Maigrir à la ménopause pour diminuer le risque de cancer du sein

L’obésité augmente l’incidence du cancer du sein à la ménopause. Aux USA, 1/3 des femmes sont obèses à cette période. Le poids fait partie des facteurs de risque « potentiellement » modifiables du cancer du sein. Cependant, il n’a pas été établi clairement que la perte de poids à la ménopause diminue le risque de ce cancer, ni dans les études observationnelles, ni dans la WHI (Women Health Initiative).

Le programme Take Off Pounds Sensibly a montré qu’une perte de poids d’au moins 5 % peut être atteinte et maintenue pendant plusieurs années, et que même modeste, cette perte de poids est associée à des bénéfices en matière de santé : diminution du risque cardiovasculaire, ralentissement de la progression de l’intolérance au glucose vers le diabète de type II, diminution de l’apnée du sommeil.

De la même façon, cette étude menée sur 60 000 femmes ménopausées de la cohorte WHI Observationnal Study, âgées de 50 à 79 ans, tend à prouver qu’une petite perte de poids peut diminuer le risque de cancer du sein. Les femmes ont été pesées et mesurées, au début de l’étude et 3 ans plus tard.

- 67,1 % d’entre-elles ont gardé un poids stable (entre – 5 % et + 5 %)
-19,6 % ont eu un gain de poids d’au moins 5 %
- 13,2 % ont eu une perte de poids d’au moins 5 %
- 7,8 % de manière volontaire
- 5,4 % de manière involontaire.

Comparées aux femmes dont le poids est resté stable, ce sont les femmes aux IMC plus élevés qui ont perdu du poids. La perte de poids moyenne était de 8,9 kg quand elle était volontaire, et de 7,7 kg quand elle ne l’était pas. A 6 ans, la plupart des femmes interrogées avaient maintenu leur perte de poids.

Une petite perte de poids, un réel bénéfice de santé !

Au total, 3 061 femmes ont développé un cancer du sein, durant un suivi moyen de 11,4 ans.

En analyse multivariée, les femmes qui avaient perdu du poids avaient moins de risque de développer un cancer du sein que les femmes de poids stable : Hazard Ratio : 0,88 (intervalle de confiance à 95 % = 0,78-0,98), p = 0,02.

Ce risque était diminué de manière équivalente, que la perte de poids ait été volontaire ou non.

C’est dans cette même cohorte qu’il avait déjà été montré qu’une perte poids d’au moins 5 % réduit le risque de cancer de l’endomètre, mais seulement quand celle-ci est intentionnelle. On l’aura compris, les arguments ne manquent pas pour encourager les femmes ménopausées à perde du poids quand elles sont obèses ou en surpoids.

Dr Catherine Vicariot

Référence
Chlebowski RT et coll. : Weight Loss and Breast Cancer Incidence in Postmenopausal Women. Cancer. 2018 ; publication avancée en ligne le 8 octobre. doi: 10.1002/cncr.31687.

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