Violences conjugales : soigner la réponse de l'hôpital

Plus de 200 000 femmes chaque année, a minima, sont victimes de violences : il s’agit donc d’un enjeu de société et de santé majeur qui concerne au premier chef les professionnels de santé. L’hôpital est un lieu-clé pour la prise en charge de ces femmes, en premier lieu dans les services d’urgence et les services gynéco-obstétriques. Les urgences traitent des situations les plus aigues ; les services gynéco-obstétriques interviennent notamment pendant la période de grossesse, identifiée comme une période « à risque ». Si la place et le rôle de l’hôpital ont été dans l’ensemble peu précisés dans les plans nationaux de lutte contre les violences faites aux femmes successifs, des progrès ont été réalisés ces dernières années : le plan 2014-2016 a, par exemple, permis la désignation de référents « violences faites aux femmes » au sein des services d’urgence.La mission devait « établir une modélisation de la prise en charge en un lieu unique des femmes victimes de violences[...] », en s’appuyant sur l’analyse d’initiatives existant sur les territoires. A cet effet, elle a rencontré les acteurs nationaux, ainsi que plusieurs structures hospitalières, à l’occasion notamment de plusieurs déplacements. Conformément à la lettre de mission, la première partie du rapport est consacrée à l’initiative particulière qui a récemment vu le jour au CH de Saint-Denis (la « Maison des femmes »)1. Enfin, la mission a éclairé son travail par des exemples internationaux. Au terme de ses travaux, la mission fait le constat que l’enjeu de la prise en charge sanitaire, et particulièrement à l’hôpital, des violences est encore trop peu identifié, tant au niveau national qu’au niveau des territoires. Au niveau national, les efforts portent principalement sur la formation et la sensibilisation des professionnels de santé, mais il n’existe pas à ce jour de réseau professionnel à proprement parler. De même, la dimension « pratiques professionnelles » a été peu investie, quand des pays proches (Belgique, Espagne, Royaume-Uni) ont mieux structuré ce travail. Au niveau des territoires, les ARS ne disposent que d’une vision faible sur les organisations retenues par les structures hospitalières, et ne sont donc de ce fait pas en situation de les faire évoluer selon les besoins recensés sur les territoires. Il est donc nécessaire de considérer la prise en charge en milieu hospitalier des violences faites aux femmes comme un enjeu prioritaire. En conséquence, il convient de mobiliser les acteurs dont tout particulièrement les ARS en appui des hôpitaux, et de demander à la HAS de conduire des travaux relatifs aux pratiques professionnelles.

Voir : http://www.igas.gouv.fr/IMG/pdf/2017-001R.pdf

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Vos réactions (1)

  • Au sujet du devoir de signalement des violences domestiques...

    Le 15 novembre 2019

    ... qui concernent non seulement les femmes mais aussi les enfants et dans une nette moindre mesure les hommes, il y aurait, semble-t-il, contradiction entre les exigences du secret médical et le devoir d'assistance à personne en danger ; mais c'est oublier que la fonction "policière" appartient de droit à tout citoyen, tenu non seulement de signaler une violence dont il serait témoin, mais aussi d'intervenir pour, dans la limite de ses moyens évidemment, faire cesser la commission de tel ou tel acte délictuel ou criminel dont il est témoin. Et les professionnels de santé sont bien sûr tenus aux mêmes exigences que n'importe quel citoyen...

    Bernard Defrance

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