Chirurgie bariatrique chez la mère : comment va l’enfant ?

La chirurgie bariatrique est une option thérapeutique efficace pour la prise en charge de l’obésité sévère. La Fédération internationale de chirurgie de l’obésité et des maladies métaboliques rapporte plus de 600 000 interventions chaque année dans le monde, le plus souvent chez des femmes en âge de procréer. Les études concernant les effets à long terme sur les enfants des femmes ayant bénéficié de cette chirurgie restent toutefois rares.

Elles montrent une réduction du risque de diabète gestationnel, de macrosomie, de pathologies hypertensives et de complications au moment de l’accouchement, mais les effets sur les nouveau-nés restent l’objet de débats. Les risques de naissance prématurée et de petit poids de naissance notamment sont encore mal évalués.

Une équipe française a réalisé une étude sur près de 54 000 patientes ayant bénéficié d’une procédure de chirurgie bariatrique (sleeve gastrectomie ou bypass) et qui ont mis au monde un enfant entre janvier 2012 et décembre 2018. L’étude compare, chez la même femme, la prématurité et les poids de naissance des enfants nés avant et après l’intervention, ainsi que les diagnostics portés au cours de deux premières années de vie des enfants. Sur la totalité de la cohorte, 3 686 femmes ont mené une grossesse à la fois avant et après la chirurgie bariatrique.

Un peu plus de nouveau-nés petits pour l’âge gestationnel


Le bénéfice principal de l’intervention sur le déroulé de la grossesse est une réduction de 84 % du risque d’hypertension gravidique (Odds ratio OR 0,16 ; intervalle de confiance à 95 % IC 0,10 à 0,23), et de 61 % de celui de diabète gestationnel (0,39 ; 0,34 à 0,45). Pour les nouveau-nés, il n’apparaît pas d’augmentation du risque de prématurité.

En revanche, le taux de naissance de nouveau-nés de petite taille pour l’âge gestationnel augmente de 4,4 % et celui de macrosomie diminue de 12,6 %. Les prévalences des convulsions hyperthermiques, des atteintes squelettiques, des troubles du métabolisme glucidique et des infections néonatales diminuent chez les enfants nés après chirurgie bariatrique.

De façon inattendue, le seul diagnostic en augmentation relative dans ce groupe d’enfants est la détresse respiratoire associée à une bronchiolite (OR 2,42 ; IC 0,43 à 0,71). Ce constat démontre la nécessité de poursuivre la surveillance après une intervention de chirurgie bariatrique.

Dr Roseline Péluchon

Références
Rives-Lange C et coll. : Risk-Benefit Balance Associated With Obstetric, Neonatal, and Child Outcomes After Metabolic and Bariatric Surgery.
JAMA Surg. 2022 ; publication avancée en ligne le 9 novembre. doi: 10.1001/jamasurg.2022.5450.

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