2020 : année zéro des déserts pharmaceutiques ?

Paris, le mardi 31 décembre 2019 – Les déserts pharmaceutiques semblaient jusqu’ici n’être qu’un phantasme et lorsque la FSPF (Fédération des syndicats pharmaceutiques de France) avait, en 2018, lancé sa campagne « une pharmacie sur deux va mourir », certains avaient trouvé l’initiative incongrue.  Mais, désormais plus une semaine sans qu’un périodique régional ne fasse état de difficulté d’accès aux officines ou des problèmes rencontrés par les pharmaciens désireux de trouver un repreneur.

Ainsi, selon les dernières données : 240 officines ont fermé en 2018, un record, et on en dénombre moins de 21 000, contre 23 000 il y a encore quelques années.

Officines à deux vitesses

« L’économie du secteur semble à deux vitesses : les grosses officines en ville qui tirent leur épingle du jeu quand les petites structures en campagne tirent la langue » note le quotidien Ouest France. « On a un problème de reprise des officines », note aussi l’association des pharmacies rurales. « Il y a plus d’offres que de demandes. Or, ceux qui partent en retraite ont connu une époque où il n’y avait aucune officine en vente ». Une crise corrélée aux déserts médicaux, « sans médecins, l’officine ne s’en sort pas » note encore l’association. 

Ce phénomène naissant s’explique également par des marges de plus en plus étroites (alors que les chiffres d’affaires stagnent depuis 10 ans !) qui amènent les pharmacies à se regrouper, d’autant qu’elles sont incitées en cela par une loi de 2018.

Pour faire face à cette crise, le gouvernement se propose d’accroitre les missions des pharmaciens (vaccinales en particulier) mais une fois encore, ces évolutions réglementaires profiteraient aux grosses officines.

Effondrement des prix de cession

Aussi, désormais, comme pour les médecins, des pharmaciens européens, principalement Roumains et Espagnols se portent acquéreur d’officine. « Une demande dans un village de 600 habitants en Charente va être acceptée » informe ainsi l’Ordre via le quotidien régional.

Ce dernier rapporte également les mésaventures de Patrick Gonidec seul pharmacien de Saint-Julien (Côtes-d’Armor), commune de 2 000 habitants, au sud de Saint-Brieuc qui aimerait bien partir à la retraite…sans succès !

« Aujourd’hui, les pharmacies se vendent à 60 % du chiffre d’affaires contre 100 % il y a quelques années », or le professionnel de santé se refuse à « donner » « 40 ans de boulot ».

L’officine de Saint-Julien enregistre pourtant un chiffre d’affaires d’un million d’euros… avis aux amateurs !

Xavier Bataille

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