les efforts convergent dans l'esprit de la science et de l'humanité au bénéfice de ceux qui souffrent.
    Merci au Dr Gintz d'avoir bien voulu répondre à ces attaques qui ont certainement une cause ou un but que l'on ignore, n'empêche que psychanalystes et psychothérapeutes dans leur grande majorité, restent à leur place et à leur poste fort heureusement pour beaucoup de personnes en souffrance.

    GL Vincent

  • Dr Christine Gintz, sommes-nous si mal informés : Elisabeth Roudinesco dans Libé du 7 février 2020...

    Le 16 février 2020

    "... Elle pointe aussi la responsabilité des représentants de la discipline, isolés dans leur forteresse, se posant en victimes d’un complot..." et, elle développe :

    "... Certes, mais c’est un coup porté encore sur la psychanalyse. Les propos de Dolto ne sont pas inventés par les médias…
    Bien sûr qu’ils ne sont pas inventés, mais ils les ont manipulés de façon haineuse. Quant à la crise de la psychanalyse, dont l’enseignement est à l’agonie à l’université et a disparu des études de psychiatrie, les principaux responsables en sont les psychanalystes eux-mêmes, ceux de la génération née entre 1945 et 1965. Ils n’ont pas su combattre l’antifreudisme radical qui a explosé dans les années 90. Ils se sont isolés dans une forteresse sans changer ni leurs cursus ni leur conception binaire de l’histoire, se posant en victimes d’un complot de leurs ennemis, lesquels sont bien souvent stupides. Enfin, ils ont fait preuve d’une homophobie insupportable face aux changements de l’ordre familial. En 1999, réagissant au pacs, certains ont même dit que le mariage homosexuel était impossible car contraire au complexe d’Œdipe..."

    Pour plus d'enseignement sur le sujet, relayé par le "Canard Enchaîné" du 12/02/2002 (Amour & psy) :

    https://www.liberation.fr/debats/2020/02/07/elisabeth-roudinesco-dolto-foucault-matzneff-on-ne-fait-plus-la-difference-entre-pedophiles-et-pense_1777642

    Dr Frédéric Lascoutounax

  • Vide sidéral

    Le 18 février 2020

    Certes et c'est bien regrettable car rien ne comble le vide sidéral laissé par l'évacuation de l'enseignement de la théorie psychanalytique, surtout pas l'inflation de la combinaison des signes née d'une mauvaise digestion des méthodes modernes offertes par l'informatique d'analyse de données, qui sont un excellent outil pourvu que l'on sache encore interpréter les résultats à la lueur de repères solides. Ce qui manque cruellement et tourne à la promotion d'un savoir sans compréhension.

    Mais je me demande s'il est bien sérieux de s'appuyer sur le "canard Enchaîné" ou sur "Libération" dans un débat scientifique (sciences humaines) dont l'enjeu, la clinique, est si important pour ceux qui souffrent et cherchent souvent désespérément à échapper aux charlatans surnuméraires et bien organisés pour trouver un psychothérapeute efficace.
    Ce n'est peut-être pas la bonne voie pour sortir des luttes idéologiques stériles.

    Et puis à ces disciples de la terreur voulant abattre la psychanalyse, deux questions simples et décisives: pouvez-vous nier l'inconscient dans le fonctionnement psychique ? pouvez-vous nier l'existence d'instances à l'instar de celles proposées dans la deuxième topique devenues banales dans tous les discours et des conflits qu'elles animent trop souvent ?

    Un psychothérapeute ordinaire.
    Bien cordialement à tous ceux qui s'intéressent avant tout à lutter contre la souffrance psychique là où elle existe.

    Gérard Vincent

  • À propos de Mme Roudinesco dans Libé

    Le 18 février 2020

    Cet article est intéressant, et je suis d'accord avec Mme Roudinesco sur bien des points. Vous citez ce qu'elle dit de la génération née entre 1945 et 65. C'est vrai que certains de ces psychanalystes ne se sont pas donné assez de mal pour se faire comprendre, qu'ils n'ont pas assez dialogué avec ceux qui ne suivaient pas leur chemin.

    Je vous ferai cependant la même remarque que dans ma tribune : vous ressortez des positions anciennes et ne vous informez pas sur ce que des psychanalystes apportent aujourd'hui aux personnes qui leur font confiance. Ça ne va pas dans le sens d'offrir aux personnes en souffrance ce qui se trouve à la pointe de la recherche, comme par exemple, le dépistage et l'accompagnement précocissime des bébés à risque d'autisme.

    La psychiatrie classique, comme la psychologie ou les neurosciences, n'ont pas de découverte révolutionnaire à proposer.
    Je me tiens au courant de ce qui se découvre au niveau scientifique dans l'autisme. Je dois dire qu'il y a encore de grands progrès à faire avant de comprendre la nature du phénomène autistique. Affirmer qu'il s'agit d'une affection neuro-développementale est exact, mais ne dit pas grand chose du type d'anomalie, ni de la manière d'y remédier.

    Dr Christine Gintz

  • « Vide sidéral » d’un Gérard Vincent « sidérant »

    Le 22 février 2020

    « ... Et puis à ces disciples de la terreur voulant abattre la psychanalyse, ... »

    Encore fixé à l’idée du complot, vous...

    Quant à l’inconscient ou la « deuxième topique » bien obscure, je vous accorde ne rien y entendre. Certes, mais je reste bien plus largement interpellé par les 100 milliards de neurones et les 10.000 connexions par neurone qui constituent notre noble organe, pour oser vous inspirer mieux sur le domaine de la Science et de la Conscience.

    Merci du peu et, sans retenue je vous conseille par ailleurs, quelque littérature distrayante.

    Dr Frédéric Lascoutounax

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