Pas d’argument en faveur d’un lien entre produits laitiers et risque de cancer du sein

La pathogénie du cancer du sein fait intervenir de nombreux facteurs environnementaux parmi lesquels l’exposition aux hormones, l’alimentation et l’alcool. En ce qui concerne l’alimentation, le lait entier et le fromage, qui ont un contenu élevé en matières grasses, pourraient jouer un rôle délétère. De même, les produits laitiers peuvent contenir certains pesticides considérés comme carcinogènes. En revanche, il a été suggéré que le calcium et la vitamine D pourraient réduire le risque de cancer du sein. L’association entre produits laitiers et risque de cancer du sein a été analysée dans plusieurs études épidémiologiques. Une méta-analyse de 10 études, publiée en 1993, avait rapporté une augmentation modeste du risque de cancer du sein, mais des résultats inverses ont été publiés par la suite. Une revue de la littérature datant de 2004 a ensuite conclu qu’il n’existait aucun argument épidémiologique sérieux pour étayer une relation entre la consommation de lait ou de produits laitiers et le risque de cancer du sein.

Une nouvelle méta-analyse rassurante

Ce point de vue méritait donc d’être actualisé. Une équipe chinoise a entrepris une nouvelle méta-analyse de huit publications aujourd’hui disponibles qui ont permis d’examiner de près les relations éventuelles entre le risque de cancer du sein et la consommation de lait écrémé, de lait entier et de yaourt. Les odds ratios poolés ont été calculés avec leurs intervalles de confiance à 95 %. Les valeurs trouvées, quels que soient le pays et l’étude, n’ont guère dépassé l’unité et la valeur poolée pour le lait entier a été ainsi estimée à 0,951 (0,800-1,132). Le verdict actuel rejoint donc celui du début des années 2000 : il n’existe aucun argument épidémiologique en faveur d’une association significative entre la consommation de lait ou de produits laitiers et le risque de cancer du sein. D’autres études portant sur des cohortes plus nombreuses sont cependant les bienvenues pour préciser, par exemple, un éventuel rôle protecteur de la vitamine D ou du calcium.

Dr Philippe Tellier

Référence
Chen L et coll. : Milk and yogurt intake and breast cancer risk: A meta-analysis. Medicine (Baltimore). 2019; 98(12):e14900.

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