Accord du conseil scientifique pour un isolement réduit à sept jours

Paris, le mardi 8 septembre 2020 - Le journaliste Vincent Glad, qui couvre de façon très attentive toutes les actualités en lien avec l’épidémie de Covid-19, a relayé sur son fil Twitter les images d’une jeune femme, qui n’ayant pas respecté l’isolement qui s’impose aux personnes testées positives au SARS-CoV-2 a été arrêtée sur la plage où elle s’adonnait à la pratique du surf au Pays Basque. Si les circonstances exactes de l’arrestation de celle qui a été identifiée comme une secouriste, soumise à des dépistages réguliers dans le cadre de son travail, devraient être précisées, les images semblent témoigner de la sévérité appliquée en Espagne ; bien que parallèlement plusieurs reportages ont également mis en évidence les failles dans les dispositifs de traçage des cas contact.

Pas de contrôle et probablement une adhésion faible

La vidéo rappelle par ailleurs en filigrane, au-delà de ce type d’intervention spectaculaire très rare, la difficulté de faire respecter les mesures de quatorzaine, théoriquement obligatoires, mais qui ne peuvent en réalité être l’objet d’un contrôle strict et absolu. Aujourd’hui, de nombreux praticiens sont convaincus que la quatorzaine n’est que modérément respectée, notamment par les personnes asymptomatiques ayant découvert leur contamination dans le cadre d’une PCR non liée à des symptômes médicaux. « On a du mal à savoir si les Français respectent » les mesures d'isolement, car « on contrôle peu », relevait hier le patron de l’Assistance publique-hôpitaux de Paris, Martin Hirsch. Il témoignait cependant que les échos collectés par les personnels de l’AP-HP suggéraient une situation complexe. De façon plus tranchée, le ministre de la Santé Olivier Véran, affirme : « On constate qu'un grand nombre de Français ne respectent pas la quatorzaine ».

Contrôle et protection

Dans ce cadre et alors que parallèlement, les données scientifiques suggèrent clairement que la contagiosité se concentre dans les cinq jours suivant l’apparition des symptômes et est très réduite au-delà, le Conseil scientifique s’est prononcé en faveur d’une réduction de la quatorzaine a annoncé ce matin le ministre de la Santé. L’avis a été transmis dès le 3 septembre au ministère de la Santé mais n’a pas encore été rendu public : il propose de faire passer la période d’isolement obligatoire pour les patients et les cas contact à sept jours. Le pari est que cette diminution, qui ne devrait avoir qu’un impact limité sur la circulation du virus, contribuera à un meilleur respect de la mesure. Le gouvernement devrait entériner cette évolution à la fin de la semaine à l’occasion d’un conseil de défense ; tandis que les jours à venir seront mis à profit pour solliciter d’autres experts. Cette courte période pourrait également être l’occasion de se concentrer sur deux leviers contribuant à l’efficacité de la mesure : le renforcement des contrôles par les agents de l’Assurance maladie (à l’instar de ce qui existe par exemple pour les arrêts maladie), et parallèlement la confirmation des garanties d’indemnisation, afin d’éviter que certains choisissent ne pas se faire tester afin d’éviter l’isolement et ses conséquences financières et professionnelles dommageables. Enfin, encore et toujours la pédagogie est indispensable pour rappeler aux personnes concernées l’enjeu de ces périodes d’isolement.

Léa Crébat

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