Lombalgie du sportif : que dire des thérapies manuelles ?

De 18 à 65 % des sportifs souffrent de lombalgie, avec ou sans irradiation dans les membres inférieurs, un pourcentage qui varie en fonction de la discipline sportive pratiquée. Les facteurs de risque diffèrent sensiblement de ceux de la population générale. Ainsi, n’y figurent pas l’obésité ni l’insuffisance d’activité physique. En revanche, un grand volume d’entraînement, des périodes d’activité d’intensité élevée ou encore des années d’exposition y concourent.

Bien des athlètes, notamment ceux de haut niveau, instrumentalisent leur santé au profit de la recherche de performance. Ce comportement les conduit, eux ou leur entourage, à ne pas toujours choisir le traitement le plus recommandé ou à reprendre le sport avant la résolution complète des symptômes. À terme, cela peut contribuer à un arrêt prématuré de leur carrière sportive.

Peu de données disponibles

Une équipe de l’université Western (Ontario, Canada) a tenté d’identifier les traitements non pharmacologiques les plus efficaces, grâce à une revue systématique de la littérature, avec méta-analyse. Ce travail a porté sur des publications référencées (Medline, Embase, CINAHL, Web of Science et Scopus electronic) et sur de la littérature grise (actes de congrès). Sur 1 605 documents trouvés, seuls 14 ont été retenus, regroupant 541 sportifs (dont deux tiers d’hommes), âgés en moyenne de 30 ans et pratiquant 12 sports différents. Le risque de biais s’est avéré difficile à évaluer.

Thérapies manuelles : des essais de faible qualité

Les interventions fondées sur l’exercice physique (Swiss ball, Pilates, Theraband, etc.) réduisent la douleur et améliorent la fonction lombaire, contrairement au repos. Les exercices dynamiques et spécifiques au sport semblent les plus efficaces. Les exercices d’équilibre et de stabilité ne sont pas meilleurs que les autres à long terme, ce qui a déjà été observé en population générale.

La revue n’a pas trouvé assez de preuves pour établir l’intérêt des thérapies manuelles pour la lombalgie des sportifs. Des essais de faible qualité suggèrent un possible bénéfice des manipulations vertébrales et, à court terme, des techniques de massage (ex. massage chinois), éventuellement combiné à d’autres méthodes.

Selon les auteurs, en attendant plus d’études probantes, la prise en charge de la lombalgie du sportif devrait s’appuyer sur les recommandations émises pour la population générale. Néanmoins, elle devrait aussi prendre en compte les contraintes sportives liées à chaque pratiquant, dont la gestion de la douleur et le retour à la pratique.

Dr Patrick Laure

Référence
Thornton JS : Treating low back pain in athletes: a systematic review with meta-analysis.  Br J Sports Med. 2021; 55(12):656–662.

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