Vertus possibles du régime méditerranéen face à la maladie d’Alzheimer

Le régime méditerranéen (Rmed) est largement préconisé dans la prévention primaire de la maladie cardiovasculaire et de nombreuses affections chroniques, même si la preuve de son efficacité est loin d’être toujours établie. Les maladies neurodégénératives pourraient-elles bénéficier des vertus nutritionnelles et protectrices de ce régime ? C’est que suggèrent les résultats d’une étude transversale réalisée dans le cadre de la German Longitudinal Cognitive Impairment and Dementia Study.

L’objectif de cette approche était de rechercher une relation entre l’exposition au Rmed et les valeurs des biomarqueurs utilisables in vivo pour suivre la progression de la maladie d’Alzheimer (MA).

L’analyse a porté sur une cohorte de 512 participants (âge moyen : 69,5 ± 5,9 ans) répartis en deux groupes : (1) absence d’altération des fonctions cognitives ou de prédisposition à la MA (n = 169) ; (2) risque élevé de MA du fait d’antécédents familiaux (n = 53), d’un déclin cognitif subjectif (n = 209) ou d’un déclin cognitif léger (DCL) (n = 81). Un questionnaire de fréquence alimentaire a permis de repérer les adeptes du Rmed. Les fonctions cognitives ont été étudiées au moyen de toute une batterie de tests neuropsychologiques.

Protection contre l’atrophie médiotemporale et le déclin mnésique

Divers biomarqueurs ont été mesurés à un instant donné : volumes cérébraux à l’aide d’une analyse morphométrique voxel par voxel des images IRM pondérées en T1 (n = 512) ; dosage dans le LCR du rapport Aβ42/40 et des taux de pTau181 (n = 226). Les associations entre Rmed et ces variables ont été évaluées à l’aide de modèles par régression linéaire avec ajustement pour diverses covariables potentiellement source de confusion.

L’observance stricte du Rmed a été associée à : (1) un volume de substance grise plus élevé dans le région médiotemporale (p < 0,05) ; (2) à de meilleures performances mnésiques (β ± ES [erreur standard] = 0,03 ± 0,02 ; p = 0,038) ; (3) un rapport Aβ42/40 plus faible (β ± ES = 0,003 ± 0,001 ; p=0,008) et des taux plus faibles de pTau181 (β ± ES = -1,96 ± 0,68 ; p = 0,004). L’association entre Rmed et performances mnésiques relève d’une médiation indirecte passant en partie (40 %) par le volume médiotemporal.

Par ailleurs, ce régime est apparu comme un modérateur des associations entre le rapport Aβ42/40, les taux de pTau181 et l’atrophie médiotemporale. Ces résultats n’ont pas été modifiés par la prise en compte du statut ApoE-ε4.

Cette étude transversale n’autorise que des hypothèses : le régime méditerranéen semble protéger du déclin mnésique et de l’atrophie médiotemporale qui menacent les sujets âgés atteints d’un DCL ou d’un déclin cognitif subjectif, voire ceux à risque de MA. L’étude de cohorte longitudinale en cours, en l’occurrence la German Longitudinal Cognitive Impairment and Dementia Study, de laquelle est issue cette approche transversale, pourrait confirmer ce qui n’est pour l’instant que pure conjecture.

Dr Giovanni Alzato

Référence
Ballarini T et coll. : Mediterranean Diet, Alzheimer Disease Biomarkers and Brain Atrophy in Old Age. Neurology. 2021 (5 mai) : publication avancée en ligne. doi: 10.1212/WNL.0000000000012067.

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