Direct 9 mai : moins de 100 décès en France | La vérité ne se décrète pas à l'applaudimètre

Cette veille quotidienne régulièrement réactualisée vous permet de retrouver rapidement certaines des informations brèves concernant l’épidémie actuelle. Retrouvez tous nos articles sur le Covid-19.

19 h 20 - France : moins de 100 décès

Selon les dernières données de Santé publique France, on compte 22 614 patients Covid + hospitalisés dans notre pays (- 110, 265 admis en 24 h) dont 2 812 en réanimation (-56 , 38 admis en 24 h). Au total, on recense 26 710 décès de Covid-19 dépuis le début de la pandémie (+80 vs + 243). Rappelons, néanmoins, que les chiffres de décès du week-end sont généralement minorés. Malgré tout, soulignons que le samedi 2 mai, on recensait 166 décès de Covid-19.

17 h 30 - L'Académie de médecine rappelle : "la vérité scientifique ne se décrète pas à l'applaudimètre".

Dans un communiqué paru aujourd'hui l'Académie de médecine pointe les dérives dans la recherche d'un traitement contre le Covid-19. Elle souligne : "la vérité scientifique ne se décrète pas à l’applaudimètre. Elle n’émerge pas du discours politique, ni des pétitions, ni des réseaux sociaux. En science, ce n’est ni le poids majoritaire ni l’argument d’autorité qui font loi". Elle rappelle en outre : "l’essai thérapeutique contrôlé randomisé est la seule méthode permettant de répondre à ces questions avec un niveau de preuve élevé".

16 h 30 - De bonne nouvelle sur l'immunisation des patients ayant eu le Covid-19

En Corée du Sud, 292 personnes guéries du Covid-19 avaient été testées une nouvelle fois positives pour le SARS-CoV-2 plusieurs semaines après leur rémission. Aujourd'hui, l'Organisation mondiale de la santé se veut rassurante : "d'après ce que nous savons aujourd’hui, sur la base de données très récentes est que les patients expulsent du matériel ayant persisté dans les poumons, dans le cadre de la phase de rétablissement”. L'OMS qualifie donc ces 292 cas coréens de "faux positifs". En outre, l'agence onusienne estime désormais peu probable qu'un patient ayant été atteint de Covid-19 puisse être infecté une deuxième fois par le SARS-CoV-2.

15 h 30 - Prolongation de l'état d'urgence sanitaire: un accord entre les deux chambres

En commission mixte parlementaire, les députés et les sénateurs ont trouvé aujourd'hui un accord sur le projet de loi de prolongation de l'état d'urgence sanitaire. Le texte, qui prolonge l'état d'urgence sanitaire jusqu'au 10 juillet, doit maintenant être validé dans la journée par l'Assemblée puis le Sénat, dont le vote vaudra adoption définitive. Les députés et les sénateurs ont ainsi trouvé un compromis sur la responsabilité pénale des décideurs publics comme privés, amenés à prendre des mesures pour permettre la sortie du confinement. Ils proposent finalement une modification du code de la santé publique pour tenir compte des «compétences, des pouvoirs et des moyens» dont disposait «l'auteur des faits», dans «la situation de crise ayant justifié l'état d'urgence sanitaire». Députés et sénateurs se sont aussi accordés sur la mise en place d'un suivi des malades grâce à un «système d'information» en lien avec l'Assurance maladie. Les parlementaires ont limité à 3 mois la sauvegarde des données dans ce fichier.

14 h 30 - Un point épidémiologique dans le monde

Selon les données colligées par l'université John Hokins de Baltimore, on compte, dans le monde, 3 959 249 cas de Covid-19 et 275 328 décès de cette maladie. Les trois pays qui ont identifié le plus de cas sont les Etats-Unis (1 289 929 Covid+), l'Espagne (222 857 Covid +) et l'Italie (217 185 Covid +). Les trois pays les plus endeuillés sont les Etats-Unis (77 180 décès), le Royaume Uni (31 316 décès) et l'Italie (30 201 décès).

13 h 30 - Chine : l'autocritique

Li Bin, le vice-ministre chinois de la Santé a reconnu, aujourd'hui, en conférence de presse : "La lutte contre l'épidémie de Covid-19 aura été un grand test pour le système et les capacités de gouvernance du pays (...) Elle a révélé que la Chine avait encore des lacunes dans ses systèmes et mécanismes de prévention et de contrôle des grandes épidémies et dans son système de santé publique".

12 h 30 - Zéro nouveau cas en Slovaquie

Comme la Nouvelle Zélande (voir notre article : Nouvelle-Zélande, le pays qui a vaincu le coronavirus) aucun nouveau cas d'infection par le SARS-CoV-2 n'a été recensé en Slovaquie ces dernières 24 heures !

10 h 45 - Christophe Castaner en "flagrant délit" de non-respect de la distanciation sociale

Le ministre de l’Intérieur s’est rendu dans une usine de fabrication de masques à Annoeuillin, dans le Nord. A cette occasion, il a posé avec une trentaine d’employés sans porter de masque et sans respecter la distanciation qu’il appelle lui-même à tenir. La place Beauvau a admis l’erreur et «regrette» que le cliché «ait été pris dans ces conditions».

10 h 30 - Le prolongement de l'état d'urgence sanitaire voté en première lecture à l'Assemblée nationale

L'Assemblée nationale a voté dans la nuit de vendredi à samedi en première lecture le projet de loi prolongeant l'état d'urgence sanitaire jusqu'au 10 juillet et qui "intègre les enjeux" de la sortie progressive du confinement.

10 h - Un agrégat de cas en Dordogne après des obsèques

Un nouveau foyer de contamination a été détecté dans le département de la Dordogne, selon un communiqué de presse de l'Agence Régionale de Santé Nouvelle-Aquitaine. Un homme, atteint du Covid-19, a assisté à des obsèques dans la commune d'Eglise-Neuve-de-Vergt, fin avril. Si le nombre maximum de 20 personnes a bien été respecté à l’église, plusieurs dizaines d'autres personnes se sont ensuite retrouvées au funérarium et à la réunion de famille. Au total, 103 personnes ont été dépistées. Huit d'entre elles sont Covid + mais les résultats complets du dépistage ne "seront connus au mieux dimanche 10 mai" informe l'ARS Nouvelle-Aquitaine.

9 h - 60 stations de métro resteront fermées lundi

«Environ soixante stations de la RATP resteront fermées à partir du 11 mai», a indiqué le secrétaire d'état aux transports, Jean-Baptiste Djebbari lors d'une conférence de presse, soit une dizaine de plus qu'actuellement.

8 h - Prescription d'Hydroxychloroquine : un médecin libéral rappelé à l'Ordre

Dans un courrier reproduit sur les réseaux sociaux,  le Conseil départemental de Charente-Maritime de l’Ordre des médecins menace de "conséquences disciplinaires" un médecin prescrivant larga manu de l'hydroxychloroquine à ses patients Covid +. La lettre, dont l'authenticité est avérée, fait scandale.

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Vos réactions (3)

  • Une lettre ouverte au Président du Conseil de l'Ordre des médecins

    Le 09 mai 2020

    Professeur Jean CABANE
    1 Allée des Aubépines
    77210 – AVON
    jean.cabane@wanadoo.fr
    0676993400
    Avon, le 5 mai 2020

    Monsieur le Docteur Bouet
    Conseil National de l’Ordre des Médecins

    Monsieur le Président,
    Dans cette période troublée de la pandémie de coronavirus, nous arrivons à un point critique intolérable où il me paraît urgent et évident que la voix des médecins, représentés par leur Ordre, doit se faire entendre pour rétablir les bons caps. Je vous fais donc ici mes propositions, car nous entendons des choses très préoccupantes, de nature à compliquer beaucoup le déconfinement, et à altérer la confiance que les malades et le grand public mettent en nous.

    Il y a eu, et tout le monde le regrette, beaucoup de mensonges sur les masques. Si nous regardons les pays où l’épidémie a été le mieux contenue (Taiwan, Hong Kong, Corée), ce sont ceux où 100 % de la population met un masque, pas chirurgical mais « maison », dès qu’un virus est annoncé. A Hong Kong, aux portes de la Chine, 7 millions d’habitants tassés sur 25km2, seulement 4 morts...sans confinement autre que le masquage et la fermeture des écoles. Personne ne parle de « distanciation » parce que ce n’est ni nécessaire ni faisable. L’étude des femmes enceintes de New York a montré que les cas asymptomatiques de covid19 étaient 7 fois plus fréquents que les symptomatiques, donc restreindre les masques à tel ou tel est sans fondement, il faut que tout le monde soit masqué.

    Cette position de masquage généralisé répond non seulement à la crainte de la 2° vague, mais elle valorise et responsabilise tous les Français, dont jusqu’ici je déplore plutôt l’infantilisation.

    Elle recentre l’action collective sur le seul mode de contamination du virus, la voie respiratoire. Même si certains veulent faire peur en montrant que le virus reste viable quelques heures sur une surface inerte, il n’a jamais été démontré qu’on pouvait se contaminer au SRAS-cov-2 par contact : il est donc tout à fait aberrant de promulguer des « gestes barrière » de lavage obsessionnel, de désinfection, d’application de gel hydroalcoolique, de précautions de bloc opératoire ; de même que de chercher à reprendre une activité des entreprises, des commerces, des transports, des spectacles, des écoles, lycées, etc...avec les préconisations de distanciation que nous entendons actuellement dans les média.

    La seule barrière efficace est le simple masquage qui répond aux questions de sécurité, et si les masques maison bien faits sont mis, cela limitera la consommation et la pollution énormes liées aux masques jetables.

    Je suis très inquiet d’entendre la mise en place de « brigades » chargées de pister les contacts de patients covid19+, et d’une application sur smartphone dans le même but. Ceci relève du travail et de la responsabilité du médecin et uniquement du médecin. Je suis choqué qu’on puisse faire une pareille entorse au secret médical et qu’on puisse envisager que les libertés auxquelles nous sommes si attachés soient ainsi bafouées. Il en va de même de notre liberté de prescription, qu’il ne devrait pas être possible d’altérer, sous peine de voir la confiance de nos malades sérieusement écornée.

    Dans la même ordre d’idées, je n’accepte pas l’usurpation du rôle du pharmacien par l’État qui s’est arrogé le droit d’empêcher un pharmacien de dispenser une molécule courante (hydroxychloroquine).

    Monsieur le Président, vous êtes sur un siège qui permet une prise de parole qui portera car elle sera empreinte d’une volonté légitime de recadrer les missions essentielles de notre profession, dans l’intérêt général. Demandez des mesures de bon sens et efficaces : des masques pour tous tant que le virus circule, pas de pistage ni de flicage mais un travail d’épidémiologie effectué par des médecins, liberté de prescription et monopole médical sauvegardés, pas de distanciation compliquée, infaisable, inutile. Et profitons-en pour redémarrer la santé sur un mode plus sain, libre et sans influence, tant en ville qu’à l’hôpital.
    Merci d’avance, Monsieur le Président, de lire et de réfléchir vite à cette lettre ouverte
    Bien confraternellement

    Professeur Jean Cabane

  • Tellement vraie

    Le 10 mai 2020

    C'est tellement vraie et insupportable !
    A savoir le rôle "imposé" aux pharmacies et, pour la première fois en France à ma connaissance, l'interdiction de prescrire un médicament par les médecins.
    Sans parler de tous les mensonges distillés autour...

    Dr Roland Plumeau

  • L'EBM est-elle appropriée à une pathologie comme le Covid ?

    Le 10 mai 2020

    Sauf à remettre en cause la nécessité, la légitimité et l'indépendance de rouages essentiels de notre démocratie, comment pourrions nous contester cette mise au point de l'académie de médecine : "la vérité scientifique ne se décrète pas à l’applaudimètre. Elle n’émerge pas du discours politique, ni des pétitions, ni des réseaux sociaux. En science, ce n’est ni le poids majoritaire ni l’argument d’autorité qui font loi". Elle rappelle en outre : "l’essai thérapeutique contrôlé randomisé est la seule méthode permettant de répondre à ces questions avec un niveau de preuve élevé".

    Je me permets quand même les remarques/questions suivantes: le serment d'Hipocrate fixe clairement ce que doit être la proposition thérapeutique du médecin à son malade. Elle relève rarement d'une démarche scientifique expérimentale stricto-sensu, encore moins d'un essai thérapeutique randomisé et c'est heureux.

    Les essais thérapeutiques contrôlés randomisés sont devenus la pierre angulaire du développement de nouveaux traitements parce qu'ils apportent "un niveau de preuve élevé". Qui peut le contester quand il s'agit d'affections chroniques, de pathologies dont la durée prévisible d'évolution spontanée permet une sortie de l'essai en cas de problème ou d'inefficacité avérés?

    Mais cette approche est elle seule légitime ou même éthique dans des pathologies comme le COVID dont l'évolution est rapide et peu prévisible jusqu'à la rare pneumopathie souvent mortelle? Au risque d'être traduit devant un "tribunal d'inquisition médiatique" par des orthodoxes zélés, je suggère de lire et d'écouter la position sur ce sujet du Pr Didier Raoult et de quelques autres collègues moins connus et peut être moins hérétiques.

    J'en profite pour remercier le Pr Jean Cabane de sa lettre ouverte au Conseil de l'Ordre. J'espère que nous serons nombreux à lui dire que nous partageons la plupart de ses préoccupations et de ses propositions et à lui suggérer de prendre l'initiative d'une démarche collective sans laquelle je crains que nos inquiétudes ne restent "confidentielles".

    Dr Vincent Praloran

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