Les résultats de la chirurgie bariatrique dépendent (aussi) de facteurs socio-économiques

La chirurgie bariatrique reste le traitement étalon de l’obésité morbide (indice de masse corporelle IMC > 35 kg/m²). Non seulement elle entraîne une perte de poids plus importante et plus durable que toute autre thérapeutique, mais elle prolonge la vie en permettant d’équilibrer un diabète, une hypertension artérielle, voire une stéatose hépatique non alcoolique.

Toutefois, force est de reconnaître que les résultats sont moins bons chez les sujets économiquement défavorisés (SED), couverts aux États-Unis par une assurance-maladie à bas coût (Medicaid). Dans ce groupe, il a été constaté, un an après une chirurgie bariatrique, une perte de poids plus faible en comparaison aux opérés « bien-assurés » (BA), davantage de complications et une durée de séjour plus longue. Des auteurs du Wisconsin ont voulu analyser les raisons de ces disparités.

Pour cela, des obèses opérés entre 2014 et 2017 et tous leurs soignants ont été sollicités pour décrire leur expérience post-opératoire, en se réservant un an de suivi pour apprécier les suites. Au total, 24 patients et 21 soignants ont été inclus (6 chirurgiens, 6 médecins généralistes, 5 diététiciens et 4 psychologues), interrogés aussi bien sur les habitudes alimentaires que les activités physiques et les soins postopératoires. Des entretiens semi-structurés ont été menés en 2020, les données ont ensuite été codées dans différents modèles. Les malades assurés par Medicaid ont constitué le groupe SED et les autres le groupe BA. On a considéré le résultat de la chirurgie bariatrique comme optimal quand la perte de poids était ≥ 50 %.

Des obstacles à une perte de poids optimale

Parmi les 24 malades opérés (par gastrectomie en manchette ou par court-circuit gastrique sous coelioscopie), 12 constituaient le groupe SED, dont 6 pour lesquels les résultats étaient jugés optimaux et 5 sous-optimaux. Pour les 12 opérés BA, 5 étaient optimaux et 7 sous-optimaux. Les patients SED étaient en moyenne un peu plus jeunes, plus souvent masculins et un peu plus obèses que les BA.

Les investigateurs ont noté 5 obstacles entravant les suites opératoires dans le groupe SED et une perte de poids optimale : des connaissances en matière de santé insuffisantes (empêchant la bonne compréhension des règles hygiéno-diététiques indiquées), un environnement peu sûr (crainte de se voir dérober les provisions), des difficultés de transport, des revenus limités (les protéines prescrites sont onéreuses) et des métiers de force incompatibles avec une alimentation planifiée ; de plus la difficulté d’accès à une salle de sport a été mentionnée par les patients des 2 groupes ayant des résultats sous-optimaux.

Il convient d’aider les malades économiquement défavorisés à surmonter ces obstacles pour améliorer les suites de la chirurgie bariatrique.

Dr Jean-Fred Warlin

Référence
Funk LM, Alagoz E, Murtha JA, et al. Socioeconomic disparities and bariatric surgery outcomes: A qualitative analysis. Am J Surg. 2023 Apr;225(4):609-614. doi: 10.1016/j.amjsurg.2022.09.049.

Copyright © 2023 JIM SA. Tous droits réservés.

Réagir

Vos réactions (1)

  • Chirurgie bariatrique

    Le 20 novembre 2023

    Ce sont les récalcitrants à la préparation et surtout au suivi psy.

    Dr X. Bareau

Réagir à cet article