Stress et maladies auto-immunes, une probable parenté génétique

Les liens entre les troubles liés au stress et les maladies auto-immunes font l’objet d’une publication de l’American Journal of Psychiatry sur les éventuels « fondements biologiques » (génétiques) de cette relation. En se focalisant sur l’agrégation familiale de troubles liés au stress et de maladies auto-immunes, à partir des registres nationaux suédois (concernant plus de 4 millions de personnes) et des données de génotypage émanant de 376 871 participants à l’étude UK Biobank[1], les auteurs ont défini sept cohortes avec différents degrés de parenté (fratries gémellaires, fratries non-gémellaires, cousins, etc.), analysé les « scores de risque polygénique[2] » et réalisé des études d’association pangénomique (genome-wide association study, GWAS )[3].

Les analyses d’agrégation familiale ont révélé des probabilités décroissantes de concomitance des troubles liés au stress et des maladies auto-immunes en fonction de la parenté descendante ou de la parenté génétique avec des rapports de cotes ajustés (Odds ratio OR avec intervalle de confiance IC à 95 %) plus élevés pour les jumeaux monozygotes (OR =1,51 [IC 1,09–2,07]) que pour les jumeaux dizygotes (OR = 1,28 [0,97–1,68]) et pour les frères et sœurs (OR = 1,16 [1,14–1,18]) qu’entre cousins (OR = 1,01 [0,98–1,03]. Les auteurs observent des associations positives statistiquement significatives entre les scores de risque polygénique des troubles liés au stress et les maladies auto-immunes et, réciproquement, entre les scores de risque polygénique des maladies auto-immunes et les troubles liés au stress. Des statistiques sommaires d’association pangénomique ont montré l’existence d’une corrélation génétique de 0,26 [IC 95 % 0,14–0,38] entre ces deux phénotypes et permis d’identifier dix gènes communs, et cinq modules fonctionnels partagés dont un module lié aux voies des récepteurs couplés aux protéines G[4]

Réalisées pour le syndrome de stress post-traumatique et pour certaines maladies auto-immunes spécifiques (notamment la thyroïdite de Hashimoto[5]), d’autres analyses analogues ont confirmé ces résultats. Les auteurs estiment donc que cette étude confirme l’existence d’une corrélation génétique et des voies biologiques communes entre maladies auto-immunes et troubles liés au stress.

[1] https://www.ukbiobank.ac.uk/

[2] https://www.predilife.com/newsroom/articles/le-score-de-risque-polygenique-quest-ce-que-cest-2/#:~:text=Le%20PRS%20indique%20comment%20le,la%20valeur%20r%C3%A9f%C3%A9rence%20du%20PRS.

[3] https://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89tude_d%27association_pang%C3%A9nomique

[4] https://fr.wikipedia.org/wiki/Prot%C3%A9ine_G

[5] https://fr.wikipedia.org/wiki/Thyro%C3%AFdite_de_Hashimoto

Dr Alain Cohen

Référence
Yu Zeng : Genetic associations between stress-related disorders and autoimmune disease. Am J Psychiatry 2023; 180(4): 294–304. doi: 10.1176/appi.ajp.20220364.

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