Une expérience finlandaise de l’immunothérapie orale dans l’allergie au lait de vache persistante

La majorité des enfants atteints d’allergie au lait de vache guérissent spontanément. En cas de persistance de l’allergie, il est recommandé de poursuivre le régime d’éviction stricte. Dans ce contexte, l’immunothérapie orale a donné des résultats prometteurs dans le cadre d’essais cliniques.

A cet égard, une équipe finlandaise a publié récemment les résultats du suivi, pendant 11 ans, de 296 enfants, âgés de 5 ans et plus, allergiques au lait de vache et qui ont bénéficié d’une l’immunothérapie orale. Les données au long cours (suivi médian de 6,5 ans) ont été disponibles pour 244 patients et montrent que plus de la moitié d’entre eux (56 %) consomment quotidiennement 2dl de lait, ou plus, par jour, 18 % consomment moins de 2 dl de lait chaque jour, et 26 % suivent encore un régime d’éviction totale du lait.

Un taux initial faible d’IgE spécifiques au lait de vache constituait un marqueur prédictif du maintien de la tolérance au long cours. En revanche, la survenue de symptômes respiratoires au cours de la phase d’initiation de la désensibilisation était associée à une augmentation du risque d’échec du traitement (Odds ratio OR = 3,5 ; intervalle de confiance à 95 % IC95 % : 1,5 à 8,1) et d’anaphylaxie (OR = 14,3 ; IC95 % : 1,8 à 114).

Notons qu’une réaction anaphylactique a été rapportée chez 14 % des patients après la période d’initiation, mais les données manquent pour 59 enfants. Au total, 28 % des participants ont interrompu l’immunothérapie orale, le plus souvent à cause de symptômes gastro-intestinaux (douleurs abdominales, nausées, vomissements, dysphagie, selles sanglantes). Le temps médian entre le début de la désensibilisation et son arrêt a été de 9 mois.

Le taux initial d’IgE spécifiques fait la différence

La relation entre le taux initial d’IgE spécifiques et le résultat de l’immunothérapie orale a déjà été décrite dans d’autres travaux. La même relation existe pour l’acquisition de la tolérance et la réussite du test de provocation par voie orale, pour lesquelles un faible taux d’IgE spécifiques au lait de vache est associé à de meilleurs résultats. Dans cette étude, quand le taux initial des IgE spécifiques était inférieur à 10 kUA/l, 82 % des patients pouvaient consommer du lait, contre seulement 43 % quand le taux initial d’IgE spécifiques était supérieur à 150 kUA/l.

Dr Roseline Péluchon

Référence
Kauppila TK et coll. : Outcome of oral immunotherapy for persistent cow’s milk allergy from 11 years of experience in Finland. Pediatr Allergy Immunol., 2019 ; 30 : 356-362. doi: 10.1111/pai.13025.

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