Les régimes alimentaires : un effet antidépresseur aussi ?

L’alimentation influence-t-elle le risque de dépression ? Des auteurs européens ont fait le point sur cette question par le biais d’une méta-analyse de 20 études longitudinales, et 21 transversales.

Plusieurs types de régimes sont étudiés, dont les adhésions aux régimes méditerranéens, anti-inflammatoires, « HEI » soit Healthy Eating Index aux USA, « DASH » soit Dietary Approaches to Stop Hypertension. D’une façon générale, tous comportent une prise élevée de fruits, légumes et légumineuses, graines ou céréales complètes, et une consommation modérée d’alcool (à l’exception d’une des versions du HEI). Le régime méditerranéen comprend en outre poisson, noix et huile d’olive. Quasiment tous recommandent de restreindre la prise de viandes rouges et de charcuteries.

Les auteurs relèvent que, selon les études longitudinales, une meilleure adhésion au régime méditerranéen (4 études) est associée à une diminution de risque de dépression incidente de 33 % (Risque Relatif RR 0,67, intervalle de confiance à 95 % IC 95 % 0,55-0,82)  tandis que la baisse est de 24 % avec le régime anti-inflammatoire  (4 études, RR 0,76, IC 95 % 0,63-0,92. Pour les régimes HEI, études longitudinales et transversales ensembles indiquent une baisse de risque de 35 % (RR 0,65, IC 95 % 0,50-0,84). Il n’y a pas d’effets significatifs retrouvés avec le régime DASH.

Quelques hypothèses sur le mécanisme d’action…éventuel

Comment expliquer ces effets favorables ? Les fruits, légumes, noix et vin (en prise modérée) ont des effets antioxydants et anti-inflammatoires, pouvant protéger les neurones du stress oxydant ; l’inflammation systémique peut perturber le transport actif de cytokines et la physiologie de neurotransmetteurs (sérotonine, dopamine, noradrénaline et glutamate). Enfin, des nutriments comme les oméga-3, diverses vitamines B, le zinc, le magnésium, souvent présents dans les régimes sus mentionnés, sont impliqués dans la physiologie cérébrale.

Ainsi, ces recherches suggèrent qu’une alimentation favorable à la santé, comme le régime méditerranéen, est associée à une diminution de risque de dépression. Néanmoins, parmi les études disponibles, beaucoup sont transversales et on ne peut alors exclure de causalité inverse. Davantage d’études prospectives, voire expérimentales, sont nécessaires pour confirmer et préciser ces données.

Dr Viviane de La Guéronnière

Référence
Lassale C et coll. : Healthy dietary indices and risk of depressive outcomes: asystematic review and meta-analysis of observational studies. Molecular Psychiatry, 2018. Publication avancée en ligne le 26 septembre. doi: 10.1038/s41380-018-0237-8.

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