Arrêter de fumer pour éviter les bouffées…de chaleur à la ménopause

Les bouffées de chaleur qui surviennent lors de la ménopause ou de la périménopause peuvent être dévastatrices de par leur fréquence et leur sévérité. Quels sont les facteurs de risque modifiables ? La question se pose encore malgré l’ancienneté du problème et les nombreuses tentatives thérapeutiques de ces dernières décennies. Si le traitement hormonal substitutif a constitué un réel progrès du fait d’un effet symptomatique bien établi, la quête des facteurs prédisposants demeure prioritaire. Quel est ainsi le rôle du tabagisme et de l’obésité ?

C’est à cette question que répond une vaste étude transversale dans laquelle ont été incluses 21 640 femmes d’âge moyen (âge médian 50 ans, écart interquartile, 49-51). En fait, ces participantes ont été regroupées à partir de huit études d’observation dont quatre ont permis une analyse prospective des données (n = 11 986). Le traitement de ces dernières a reposé sur un modèle multinomial par régression logistique en distinguant quatre catégories de bouffées de chaleur en fonction de leur fréquence et de leur sévérité.

A l’état basal, des bouffées de chaleur étaient rapportées par environ 60 % des femmes. Dans la moitié des cas, il existait une surcharge pondérale et même une obésité près d’une fois sur trois (30 %). Un tabagisme chronique ou actif a été constaté chez 17 % des participantes.

Tabagisme actif et obésité se potentialiseraient

Les analyses transversales ont révélé une association significative entre, d’une part l’intensité et l’ancienneté du tabagisme d’autre part l’intensité et la sévérité des bouffées de chaleur. Il en allait de même pour les valeurs élevées de l’indice de masse corporelle (IMC).

En l’absence de tabagisme, l’obésité a été associée aux bouffées de chaleur, le rapport de risque relatif RRR étant estimé à 1,52 (intervalle de confiance à 95 % IC 95 %, 1,35-1,73). Le tabagisme actif renforce cette association, le RRR passant en effet à 3,02 (IC95 %, 2,41-3,78).

L’arrêt du tabagisme avant l’âge de 40 ans ramène les niveaux de risque à ceux des participantes n’ayant jamais fumé. Les analyses prospectives autorisées par la moitié des études ont révélé des tendances similaires, mais les associations ont perdu de leur étroitesse après un ajustement prenant en compte l’existence de bouffées de chaleur à l’état basal. Par ailleurs, il est apparu que l’association entre ces dernières et l’IMC différait selon le moment : le risque s’est avéré plus élevé en pré-ou périménopause mais moindre après la ménopause.

La surcharge pondérale (IMC ≥25 kg/m2) et le tabagisme actif semblent augmenter le risque de bouffées de chaleur fréquentes ou sévères de manière dose-dépendante et synergique en période pré- ou périménopausique. Le tabagisme amplifierait les effets de l’obésité, en sachant qu’une fois la ménopause installée, les effets de l’IMC s’inverseraient, ce qui reste à confirmer. Quoi qu’il en soit, le maintien d’un poids normal et l’arrêt précoce du tabagisme avant l’âge de 40 ans pourraient faire partir des mesures préventives.

Dr Philippe Tellier

Référence
Anderson DJ et coll. : Obesity, smoking, and risk of vasomotor menopausal symptoms: a pooled analysis of eight cohort studies. Am J Obstet Gynecol 2020 ; 222(5):478.e1-478.e17. doi: 10.1016/j.ajog.2019.10.103.

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