Le vaccin vivant atténué contre le zona mis à l’épreuve du temps

Pour les personnes non vaccinées, le risque de zona au cours de la vie est d’environ 30 %. Selon une étude états-unienne, son incidence chez les personnes de 60 ans et plus est d’environ 10 par an pour 1000 personnes. Il se compliquera de névralgie post-zostérienne pour 5 à 30 % des cas, d’un zona ophtalmique pour 9 à 25 % et 1 à 4 % des patients devront être hospitalisés.

Ces chiffres donnent la mesure de l’intérêt du vaccin contre le virus varicelle-zona. Le premier commercialisé est un vaccin vivant atténué, que 50 millions de personnes à travers le monde ont déjà reçu. Il est recommandé en France pour les personnes de 65 à 74 ans révolus, et peut être proposé à partir de 50 ans. Un autre vaccin, recombinant, a été enregistré en Europe et sera bientôt disponible en France.

Aux Etats-Unis, il a supplanté le vaccin vivant, dont l’efficacité semble diminuer au fil du temps. Pour préciser ce point, une étude a été menée sur une population de 1,5 million de personnes âgées de 50 ans et plus, dont la moitié avait été vaccinée par le vaccin vivant atténué. L’objectif était d’établir l’efficacité du vaccin plus de 10 ans après la vaccination, sur la survenue d’un zona, sur la névralgie post-zostérienne, sur le zona ophtalmique et sur l’hospitalisation pour zona.

Une étude de cohorte sur 10 ans

Les données recueillies montrent que l’efficacité est maximale au cours de la première année suivant la vaccination, puis diminue. Au cours de la 1ère année, l’efficacité est de 67 % contre la survenue d’un zona, de 83 % contre la névralgie, de 71 % contre le zona ophtalmique et de 90 % contre une hospitalisation pour zona. Elle passe ensuite à 50 % contre la survenue d’un zona, dès la 2ème année, puis diminue au fil du temps pour être de 27 % au cours de la 8ème année et n’est plus que de 10 % après 10 ans.

Le profil d’évolution est le même pour la protection contre le zona ophtalmique. Pour la névralgie post-zostérienne et l’hospitalisation, l’efficacité de la vaccination est supérieure dès le départ (83 % et 90 % respectivement), diminue ensuite, tout en continuant à conférer une bonne protection, de 41 % après 10 ans pour la névralgie, de 53 % après 5 à 8 ans pour l’hospitalisation.

Aux Etats-Unis, les inquiétudes concernant l’efficacité à long terme de protection conférée par le vaccin vivant ont conduit à recommander d’opter de préférence pour le nouveau vaccin recombinant, dont l’efficacité serait plus durable à long terme.

Dr Roseline Péluchon

Références
Klein N.P. et coll. : Effectiveness of the live zoster vaccine during the 10 years following vaccination: real world cohort study using electronic health records
BMJ 2023;383:e076321

https://www.bmj.com/content/383/bmj-2023-076321

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