Un risque de BPCO peut-être majoré en cas de PR

L’association entre inflammation bronchique chronique et BPCO a été établie par des études épidémiologiques déjà anciennes. Les exacerbations itératives qui sont favorisées par les lésions inflammatoires entretiennent et majorent ce lien pour créer les conditions d’un trouble ventilatoire obstructif et induire éventuellement un remodelage des petites voies aériennes.

La polyarthrite rhumatoïde (PR) s’associe volontiers à une atteinte pleuropulmonaire qui concerne tous les compartiments anatomiques : plèvre, voies aériennes et parenchyme. Les déterminants en sont nombreux : la maladie per se avec sa composante systémique, le tabagisme chronique qui favorise la PR et aggrave son pronostic,  les traitements mais aussi l’inflammation chronique etc... L’atteinte pulmonaire serait d’ailleurs à l’origine de 10 % de la mortalité liée à ce rhumatisme inflammatoire chronique. Toutes les conditions sont a priori réunies pour favoriser l’apparition d’une BPCO et cette hypothèse est quelque peu étayée par une étude du type cas-témoins, réalisée en Colombie Britannique (Canada). L’objectif était de comparer la fréquence des hospitalisations en rapport avec une BPCO chez des patients atteints d’une PR confirmée et d’autres issus de la population générale. C’est une base de données administratives qui a fourni les informations nécessaires à cette comparaison.

47 % d’hospitalisations pour BPCO en plus

Entre janvier 1996 et décembre 2006, ont été inclus 24 625 cas de PR diagnostiqués selon les critères en vigueur. Ces cas ont été appariés (année de naissance, sexe et année d’inclusion) à 25 396 témoins sélectionnés au hasard dans la population. L’existence d’une BPCO dans les deux groupes a été attestée par les hospitalisations en rapport avec cette maladie. Les incidence rate ratios (IRRs) ont été calculés. Une analyse multivariée du type modèle des risques proportionnels de Cox a permis d’estimer le risque de BPCO lié à la PR avec un ajustement qui a pris en compte les facteurs de confusion potentiels. Des analyses de sensibilité ont testé la robustesse des résultats en fonction du tabagisme – facteur non fourni dans la base de données administratives - et des diverses définitions de la BPCO en tant que motif d’hospitalisation.

La fréquence des hospitalisations en rapport avec une BPCO s’est avérée plus élevée en cas de PR, l’IRR par rapport aux témoins étant en effet estimé à 1,58 (intervalle de confiance à 95%, 1,34-1,87). Cette différence intergroupe a persisté après ajustement selon les facteurs de confusion, le risque d’hospitalisation pour BPCO étant majoré de 47 % en cas de PR. Les analyses de sensibilité n’ont pas affecté les chiffres précédents.

Selon cette étude de type cas-témoins qui repose sur une base de données administratives, la PR  serait associée à un risque élevé d’hospitalisation (+ 47 %) pour BPCO, par rapport à la population générale. Un chiffre indicatif à confirmer compte tenu des méthodes utilisées et des incertitudes sur le rôle du tabagisme ou encore des définitions de la maladie

Dr Philippe Tellier

Référence
Mcguire K et coll. : Risk of Incident Chronic Obstructive Pulmonary Disease in Rheumatoid Arthritis: A Population-Based CohortStudy. Arthritis Care Res (Hoboken). 2019; 71(5): 602-610.

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