Surveillance des variants en France : où en sommes nous ?

Interview du Dr Bruno Coignard, Directeur maladies infectieuses, Santé Publique France


Chapitres


La circulation des variants d’intérêt anglais, sud africains et brésiliens est encore minoritaire sur le territoire français avec 14% des cas détectés au 27 janvier. Mais les risques de reprise épidémique, d’échappement immunitaire et vaccinal qu’ils représentent imposent à la France de renforcer rapidement leur surveillance génomique. Dans cette course contre les variants, les moyens mis en place en France sont-ils suffisants ? Le Docteur Bruno Coignard, directeur Maladies infectieuses à Santé Publique France fait un point de situation.
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Vos réactions (3)

  • Dénomination des variants

    Le 12 février 2021

    Ne devrait-on pas parler de variant "de type" sud africain ou anglais car les mutations d'un virus à ARN en cours de circulation épidémique peuvent se produire partout, indépendamment du territoire géographique où il circule. S'il est logique que les premiers cas de variants détectés en France venaient de pays où la mutation s'était produite plus tôt, il est probable que les mutations B 117 ou B 1351 vont pouvoir se produire aussi en France, l'histoire naturelle du virus et la pression de sélection étant la même partout.

    Dr Dominique Jaubert

  • Pas tout à fait exact

    Le 14 février 2021

    Je croyais qu'il y avait un cluster en Moselle du variant détecté en Afrique du Sud et que les personnes contaminées n'avaient pas voyagé. De plus la surveillance génomique ne suffit pas et des mesures d'isolement strict des cluster me semble urgentes et indispensable afin de limiter l'extension de ces variants. Enfin le variant sud africain est apparu alors que la population était vaccinée par le vaccin d'Astra Zénéca ce qui a favorisé son émergence car ce vaccin n'est pas très efficace et a pu sélectionner la souche sud africaine dans la population vacciné. D'ailleurs ils ont arrêté de vacciner avec ce vaccin. Et les mutations si elles peuvent survenir n'importe où se disséminent ou pas dans la population par proximité géographique (ex Mayotte proche du Brésil avec beaucoup de population qui passe la frontière). Donc si on veut contenir une contamination pas d'autre choix que d'isoler strictement les clusters ce que nous ne faisons pas. Fort à parier que ces variants deviendront rapidement dominants en métropole dans quelques mois.

    Dr Pierre-André Coulon

  • Etude génomique chez les vaccinés ?

    Le 23 février 2021

    Un souci majeur est l'échappement vaccinal.
    Existe-t-il actuellement une large étude de suivi de l'apparition éventuelle de variants dans la population déjà vaccinée?
    En principe, l'apparition de cas symptomatiques devrait être faible mais pas nulle. Il semblerait logique d'explorer immédiatement ces cas pour détecter des mutations qui feraient perdre la capacité neutralisante du sérum de ces vaccinés: pourrait être une alerte précoce: mettre en place une déclaration de tous ces cas?

    Une étude large de suivi de l'apparition de PCR+ chez des vaccinés asymptomatiques donnerait aussi des informations, notamment sur l'évaluation du risque de devenir porteur asymptomatique après vaccination. Dans les études précliniques chez le macaque, la capacité à retrouver le virus était très très faible après vaccination puis inoculation virale.

    Dr Jean Caraux

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