Covid-19 : coup de grâce pour la Sécu ?

Paris, le jeudi 4 juin 2020 - Le 2 juin, le ministre des Comptes publics, Gérald Darmanin a communiqué les chiffres « extrêmement préoccupants » du déficit de la sécurité sociale, qui devrait s’élever à 52,2 milliards en 2020 selon les dernières estimations.

Des données inquiétantes pour l’avenir de la Sécurité sociale selon Alain Milon (LR), président de la commission des affaires sociales du Sénat. « C’est un dérapage obligatoire mais considérable, qui pourrait, si c’était répétitif, remettre en cause le système de Sécurité sociale à la française » détaille-t-il sur la chaîne Public Sénat.

Or, les 52,2 milliards, déjà réévalués par rapport aux 41 milliards estimés en avril, pourraient encore s’alourdir.

En effet, le nombre de consultations et les soins non Covid ont été très restreints entre début mars et la mi-mai ; ainsi les dépenses de santé classiques ont-elles plutôt eu tendance à diminuer, mais elles connaîtront sans nul doute un fort rebond au second semestre, en raison d’un rattrapage voir du développement de complications dues au retard de prise en charge.

Quoi qu’il en coûte : ça coûte trop cher !

S’ajoute par ailleurs le poids probable des projets gouvernementaux pharaoniques : la création d’une cinquième branche au sein de la Sécurité sociale et le Ségur de la santé.

Résumant ce contexte, Alain Milon s’interroge sur l’inconséquence du « quoi qu’il en coûte » présidentiel et épingle au passage les grandes promesses pour l’hôpital : « il ne faut pas faire trop de déclarations intempestives sur l’avenir de la santé, qui pourraient entraîner des désillusions. Coûte que coûte, ça devient extrêmement dangereux, à moins d’augmenter considérablement la CSG ».

Évidemment, une telle option a peu de risque (chance ?) d’être retenue une nouvelle fois par le Président de la République.

En tout état de cause, plusieurs parlementaires réclament un PLFSS rectificatif, ce que refuse pour le moment le gouvernement.

F.H.

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Vos réactions (1)

  • Importance du déficit et importance de la sécu

    Le 04 juin 2020

    Évidemment les déficits se creusent puisque les dépenses augmentent et que les exonérations de cotisations sociales se font de plus en plus nombreuses.
    Nous allons devoir être vigilants et inventifs si nous souhaitons conserver ce formidable héritage de l’après-guerre, véritable ciment de notre société.

    Dr J-P Jacq

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