Plaidoyer pour un supplément d’AME

Interview du Dr Patrick Bouffard, Cardiologue (Paris), secrétaire général adjoint de Médecins du Monde

Le gouvernement a décidé de faire évoluer les conditions d’accès à l’Aide médicale d’Etat (AME), dispositif permettant aux personnes immigrées sans papier les plus précaires de bénéficier de soins gratuits. Ce projet de réforme est largement décrié par plusieurs associations, syndicats de médecins et même par l’Ordre.

Sans surprise, Médecins du Monde a été l’une des premières organisations à sensibiliser le grand public sur les dangers d’un durcissement de l’accès aux soins des étrangers en situation irrégulière.

Pour les lecteurs du JIM, le Dr Patrick Bouffard explique la position de l’ONG dont il est le secrétaire général adjoint.

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  • Les nationaux n'ont pas tous accès aux mêmes soins non urgents

    Le 26 décembre 2019

    Bien timide réforme que notre confrère cardiologue trouve non éthique. Non éthique le fait de différer une prothèse du genou ou des soins de kinés ? Je crois qu'il ne faut pas confondre éthique médicale et stratégies de gestion des migrants. Les nationaux aussi n'ont pas tous accès aux mêmes soins non urgents, allez donc obtenir une rééducation en prison que vous obtiendriez dehors. Pourtant nous avons une des meilleures si ce n'est la meilleure loi du monde sur la médecine en milieu pénitentiaire et je ne soupçonne pas ceux qui l'ont exercé comme moi pendant quarante ans de n'être pas dans des positions éthiques vis à vis de la qualité des soins.

    Dr Pierre Lamothe

  • Une élémentaire empathie

    Le 30 décembre 2019

    Notre confrère dit que l'AME représente un budget très modeste, stable, et permet d'administrer des soins de santé primaire essentiels à la non-aggravation de pathologies susceptibles de s'aggraver et d'être plus coûteuses et utiles au soulagement des patients.

    Il fait remarquer que l'échec du recours à l'AME conduit à l'augmentation des passages aux Urgences.
    Enfin, il souligne l'alourdissement des procédures administratives, en vue de susciter plus de renoncements, mais dont le coût en temps et donc en matière financière outrepasse largement les "bénéfices" au mépris d'une élémentaire empathie vis-à-vis de migrants en très grande majorité poussés par leurs mauvaises conditions de vie.

    Dr Marie Paule Cabrol

  • Principe de soin universel

    Le 07 janvier 2020

    Je partage à 100% ce point de vue. S'en prendre à l'AME (une remise en cause tous les 6 mois en 2019) est une manipulation politique visant à influencer les politiques migratoires et faire un clin d'oeil à l'électorat le plus "antimigratoire". Comme si l'AME, une goutte d'eau, était le problème principal mettant en péril notre système de santé. Oui c'est une remise en cause du principe de soin universel et du serment d'hypocrate si les soignants se retrouvent dans l'impossibilité de soigner une population ciblée.

    Oui les associations qui s'occupent de la santé des personnes en situation de précarité, constatent chaque jour l'ampleur de la population des personnes exclues du système de soin, qui ignore ses droits, plutôt que celle, insignifiante, de ceux qui frauderaient.

    Dr Patrice Herait
    Relais Ecoute Santé
    Secours Populaire du Val d'Oise

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