Il y aurait des formes atypiques de Covid-19 chez le nourrisson !

Les enfants semblent être moins susceptibles de contracter le Covid-19 et s’avèrent aussi moins contagieux que prévu. Ces constatations a posteriori n’empêchent pas que des cas d’infections surviennent parmi les nourrissons, comme en témoigne une série d’observations publiée en ligne sur le site du Lancet sous la forme d’une lettre à l’éditeur le 27 avril 2020.

Des signes neurologiques dans certains cas

Dans le service de pédiatrie de l’hôpital Trousseau, la suspicion clinique de Covid-19 (fièvre et/ou toux) entraîne une admission dans une unité dédiée à la maladie.

Au cours de la première semaine de la quarantaine en France, quatorze nourrissons (moins 3 mois) ont transité par cette structure : le prélèvement nasopharyngé a révélé la présence du SARS-CoV-2 chez cinq garçons admis en raison d’une fièvre isolée mais mal tolérée.

Aucun symptôme respiratoire n’a été constaté avant l’hospitalisation ou au cours de celle-ci et l’évolution a été rapidement favorable dans tous les cas, sans qu’il soit besoin de passer par une unité de soins intensifs.

Cependant, chez quatre de ces jeunes patients, l’examen clinique a révélé des signes neurologiques à type d’hypotonie axiale, de somnolence ou de gémissements inhabituels : ce tableau a fait pratiquer une ponction lombaire qui n’a révélé aucune anomalie ni cytologique ni biochimique. La recherche du SARS-CoV-2 dans le liquide céphalo-rachidien s’est par ailleurs avérée négative. Aucun médicament autre que l’acétaminophène n’a été utilisé. La durée de l’hospitalisation a été comprise entre un et trois jours. Dans les deux semaines qui ont suivi, l’évolution est restée tout à fait favorable.

Et peut-être des « pseudo maladies de Kawasaki »

Cette petite série fait donc état de cinq cas bénins de Covid-19 concernant des nourrissons. Elle suggère que toute fièvre isolée à cet âge, surtout accompagnée de signes neurologiques, doit faire évoquer le diagnostic de la maladie qui doit être alors confirmé par RT-PCR. Par ailleurs, tous les parents des enfants inclus dans cette série avaient présenté des signes respiratoires à type de rhinite, de toux ou de fièvre dans la semaine ayant précédé les hospitalisations, autant de signes orientant vers un Covid-19 et reflétant la possibilité d’une contamination familiale.

Mais les tableaux cliniques atypiques décrits ici ne pourraient être qu’un aspect de l’affection chez les sujets jeunes. Ainsi, une alerte vient d’être lancée au Royaume-Uni et en France devant l’apparition de plusieurs cas d’un syndrome proche de la maladie de Kawasaki chez de jeunes enfants. Preuve que le virus n’a pas encore exprimé la totalité de ses manifestations cliniques qui n’épargnent apparemment aucune tranche d’âge…

Dr Philippe Tellier

Référence
Nathan N et coll. : Atypical presentation of COVID-19 in young infants. Lancet 2020 (27 avril) : publication avancée en ligne. doi.org/10.1016/ S0140-6736(20)30980-6.

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Vos réactions (2)

  • Poursuivre les recherches

    Le 29 avril 2020

    Dans cet environnement en contexte épidémique il est évident qu'il serait difficile de ne pas trouver sur des prélèvements du SARS-covid 19 chez des nourrissons !
    Ce virus est il responsable des signes cliniques modérés ? Evolution rapide en 2 à 3 jours...
    Bien des inconnus persistent et nous invitent à rester attentifs et poursuivre les recherches.

    Dr Roland Plumeau

  • La solution au Covid est probablement dans le calcitriol

    Le 04 mai 2020

    Cher Docteur Philippe Tellier, votre article est très intéressant et illustre en filigrane l'hypothèse que j’émets depuis un mois...dans le "vacarme muet" d'une réponse médiatique !
    J'ai 70 ans (sans nulle altération cognitive) et fut rodé aux vertus holistiques du raisonnement "grand angle" et pluri viscéral en dominos, de la médecine interne...La Reine des médecines selon feu mes vieux maîtres en néphrologie !

    Pour le Covid, je pense qu'une grande partie des causes de "susceptibilité à risque de complications graves", et aussi la solution, se jouent avant tout dans le rein !

    Et pardon, mais tous les virologues ont trop le nez sur la vitre de ce petit merdeux de bout d'ARN très largement inoffensif pour 8 à 9 sujets sur 10. Vieillesse et obésité/HTA expliquent quasiment tout les déréglements morbides en jeu ici, selon moi.
    J'ai fait une lettre de 14 pages qui étaye mon raisonnement...merci de me retourner votre adresse courriel pour que je vous l'envoie en pièce jointe.

    Dr Francis Hennebois

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