Amélioration du pronostic des cancers bronchopulmonaires en France

Les études KBP-CPHG sont des études observationnelles réalisées dans les hôpitaux généraux non universitaires (82 centres en France) menées tous les 10 ans sous l’égide du CPHG (Collège des Pneumologues des Hôpitaux Généraux). Les résultats préliminaires de la 3ème cohorte, celle de 2020 portant sur 8999 patients, ont été présentés par Didier Debieuvre (Mulhouse), coordinateur des études (les données manquent pour 2515 patients).

Amélioration nette de la survie en 20 ans

La mortalité à long terme a fortement baissé par rapport à la cohorte 2000 : -15,6 % à 1 an et -26,6 % à 2 ans, le taux de survie à 2 ans passant de 21,2 % à 47,8 %. La médiane de survie a aussi quasiment doublé en 20 ans, en passant de 8,8 mois à 17,1 mois. Par ailleurs, si on exclut les patients décédés au cours des 3 premiers mois (majoritairement non traités), le différentiel atteint 34,3 % à 2 ans.

La survie s’améliore quelle que soit l’histologie, y compris pour le cancer bronchique à petites cellules pour lequel la différence de survie en 20 ans atteint 16,8 %, tandis que pour le cancer non à petites cellules non métastatique il est de 38,1 %, de 26,4 % pour le non épidermoïde non métastatique et 19,0 % pour les cancers épidermoïdes métastatiques.

L’étude a également montré que le cancer du poumon progresse chez la femme, elles représentent 35 % de la cohorte en 2020 (versus 16 % en 2000). Les femmes ont vu leur survie à 2 ans augmenter de 32,0 % depuis 2000 versus 23,0 % pour les hommes.

Nécessité d’un dépistage précoce

En revanche, la mortalité précoce à 3 mois est toujours importante et évolue peu par rapport à celle des deux cohortes précédentes, avec une augmentation modeste de la survie à 3 mois de 4,4 % (p=0,0001) en 20 ans. Le Dr Debieuvre relie cette relative stabilité au fait que la majorité des patients (60 %) sont diagnostiqués au stade métastatique, non ou peu curable, et ainsi non traités.

Le dépistage demeure un élément majeur en termes de survie. On constate que le stade TNM est toujours extrêmement déterminant du pronostic à 2 ans : mortalité à 2 ans de 10,6 % au stade I, 20,5 % au stade II, 40,4 % au stade III et 68,4 % au stade IV, stade auquel la survie est 3 fois moins importante qu’au stade I (31,6 % contre 89,4 %).

Impact de la Covid-19 et du cannabis

La cohorte 2020 a aussi une particularité, nommée Covid-19. L’analyse des 283 cas de Covid-19 de l’année 2020 (avant la vaccination) a montré que plus de la moitié d’entre eux sont décédés à 5 mois, soit un risque de mortalité multiplié par 3,34 par rapport aux patients avec cancer bronchopulmonaire sans Covid-19, ce qui a clairement impacté négativement le bénéfice observé pour l’ensemble de la cohorte.

Quant à la consommation de cannabis, incluse dans l’analyse 2020, il apparaît qu’elle impacte l’âge moyen au diagnostic du cancer bronchopulmonaire (53 ans contre 65 ans en cas de tabagisme seul, HR=6,53, p<0,0001), mais sans différence significative en termes de mortalité.

Dr Bertrand Herer

Référence
D’après la communication du Dr Didier Debieuvre. KBP-2020-CPHG. Les premiers enseignements à 2 ans, Session Actualités. 7ème Congrès de Pneumologie de Langue Française – Marseille 27-29 janvier 2023

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