Liraglutide en plus de la metformine pour le diabète de type 2 de l’enfant et de l’adolescent ?

L’incidence du diabète de type 2 ne cesse d’augmenter chez l’enfant et l’adolescent sous l’effet de l’obésité et le phénomène semble par ailleurs frapper de manière disproportionnée les minorités ethniques les moins avantagées d’un point de vue socio-économique. La metformine est le médicament de choix dans la plupart des cas, mais bien souvent, un déclin rapide de la fonction cellulaire β combiné à une insulinorésistance sévère conduit à la perte du contrôle glycémique et à l’insulinothérapie : une option thérapeutique qui est loin d’être optimale dans ce contexte d’obésité, mais qui est imposée par l’absence d’indication validée pour la plupart des autres classes thérapeutiques, à la différence du diabète de type 2 de l’adulte.

Dans ces conditions, les autorités de régulation sont à l’affût des progrès thérapeutiques. Dès qu’un médicament nouveau a fait la preuve d’un rapport efficacité/acceptabilité favorable chez l’adulte, la validation dans le diabète de type 2 de l’enfant ou de l’adolescent doit devenir une priorité. Le liraglutide qui est un analogue du glucagon-like peptide-1 (GLP-1) entre dans ce cas de figure, puisqu’une étude de phase 2 réalisée chez l’adulte a démontré que la posologie utilisée était valable dans les tranches d’âge inférieures. C’est dans ce contexte que s’inscrit l’essai contrôlé de phase 3, intitulé ELLIPSE (Evaluation of Liraglutide in Pediatrics with Diabetes), débuté en 2012.

Cette étude, menée à double insu contre placebo, a inclus 135 jeunes patients, âgés de 10 à 17 ans, tous atteints d’un diabète de type 2. Deux groupes parallèles ont été constitués par tirage au sort : (1) liraglutide administré par voie sous-cutanée (1,8 mg/jour) ; (2) placebo. La phase contrôlée d’une durée de 26 semaines a été suivie d’une phase ouverte de même durée. Les critères d’inclusion ont été les suivants : (1) indice de masse corporelle > 85ème percentile des courbes de corpulence en vigueur aux États-Unis ; (2) taux d’HbA1c compris entre 7,0 et 11,0 % ou 6,5 et 11,0 % selon que le traitement comportait ou non de la metformine. Cette dernière a été systématiquement associée au liraglutide au cours de l’étude. Le critère de jugement primaire s’est avéré être strictement biologique puisqu’il s’agit de la variation des taux d’HbA1c entre l’état basal et la 26ème semaine. Les critères secondaires ont notamment inclus les variations de la glycémie à jeun dans le même laps de temps.

Un point de pourcentage d’HbA1c en moins dans le groupe traité

Sur les 135 patients initialement inclus, 134 (âge moyen, 14,6 ans ont reçu au moins une dose du médicament (n = 66) ou du placebo (n = 68). Au terme de 26 semaines, le taux d’HbA1c a baissé de 0,64 point de % dans le groupe traité, alors qu’il a augmenté de 0,42 point de % dans l’autre groupe, soit une différence intergroupe de -1,06 points (p < 0,001). A la 52ème semaine de l’essai, cette dernière a atteint -1,30 points. La même tendance a été observée pour la glycémie à jeun. La fréquence des évènements indésirables s’est avérée voisine dans les 2 groupes, soit 84,8 % (liraglutide) versus 80,9 % (placebo). Cependant, les évènements indésirables concernant le tractus gastro-intestinal ont été plus fréquents dans le groupe traité.

Les résultats de cet essai randomisé de phase 3 sont des plus encourageants. Chez des enfants et des adolescents atteints d’un diabète de type 2, le liraglutide (à une dose de 1,8 mg/jour par voie sous-cutanée) associé à la metformine améliore le contrôle glycémique et cette efficacité biologique se maintient jusqu’au terme de l’étude, soit 52 semaines. Il reste à évaluer le rapport efficacité/acceptabilité sur le plus long terme, mais cet agoniste du GLP-1 représente un réel espoir dans la prise en charge souvent difficile des formes pédiatriques du diabète de type 2.

Dr Peter Stratford

Référence
Tamborlane WV et coll. : Liraglutide in Children and Adolescents with Type 2 Diabetes. N Engl J Med. 2019 : publication avancée en ligne le 28 avril. doi: 10.1056/NEJMoa1903822.

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