Des étudiants en médecine accros aux réseaux sociaux

Comme l’illustre une étude réalisée à Kolkata (ex-Calcutta, en Inde) chez 200 étudiants en médecine, la fréquentation assidue (voire excessive) des réseaux sociaux et des messageries en ligne n’épargne pas ces futurs professionnels. Cette enquête montre ainsi que « plus de 90 % » des carabins interrogés utilisent « plus d’un réseau social ou service de messagerie instantanée. » Et ils en font un usage pour le moins immodéré : « un tiers d’entre eux demeurent connectés tout au long de la journée, et environ 80 % au moins quatre heures par jour. » Quant à l’utilisation de ces réseaux « à des heures indues », elle est rapportée par 55 % des sujets, avec 23,5 % se disant même « incapables de passer une seule journée sans être connectés » sur leurs sites habituels.

Un problème de santé mentale ?

Dans cette population d’« accros » aux réseaux sociaux, près d’un quart se trouvent « déprimés » et 68,5 % « anxieux. » Sans surprise, vu ce contexte, les échelles utilisées pour évaluer l’anxiété (State-Trait Anxiety Inventory, STAI)[1] et la dépression (Beck’s Depression Inventory, BDI )[2] indiquent des valeurs « significativement plus élevées » parmi les étudiants en médecine passant chaque jour quatre heures ou davantage sur les réseaux sociaux, et chez ceux qui se livrent à cette activité « à des heures inhabituelles » (concrètement, au détriment de leur sommeil) ou qui s’avouent « incapables de rester un seul jour » sans fréquenter les réseaux sociaux.

Les auteurs estiment en conclusion que « la majorité des étudiants en médecine » de cette région du monde sont des « utilisateurs insatiables » des réseaux sociaux, une proportion importante d’entre eux ayant même une « affinité énorme » pour ces sites, y compris à des heures indues, avec une association significative à des phénomènes anxio-dépressifs.  Mais comme il s’agit d’un « phénomène relativement récent », des recherches plus développées sont nécessaires pour « trouver une solution à ces relations complexes entre l’usage (intensif) des réseaux sociaux et des problèmes de santé mentale. »    

[1] https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/PMC3879951/pdf/nihms-504019.pdf
[2] http://www.unafam.info/87/img/echelle-beck.pdf

Dr Alain Cohen

Référence
Barman L et coll.: Use of social networking site and mental disorders among medical students in Kolkata, West Bengal. Indian Journal of Psychiatry, 2018 (60-3): 340–345.

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