Pour vivre vieux (en bonne santé), mangeons varié !

Dans le monde, l’espérance de vie en bonne santé tend à stagner depuis quelques années : alors que la prévalence des maladies infectieuses diminue, une certaine dégradation de l’hygiène de vie freine sa progression. Pour rappel, l’espérance de vie en bonne santé est le nombre d’années qu’on peut espérer vivre sans maladies ni handicap…

Dans cette étude écologique internationale, les auteurs se sont interrogés sur les effets de la diversité alimentaire sur cette espérance de vie. En effet, une bonne variété apporterait un meilleur équilibre nutritionnel, moins de déficits, avec un impact positif sur la santé. Elle serait associée à une baisse du risque de maladies tumorales, serait favorable contre la dépression, le déclin cognitif et le diabète.

La diversité alimentaire se définit dans cette recherche, à travers le Quantitative Index for Dietary Diversity (QUANTIDD), sur la consommation de 12 classes d’aliments : pommes de terre, légumes, légumineuses, noix et graines, fruits, produits laitiers, céréales, viandes, poissons, lipides, œufs et enfin sucres et confiseries. L’indice est compris entre 0 et 1 ; chaque classe d’aliment intégrée apporte un douzième de point. La valeur 1 correspond à une plus grande diversité alimentaire.

La consommation alimentaire étudiée par pays est basée sur les chiffres de production de la FAO (Food and Agriculture Organisation, de l’ONU). Elle fournit les informations sur la consommation des 12 catégories d’aliments (g/j/personne) et de l’énergie (kcal/j/personne) dans 137 pays. L’espérance de vie en bonne santé provient de la banque de données Global Burden Disease de 2015, qui a suivi près de 200 pays de 1995 à 2010.

Les ajustements portent sur le Produit National Brut, les distributions de l’âge, les dépenses de santé, la consommation d’énergie alimentaire et les années d’études au sein des différents pays.

L’espérance de vie en bonne santé est la plus longue au Japon…où l’alimentation est variée

En observation transversale en 2010, le Japon présente l’espérance de vie en bonne santé la plus élevée (suivi par l’Espagne), et est le deuxième pays pour la diversité alimentaire (précédé par la Nouvelle Zélande). Haïti a le niveau d’espérance de vie en bonne santé le plus bas, la plus faible diversité alimentaire se trouvant au Lesotho.

En exploitations transversales et longitudinales, un indice de diversité alimentaire plus élevé augmente l’espérance de vie, l’espérance de vie en bonne santé, et diminue l’écart entre ces deux « entités ». Ainsi, la diversité alimentaire non seulement prolonge la vie en bonne santé, mais aussi réduit la durée de vie en mauvaise santé. Une augmentation de 0,1 point de diversité alimentaire correspond à un gain de 4 années d’espérance de vie en bonne santé en suivi longitudinal.

Pour expliquer ces résultats, les auteurs avancent, en plus de la possibilité d’une meilleure couverture nutritionnelle, les effets d’une diminution de la charge glycémique. En effet, une augmentation de la diversité alimentaire va de pair avec une diminution de la charge glycémique, associée aux maladies cardiovasculaires. Bien que soulignant les limites d’une étude écologique, ils concluent qu’une importante variété alimentaire s’accompagne d’une meilleure prévention des maladies et de meilleures santé et longévité.

Diversité mais pas excès

On remarquera cependant que certains aliments de cet index sont associés, en excès, à certaines pathologies : céréales raffinées au sein des céréales, viandes rouges et charcuteries, graisses saturées parmi les lipides, et sucres et confiseries. Néanmoins, les auteurs indiquent qu’une diversité élevée est associée avec une prise de glucides restreinte. Le poids de ces aliments défavorables en excès n’est donc peut-être pas si important pour cette approche internationale. Une approche plus précise par groupe de pays, tenant compte des excès spécifiques, serait sans doute plus prometteuse encore.

Finalement, cette étude montre encore s’il en était besoin l’intérêt d’une alimentation variée et équilibrée ; elle met peut-être aussi en garde contre divers régimes restrictifs quand ils ne sont pas indispensables.

Dr Viviane de La Guéronnière

Référence
Miyamoto K et coll. : Dietary diversity and healthy life expectancy—an international comparative study. European Journal of Clinical Nutrition, 2019 ; 73:395–400.

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