De l’importance de la qualité du contrôle glycémique face au risque infectieux au cours du diabète

Les infections sont fréquentes au cours du diabète et l’hyperglycémie ne semble pas être étrangère à cette association délétère. Cependant, peu de données permettent de conclure qu’un contrôle glycémique optimal est à même de juguler le risque infectieux, ce qui fait tout l’intérêt d’une étude de cohorte britannique réalisée en 2008 et 2009, à partir de données collectées dans le cadre des soins de santé primaires.

Les concentrations sanguines d’hémoglobine glyquée (HbA1c) ont été systématiquement dosées chez 85 312 patients âgés de 40 à 89 ans, tous atteints d’un diabète de type 1 ou 2. La fréquence des infections entre 2010 et 2015, classées en 18 catégories, a été estimée à partir de sources diverses : soins primaires, hôpitaux et constats de décès. Leur gravité a également été prise en compte au travers de leurs conséquences en termes de prescriptions, d’hospitalisations ou encore de mortalité. Une analyse par régression de Poisson a été utilisée pour estimer les incidence rate ratios (IRRs) en fonction des taux d’ HbA1c au sein de la cohorte considérée dans son ensemble, puis en fonction du type de diabète. Par ailleurs, les IRRs ont été comparés à ceux observés au sein d’un groupe de 153 341 témoins non diabétiques, appariés selon l’âge et le sexe. Les fractions attribuables (FA en %) chez les diabétiques ont été estimées par rapport à un scénario de référence, celui d’un contrôle glycémique optimal défini par des taux d’HbA1c de 6-7 % (42-53 mmol/mol).

Corrélations entre taux d’HbA1c et la gravité des infections

Au total, le risque d’infection à long terme a été positivement corrélé aux taux d’HbA1c pour la plupart des critères d’évaluation. Comparativement aux témoins, deux situations se sont présentées chez les patients diabétiques : en cas de contrôle glycémique jugé optimal (HbA1c de 6-7 %), l’IRR a été estimé à 1,41 (intervalle de confiance à 95 % [IC95 %], 1,36-1,47). En cas de contrôle glycémique plus que médiocre (HbA1c ≥ 11 %), le risque d’hospitalisation pour infection s’est avéré très élevé, avec un IRR de 4,70 [4,24-5,21], encore plus chez les patients atteints d’un diabète de type 1 (IRR 8,47 [5,86-12,24]). Au sein de la cohorte des diabétiques considérée dans son ensemble, le risque d’hospitalisation pour infection s’est avéré également élevé en cas de contrôle glycémique plus que médiocre, l’IRR étant en effet de (2,70 [2,43-3,00]) après ajustement prenant en compte l’ancienneté de la maladie et les autres facteurs de confusion potentiels.

La FA au contrôle glycémique est apparue franchement importante pour la plupart des infections graves, notamment les arthrites ou les ostéites (46 %), les endocardites (26 %), la tuberculose (24 %) ou les sepsis divers (21 %). Il en a été de même pour les hospitalisations liées aux infections (17 %) et la mortalité (16 %).

Cette étude démontre clairement les effets délétères d’un mauvais contrôle glycémique sur le risque d’infection sérieuse chez le patient diabétique. Le risque apparaît maximal en cas de diabète de type 1.   

Dr Philippe Tellier

Référence
Critchley JA et coll. : Glycemic Control and Risk of Infections Among People With Type 1 or Type 2 Diabetes in a Large Primary Care Cohort Study. Diabetes Care. 2018; 41(10): 2127-2135.

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