Apport du zanubrutinib dans la maladie de Waldenström

Le zanubrutinib est un inhibiteur sélectif covalent nouvelle génération de BTK, particulièrement efficace dans la maladie de Waldenström.

L’essai phase III ASPEN compare les traitements par zanubrutinib (160 mg x 2 /j.) et ibrutinib (420mg /j.) dans la maladie de Waldenström symptomatique. Dans cette hémopathie, 95 % des patients ont une mutation de MYD88 et 40 % une mutation de CXCR4. Une 1ère cohorte concerne 201 patients MYD88 mutés, 102 recevant zanubrutinib et 99 ibrutinib, et une 2e cohorte de 28 patients non mutés MYD88. Davantage de patients assignés au zanubrutinib avaient plus de 75 ans (33,3 % vs 20,2 %) et avaient une mutation sur CXCR4 (32,4 % vs 20,2 %). Les résultats à long terme (44,4 mois de suivi) de l’essai sont rapportés.

Des taux de réponse analogues mais une réponse plus rapide avec zanubrutinib

Le temps médian d’obtention d’une très bonne réponse partielle (VGPR) était plus court avec zanubrutinib (6,7 mois) qu’avec ibrutinib (16,6 mois), et ce taux augmente avec le temps.

Chez les patients CXCR4 mutés, des taux de réponse plus élevés et des réponses plus rapides sont observés avec zanubrutinib.

Le taux de VGPR+RC (très bonne réponse partielle-rémission complète) est de 36,8 % avec zanubrutinib (vs 25,7 % avec ibrutinib) en 1ere ligne, mais identique à 28,6 % en au-delà de 3 lignes. Le taux de réponse le plus élevé est de 65,4 % chez les patients non mutés MYD88.

Et une meilleure tolérance

Les effets indésirables (EI) tels que diarrhée, spasmes musculaires, HTA, fibrillation auriculaire, pneumonie sont plus fréquents avec l’ibrutinib. La neutropénie est moins fréquente avec l’ibrutinib. Avec le zanubrutinib, la prévalence de neutropénie et des infections décroit avec le temps, jusqu’à être plus faible qu’avec ibrutinib au-delà de 36 mois.

Davantage de patients sous ibrutinib ont dû réduire leur posologie du fait d’un EI.

Les EI ayant entrainé un arrêt de traitement ont été plus fréquents avec ibrutinib (20,4 %) qu’avec zanubrutinib (8,9 %)

La plupart des EI ayant conduit à arrêt de traitement sous ibrutinib étaient des troubles cardiaques et des infections.

Au total l’étude ASPEN a montré une efficacité du zanubrutinib avec une haute qualité de réponse et un profil de tolérance favorable à long terme. Le zanubrutinib entraine moins d’effets secondaires hors-cible, notamment de toxicités cardio-vasculaires que l’ibrutinib. Les patients antérieurement intolérants à l’ibrutinib ou à l’acalabrutinib n’ont pas eu de récurrence d’EI lié au traitement avec zanubrutinib.

Pr Gérard Sébahoun

Références
Dimopoulos M A et coll. : Zanubrutinib Versus Ibrutinib in Symptomatic Waldenstrom¨ Macroglobulinemia: Final Analysis From the Randomized Phase III ASPEN Study.
J Clin Oncol 2023, publication avancée en ligne le 21 juillet.
DOI https://doi.org/10.1200/JCO.22.02830

Copyright © 2023 JIM SA. Tous droits réservés.

Réagir

Vos réactions

Soyez le premier à réagir !

Les réactions aux articles sont réservées aux professionnels de santé inscrits
Elles ne seront publiées sur le site qu’après modération par la rédaction (avec un délai de quelques heures à 48 heures). Sauf exception, les réactions sont publiées avec la signature de leur auteur.

Réagir à cet article