Un espoir thérapeutique pour la redoutable leucoencéphalopathie multifocale progressive

La leucoencéphalopathie multifocale progressive (LEMP) est une affection opportuniste rare du système nerveux central. L'agent viral responsable de cette pathologie est le virus JC de la famille des papovavirus. Cette affection survient essentiellement chez les immunodéprimés. Sa prévalence a fortement augmenté pendant les années 80 car les sujets infectés par le VIH pouvaient développer cette maladie lorsque leur nombre des lymphocytes CD4 était inférieur à 100. L'évolution était généralement fatale, et les thérapeutiques testées, inefficaces. Heureusement, les succès de la trithérapie se sont traduits par une réduction importante du risque de développer cette affection. La LEMP revient sur le devant de l'actualité pour de nombreuses raisons. La publication de 3 cas de LEMP chez les patients traités par le natalizumab, anticorps anti-intégrine a sonné le glas des espoirs thérapeutiques que ce traitement avait fait naître dans le domaine de la Sclérose en plaques. Dernièrement, un autre médicament a été aussi incriminé. 5 observations ont été rapportées chez des patients traités par capecitabine, substance utilisée dans certains cancers du sein et digestifs.

Dans le dernier numéro de Neurology, une équipe américaine de Pittsburgh rapporte l'effet positif dans la LEMP de l'administration d'interleukine 2 recombinante (IL2r). Il s'agissait d'un patient de 58 ans ayant une myelodysplasie qui a présenté un tableau neurologique associant une dysarthrie à une main maladroite. La biopsie cérébrale a confirmé le diagnostic de LEMP en montrant une démyélinisation, des anomalies astrocytaires et oligodendrocytaires. L'hybridation in situ a confirmé la présence de virus JC. Le patient présentait une lymphopénie (400 cellules/mm3). L'IL2r a été administré par voie intraveineuse continue pendant 5 semaines. La dose a été doublée à la sixième semaine avec, comme conséquence, l'apparition d'une fièvre entraînant interruption de l'IL2r.

L'état clinique du patient s'est amélioré alors que dans un premier temps les anomalies IRM se sont transitoirement aggravées. L'évolution a été ensuite satisfaisante avec un suivi de 5 ans. Il s'agirait de la deuxième observation améliorée par cette thérapeutique. Toutefois, les auteurs de cet article s'interrogent sur les mécanismes d'action de l'IL2 car leur patient a continué à avoir un taux de lymphocytes CD3-CD4 insuffisant malgré ce traitement. Mais l'absence de médicament actif dans cette pathologie justifie de considérer cette molécule avec beaucoup d'attention

Dr Christian Geny


Kunschner L et Scott T : "Sustained recovery of progressive multifocal leukoencephalopathy after treatment with IL-2." Neurology 2005 ; 65 :1510. © Copyright 2005 http://www.jim.fr

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