Possible influence de l’activité physique sur la plasticité cérébrale de l’enfant en surpoids

La sédentarité et la pratique d’une activité physique ont un impact sur le cerveau et son développement. Ainsi a-t-il été observé un lien entre les comportements sédentaires et un volume de matière grise amoindri localement, par exemple dans l’hippocampe. Au contraire, l’activité physique régulière est associée à des volumes cérébraux plus importants. Par exemple, chez l’enfant de corpulence normale, un niveau élevé d’endurance agit sur certaines structures (pallidum, thalamus, nucleus accumbens, amygdale, etc.). Or, la forme de ces dernières est un indicateur de développement neuronal, et a été associée à certains scores de fonctionnement cognitif.

Comme les liens entre activité physique, sédentarité et structures sous-corticales chez l’enfant en surpoids ou obèse sont peu connus, une équipe multidisciplinaire et internationale pilotée par l’Université de Grenade (Espagne) a voulu en savoir plus. Cent enfants âgés en moyenne de 10,1 ans, dont 40 filles ont été inclus dans ce travail, sur 110 recrutés. Les structures sous-corticales ont été analysées par IRM.

Association avec le développement de certaines structures sous corticales


La sédentarité, mesurée par accélérométrie (ActiGraph GT3X+ porté 7 jours consécutifs), était associée à la contraction du thalamus gauche et du noyau accumbens droit (p<0,05).

La condition physique a été évaluée par une série de tests (Assessing Levels of Physical Activity fitness test). Les niveaux élevés d’endurance étaient associés à l’expansion de l’amygdale droite (p = 0,022). Une plus grande force du membre supérieur était liée à l’expansion du pallidum droit/gauche et du noyau accumbens gauche (p < 0,038) et à la contraction de l’amygdale gauche (p = 0,030). Une meilleure vitesse-agilité était associée à l’expansion du noyau accumbens gauche (p = 0,036).

Enfin, l’expansion du pallidum droit liée à l’activité physique et à la condition physique était associée à de meilleurs scores au KBIT, test bref d’intelligence de Kaufman (p <0, 05).

Les auteurs concluent que chez l’enfant en surpoids ou obèse, l’activité physique est associée au développement de certaines structures sous-corticales, tandis que la sédentarité produit l’effet inverse. Ils y voient une possible action du facteur neurotrophique dérivé du cerveau (BDNF), une protéine liée, notamment, à l’activité physique et qui pourrait jouer un rôle dans la plasticité et le développement synaptiques, la transmission neuronale et l’angiogenèse.

Tout en restant prudent quant à ces résultats, car l’étude n’est que transversale, on ne peut qu’encourager ces enfants à bouger plus, tout en restant assis moins longtemps.

Dr Patrick Laure

Référence
Cadenas-Sanchez C, Jairo H. Migueles JH. : Physical activity, sedentary time and fitness in relation to brain shapes in children with overweight/obesity: links to intelligence. Scand J Med Sci Sports 2022 ; publication avancée en ligne le 7 novembre. doi: 10.1111/sms.14263

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