TMS : troubles majoritairement serviles

En 2005 était publié un premier numéro thématique du BEH sur les troubles musculo-squelettiques (TMS) d’origine professionnelle [1]. Le Pr Jean-François Caillard, dans son éditorial, présentait cette autre épidémie qui n’épargnait ni la France ni aucun autre pays. Cinq ans après, quoi de nouveau ? L’épidémie est-elle enrayée ? Est-elle en voie de résolution ? Malgré quelques tentatives pour améliorer la situation dans certaines entreprises conscientes du coût humain, social, sociétal et économique du problème, plusieurs enquêtes et études permettent d’observer que les modes d’organisation du travail identifiés par les scientifiques comme délétères pour la santé des travailleurs ne semblent pas avoir été sensiblement modifiés ces dix dernières années : travail à flux tendu, exigence de polyvalence, recours de plus en plus fréquent à la sous-traitance et à l’intérim, autant d’éléments qui contribuent au développement des TMS en générant des rythmes de travail soutenus et une pression temporelle importante. L’augmentation continue de la fréquence des TMS en milieu de travail devrait être considérée comme un signal fort de dysfonctionnement et de pénibilité au travail dans les secteurs concernés. Le simple comptage des TMS des membres et du rachis réparés au titre des maladies professionnelles, bien que ne reflétant qu’une partie visible du phénomène, constitue néanmoins une alerte insuffisamment prise en compte. Ces affections, en constante évolution à la hausse depuis 10 ans, représentaient près de 40 000 maladies indemnisées en 2008 par le Régime général de sécurité sociale, engendrant un coût direct annuel de près de 800 000 000 € [2]. Douleurs cervicales, douleurs lombaires, douleurs des articulations des membres, tendinites, syndromes canalaires, autant de symptômes très invalidants, plurifactoriels, dont l’importance des activités professionnelles dans leur survenue et leur aggravation n’est plus à démontrer. L’observation de ces troubles, dont l’identification et l’objectivation n’est pas toujours facile, impose la mise en place de programmes de veille sanitaire ciblés, mettant en oeuvre des méthodes de surveillance épidémiologique robustes utilisant des outils ayant fait la preuve de leur qualité au niveau international. Ces conditions sont indispensables à la production d’indicateurs de santé-travail fiables et reproductibles, permettant de suivre l’évolution de l’épidémie, d’évaluer l’efficacité

Voir : http://www.invs.sante.fr/display/?doc=beh/2010/05_06/index.htm

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