Exclusif : face au rebond épidémique les professionnels de santé privilégient l’obligation vaccinale

Paris, le mercredi 8 décembre 2021 – Selon une enquête  conduite par le JIM, les professionnels de santé privilégient la piste de l’obligation vaccinale pour lutter contre la vague épidémique actuelle.

Ce lundi, le Premier Ministre Jean Castex et le ministre de la Santé Olivier Véran ont révélé les mesures prises par le gouvernement pour lutter contre la 5ème vague. Peu de mesure contraignante (à l’exception notable de la fermeture des boites de nuit) et surtout une promotion de la vaccination. Pour inciter les Français à se faire vacciner, l’exécutif se repose essentiellement sur le passe sanitaire, dans lequel il a intégré la 3ème dose et qui devrait rester en vigueur au moins jusqu’en juillet 2022 (sauf déconvenue électorale entre temps).

En revanche, les autorités continuent à se montrer plutôt hostiles vis-à-vis de l’obligation vaccinale. Le 1er décembre dernier, Olivier Véran a rappelé que « l’obligation vaccinale n’est pas le choix de la France » estimant que « la faisabilité d’une obligation n’est pas évidente ». Même son de cloche du côté du président du conseil scientifique Jean-François Delfraissy, qui s’est dit « gêné par le côté peu démocratique de l’obligation ». « Il y a encore 600 000 personnes de plus de 80 ans non-vaccinés, on va leur envoyer les gendarmes ? » a-t-il demandé, perplexe.

44 % des professionnels de santé optent pour l’obligation vaccinale

Mais nos lecteurs ne semblent pas partager ces réticences envers une telle obligation. Selon un sondage organisé sur notre site entre le 16 novembre et le 2 décembre, l’obligation vaccinale est la mesure privilégiée par les professionnels de santé pour lutter contre la vague actuelle : 44 % des participants (1 176 votants) estiment qu’elle est la réponse appropriée en cas de dégradation de la situation sanitaire.


Sondage réalisé sur le site JIM.fr du 16 novembre au 2 décembre 2021

Ce résultat semble confirmer celui d’un autre sondage organisé par le JIM début août et qui indiquait que 51 % des professionnels de santé étaient favorable à l’obligation vaccinale contre la Covid-19 pour l’ensemble de la population adulte (et jusqu’à 66 % en se limitant aux populations à risque). Ces dernières semaines, plusieurs pays d’Europe comme l’Allemagne, l’Autriche et la Grèce ont annoncé envisager de mettre en place une telle obligation début 2022. La présidente de la Commission Européenne Ursula von der Leyen s’est dite quant à elle favorable à une « réflexion sur l’obligation vaccinale » au sein de l’Union Européenne.

La « pénalisation » des non-vaccinés rejetée

En revanche, nos lecteurs se montrent nettement plus mitigés vis-à-vis des mesures « discriminatoires » contre les non-vaccinés tels que celles prises par exemple en Allemagne, en Autriche ou en Italie. Ainsi, seulement 10 % des répondants optent pour un confinement des non-vaccinés, mise en place pour la première fois en Autriche (et abandonné depuis) et 15 % pour un passe vaccinal.

Quant à la solution du gouvernement, celle du statuquo, elle se trouve minoritaire : 29 % des médecins estiment qu’aucune des mesures évoquées (obligation vaccinale, confinement des non-vaccinés ou passe vaccinal) n’est nécessaire pour lutter contre la vague actuelle. Seules les prochaines semaines permettront de dire si l’approche choisie par les autorités était la bonne.

Nicolas Barbet

Copyright © http://www.jim.fr

Réagir

Vos réactions (5)

  • Puisque personnne ne réagit...

    Le 10 décembre 2021

    On va le faire à l'anglaise, c'est à dire auto diag et auto prescription interdits.
    Cas isolé et personnel n'est pas généralité, c'est évident.
    Mais quand le confrère local déclare que toute discussion sur le sujet est close d'avance...

    Cas : lui, 69 ans, aucun traitement, aucune pathologie, sportif. A perdu un oeil avec le vaccin antivariolique (encéphalite aigue). Mais pas pour autant "antivax" face aux maladies létales. Confronté occasionnellement à Ebola, sans dommage.
    Elle : Même profil, aucune pathologie, jamais malade.

    Tous deux non vaccinés.
    Cas contacts tous les deux.
    Elle, 62 ans, positive, T maxi 37.5°, léger rhume en voie de guérison.
    Lui négatif.
    Mesures de confinement du couple : aucune ! Et on assume.

    Comparé aux risques avérés (mais niés par l'ONIAM) du vaccin, certains voudraient le rendre obligatoire ? Triste...

    Allez, entraînez vous pour une téléconsultation, expliquez moi pourquoi malgré une Covid partie permanente je reste négatif et pourquoi je devrais me faire vacciner.
    Et je ne suis pas suédois...
    Les réponses étayées empreintes d'humour seront les bienvenues.
    Faisons semblant d'être jeunes et en salle de garde...

    Dominique Barbelet

  • Et donc ?

    Le 10 décembre 2021

    Reste à passer du radio-crochet au courage politique en climat pré-électoral, loin des idéologues et / ou bobo onusiens qui évoquent plus souvent Droits que Devoirs.
    Nous discriminons chaque jour ceux qui n'appliquent pas la Loi, si loi il y a. La conséquence est connue : la Sanction
    La démocratie évoquée par le Pr Delfraissy, c'est aussi celle de pouvoir être soigné pour la majorité : les vaccinés. Rien n'est moins sûr , aprés une interminable période de pédagogie musclée.

    Pourquoi ce blocage sur l'obligation vaccinale des > 18ans ? Des considérations idéologiques et non sanitaires certes mais aussi un effrayant constat d'échec face à l'acutisation des égocentrismes.

    Dr JP Bonnet

  • Obligation vaccinale

    Le 10 décembre 2021

    Ok...on "n'oblige" pas les français a se faire vacciner .. mais on menace les vaccinés de suppression de passe sanitaire en cas de non réalisation de la 3 ème dose... Oulala je ne saisis pas tout..Ceci dit ... Je crois ne pas être la seule...

    Dr Kristine Rimaniol-Rolland

Voir toutes les réactions (5)

Réagir à cet article