Santé numérique : la formation à l’honneur

Paris, le jeudi 9 décembre 2021 – L’épidémie de Covid a favorisé le déploiement de la télémédecine : beaucoup de praticiens qui demeuraient réservés s’y sont en effet convertis face à l’urgence. Si ce mouvement en partie contraint par les circonstances a permis de lever de nombreuses idées reçues et appréhensions, il a parallèlement mis en évidence différents freins. Face à ces derniers, le gouvernement a présenté il y a quelques semaines sa « Stratégie d’accélération : Santé numérique ». Il s’agit d’une réponse au « retard » de la France, constaté par les pouvoirs publics et qui est expliqué par « un déficit d’investissements dans les infrastructures numériques, la complexité de systèmes créés en silo, un manque d’acceptabilité et de confiance dans le numérique, tant par le grand public que par les professionnels, et une carence de formation des professionnels de la santé et des ingénieurs aux enjeux de la santé ».

Des modules sur la santé numérique dans toutes les formations médicales et paramédicales

Ainsi, et avec pour objectif de faire de la France un « leader mondial de la santé numérique », un effort financier historique de 2 milliards d’euros a été engagé. L’accent est notamment mis sur la formation, avec 81 millions d’euros dédiés à ce champ. Il apparaît en effet que les formations initiales des professionnels de santé, paramédicaux et des travailleurs sociaux ne laissent encore aujourd’hui que peu de place à la santé numérique. Aussi, la « Stratégie d’accélération » se donne pour objectif d’ici 5 ans de former 210 000 étudiants en santé dans 24 filières et 34 universités. Concrètement, des modules dédiés au numérique en santé devraient être intégrés dans les plaquettes de toutes les formations médicales, paramédicales et des travailleurs sociaux. « Ces enseignements s’appuieront sur un référentiel socle de compétences transversal à toutes les formations (…) intégrant entre autres les compétences relatives à la cybersécurité en santé, la télésanté ou les données de santé (…). Il est prévu d’intégrer dans le dispositif une évaluation des compétences via la plateforme PIX » précise le gouvernement dans son plan.

Réduire les fractures numériques

Parallèlement, 2000 ingénieurs et spécialistes du numérique devraient être diplômés en santé numérique d’ici cinq ans. Il s’agit en effet de mieux sensibiliser ces spécialistes du numérique à la spécificité de ces sujets, en créant par exemple des parcours dédiés aux dispositifs médicaux. La stratégie se donne également pour objectif de former avant 2027, 200 juristes spécialisés. Enfin, outre la formation des futurs professionnels de santé, ingénieurs et juristes, l’ambition des pouvoirs publics est également de « réduire les fractures numériques ». Il s’agit de « promouvoir le diagnostic des compétences en santé numérique chez les usagers du système de santé et de permettre leur renforcement, indépendamment du niveau socio-culturel et de l’état psycho-psychique, afin de faciliter l’accès à la santé, de réduire les inégalités et de renforcer l’autonomie ».
Vaste programme.

Léa Crébat

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Vos réactions (1)

  • Il y a des choses que la telemedecine ne fera jamais

    Le 09 décembre 2021

    Comme la base: inspection, palpation, examen...
    A quand les bras robotisés pour faire un TV ou un TR ?
    Pour mesurer précisément une zone de cellulalgie, une allodynie ou une hyperpathie ?
    Qu'un audiogramme, voire un ECG soit faisable a condition que quelque sache mettre les électrodes, pourquoi pas. Qu'à la limite une tache cutanée soit examinable à distance par une loupe, peut-être.
    Mais le jour où les algorithmes sauront tout faire à distance dans des cabines pré-équipées n'est pas pour demain. Sinon inutile de former des médecins. Surtout me semble-t-il que la surspecialisation sera privilégiée au détriment des indispensables regard et expériences d'un généraliste.

    Pr A. Muller

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