Du chlorure de vinyle monomère dans l'eau, que faire?

Le dosage de monomères de chlorure de vinyle a été introduit dans les contrôles réglementaires de l’eau potable dans l’arrêté du 11 janvier 2007. L’Institut de veille sanitaire (InVS) a été sollicité en février 2008 suite à la détection de chlorure de vinyle monomère ( CVM) dans plusieurs systèmes de distribution d’eau potable du département d’Indre et Loire. L’exploitation des données du contrôle réglementaire de l’eau distribuée a révélé des dépassements de la limite de qualité pour l’eau de boisson (0,5 µg/L) dans plusieurs départements français, soit 0,3 % de non-conformités parmi les analyses effectuées en 2008 et 2009 dans le cadre du contrôle réglementaire. Ces non-conformités ont pour origine principale la migration dans l’eau potable du CVM résiduel contenu dans les canalisations en polychlorure de vinyle (PVC) posées avant les années 1980. Après 1980 les procédés de fabrication ont changé ce qui a mis un terme au problème du relargage des nouvelles canalisations. Les canalisations posées avant 1980 représentent cependant selon les fabricants environ 50 000 km de conduites, soit près de 5 % du linéaire national. De très fortes disparités régionales existent. Des conditions particulières d’exploitation sont nécessaires pour atteindre des concentrations élevées en CVM, en particulier des temps de séjour de l’eau dans le réseau très longs, rencontrés essentiellement aux extrémités des réseaux ruraux. Le chlorure de vinyle monomère est classé dans le groupe 1 (cancérogène certain pour l’homme) par le Centre international de recherche sur le cancer (Circ) depuis 1987. C’est un facteur de risque avéré de l'angiosarcome hépatique, un cancer rare et de très mauvais pronostic, considéré comme un cancer sentinelle de l’exposition au CVM. Dans son avis de 2005, l'Agence française de sécurité sanitaire des aliments (Afssa) a évalué à 4,4.10-5 l’excès de risque unitaire de cancer associé à l'ingestion pendant la vie entière d'une eau dont la concentration en CVM est égale à la limite de qualité de 0,5 µg/L1. Cette valeur est calculée en se fondant sur l'excès de risque unitaire par voie orale proposé par l'US-EPA2 et prend en compte la susceptibilité plus élevée de l’enfant. Depuis sa réévaluation par le Circ (2008), le CVM est également mis en cause dans les carcinomes hépatocellulaires, la forme la plus fréquente de cancer du foie, dont les facteurs de risques prédominants sont la cirrhose et les infections par les virus hépatiques. L’exposition professionnelle au CVM a quasiment disparu en France depuis la fin des années 1970 avec la mise en place d’une réglementation. L’exposition actuelle principale pourrait être la présence de ce composé dans l’eau des réseaux de distribution d’eau potable. Cette question représente potentiellement un enjeu important de santé publique.

Voir : http://www.invs.sante.fr/display/?doc=publications/2010/chlorure_vinyle_monomere_2010/index.html

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