Faut-il réglementer les médecines alternatives ?

Paris, le samedi 27 mai 2023 – Déremboursement de l’homéopathie, mise à l’index des naturopathes (et autres « praticiens non conventionnels ») de l’annuaire Doctolib des professionnels de santé, travail inlassable d’une poignée de médecins sur les réseaux sociaux pour rappeler l’inefficacité de certaines pratiques comme l’ostéopathie : rien n’y fait, les Français continuent à plébisciter ce type d’approches… il faut dire défendues par un grand nombre de praticiens soit médiatiquement (comme Michel Cymès) soit académiquement reconnus (nombre de professeurs de médecine ont signé des tribunes récentes en faveur d’une perspective nouvelle sur les « médecines complémentaires »). Une récente enquête réalisée par Odoxa pour l’Union nationale des associations de défense des familles et de l’individu victimes de secte (Unadfi), avec le soutien financier de la Miviludes, révèle en effet que 70 % des Français interrogés ont une image positive des thérapies alternatives. Ils sont mêmes jusqu’à 57 % à considérer que ces dernières sont au moins aussi efficaces que la médecine classique… même si quand on les interroge sur les pathologies les plus graves, ils ne sont plus que (mais tout de même) 36 % à soutenir la même idée.

Un bouclier fragile

Face à un tel engouement, quelle réponse peuvent et doivent apporter les pouvoirs publics ? Les dangers associés aux médecines alternatives sont nombreux et ont souvent été énumérés ici. Qu’il s’agisse d’un risque direct en raison de pratiques nocives (ce qui peut par exemple être le cas avec les manipulations ostéo-crâniennes des nourrissons), les retards de traitement ou encore d’une façon plus générale la discréditation de la médecine fondée sur les preuves scientifiques, les menaces sont multiples.

L’interdiction, outre le fait qu’elle doit s’équilibrer avec les principes fondamentaux de liberté, semble être une méthode à utiliser avec précaution, notamment parce que la « clandestinité » pourrait encore renforcer le risque de dérives sectaires dont on sait qu’il est grandement associé à ces médecines dites complémentaires (mais qui n’apportent que très rarement un vrai complément). Le contrôle et la régulation sont dès lors des voies à privilégier, même s’il est illusoire de penser qu’elles effaceront totalement le charlatanisme. Pourtant, favorables à une telle solution, des membres du Collège universitaire des médecines intégratives et complémentaires auteurs d’une tribune publiée dans le Monde en novembre dernier observaient ainsi : « La loi du 9 août 2004 réglementant l’usage du titre de psychothérapeute est, à ce titre, remarquable. Depuis le décret du 7 mai 2012, l’obtention de ce titre par l’agence régionale de santé est conditionné à une formation théorique minimale pouvant aller jusqu’à quatre cents heures et à cinq mois de stage (pour les candidats n’ayant pas de formation initiale en médecine ou en psychologie). Cette loi a-t-elle fait disparaître les charlatans de l’écoute, les conseillers thérapeutes, les gourous ? Certes non ».

De la même manière, l’IGAS a cette semaine noté qu’en dépit des efforts de labellisation engagés ces dernières années concernant les écoles d’ostéopathie, des manquements significatifs persistent. Néanmoins, les auteurs de la tribune, dont Fabrice Berna, professeur de psychiatrie à l’université de Strasbourg est le premier signataire, renchérissent : « Et, on peut ajouter que, même dans le cadre de la médecine conventionnelle, certains professionnels insuffisamment compétents exercent ! Mais cette loi a eu le mérite d’offrir un cadre réglementaire lisible, garant d’une certaine sécurité et d’une certaine éthique du soin. Les patients disposent désormais d’un repère pour mieux choisir vers qui s’orienter ».

Aveu d’échec

Aussi, plaident-ils pour une réglementation plus large et signalent que plusieurs de nos voisins ont fait un tel choix. « C’est ce choix qu’ont fait certains de nos voisins européens, en Allemagne depuis presque cent ans, en Suisse depuis moins de dix ans. Leur exemple pourrait être une source d’inspiration pour sortir de notre impasse française consistant en une contradiction caricaturale qui dénonce tout en laissant faire » notent-ils.

Bien sûr le contrôle apporté par la réglementation ne peut cependant pour certains amoindrir l’aveu d’échec qu’une telle mesure suppose. Echec de l’éducation à l’esprit scientifique en santé qui aurait dû permettre de détourner les patients de pratiques non fondées sur les sciences. Par ailleurs, les plus dubitatifs quant à la pertinence d’une réglementation notent que cette « légitimation » des médecines parallèles (ardemment souhaitée par un grand nombre de représentants des ostéopathes, naturopathes et autres énergéticiens) risque de renforcer encore le sentiment partagé par beaucoup (y compris chez les professionnels de santé) que la médecine n’est pas une science comme les autres.

Enfin, l’aveu d’échec concerne également la constatation de l’incapacité de la médecine fondée sur les preuves (souvent appelée médecine « conventionnelle », terme qui ne rend pas compte de la légitimité de sa différence avec les pratiques alternatives) à répondre au défi rempli par l’ostéopathie, la naturopathie et autres. C’est-à-dire la prise en compte du patient dans sa globalité, son écoute complète, qu’oublient trop souvent les médecins « classiques » (faute de temps principalement) favorisant l’échappement des patients vers d’autres praticiens.

Médecine intégrative : une supercherie trop séduisante pour être honnête

Ces réserves (majeures) mises à part, les grandes questions de la régulation et du contrôle concernent les instances en charge de ces missions et les critères appliqués. Le ministre délégué aux professions de santé Agnès Firmin Le Bodo a annoncé en mars la création d’un « comité d’appui pour l’encadrement des pratiques de soins non conventionnelles (…) afin que cessent par exemple, de coexister (…) de façon indifférenciée les dérives sectaires et les pratiques auxquelles ont recours des professionnels de santé en appui de l’exercice ». La composition de ce comité d’appui n’est pas encore dévoilée mais les pistes interrogent. Outre le fait qu’Agnès-Firmin Le Bodo n’a pas hésité lors qu’elle était député à apporter son soutien à la controversée agence des médecines complémentaires et adaptées, on sait que les travaux souhaités par le ministre devraient être suivis par le Professeur Grégory Nicot, entre autres vice-président du collège universitaire des médecines intégratives et complémentaires. Or, la notion même de « médecine intégrative » doit susciter une certaine réserve.

Le professeur Edzard Ernst (université d'Exeter, Royaume-Uni) décryptait dans l’Express en novembre dernier combien les « axiomes » de la médecine intégrative, aussi séduisants puissent-ils paraître sont en réalité trompeurs, voire « absurdes ». « Dans le domaine des thérapies alternatives, peu de sujets sont plus trompeurs que celui, très à la mode, de la "médecine intégrative". Pour ses partisans, la médecine intégrative repose principalement sur deux principes. Le premier est celui de la "prise en charge globale de la personne", et le second est souvent appelé "le meilleur des deux mondes". (…) Les praticiens des soins de santé intégratifs, nous dit-on, ne se contentent pas de traiter les plaintes physiques d'un patient, mais s'occupent de l'individu dans son ensemble : corps, esprit et âme. Cela semble séduisant pour les patients et, à première vue, cette approche est tout à fait louable. Pourtant, un examen plus attentif révèle des problèmes majeurs. La vérité est que toute bonne médecine est, était et sera toujours holistique : les médecins de famille d'aujourd'hui, par exemple, devraient s'occuper de leurs patients en tant qu'individus à part entière, traitant du mieux qu'ils le peuvent les problèmes physiques ainsi que les questions sociales et même spirituelles médicalement pertinentes. (…) Déléguer l'holisme aux praticiens de la médecine intégrative reviendrait à abandonner un élément essentiel des bons soins de santé et à rendre un très mauvais service aux patients d'aujourd'hui, au détriment des soins de santé de demain. Il s'ensuit que la promotion de la médecine intégrative sous la bannière de l'holisme est un non-sens total. (…) La médecine intégrative est souvent décrite comme "le meilleur des deux mondes". Ses défenseurs prétendent utiliser le "meilleur" de la médecine alternative et le combiner avec le "meilleur" de la médecine conventionnelle. Là encore, ce concept semble louable. Mais, à y regarder de plus près, de sérieux doutes apparaissent. Ils s'articulent autour de l'utilisation du terme "meilleur". Nous devons nous demander ce que signifie le terme "meilleur" dans le contexte des soins de santé. (…) Le terme "meilleur" ne peut que désigner "le plus efficace" ou, plus précisément, "associé au bilan bénéfices - risques le plus positif et le plus convaincant". Si nous comprenons le "meilleur des deux mondes" de cette manière, le concept devient pratiquement synonyme de "médecine fondée sur les preuves" (Evidence Based Medicine en anglais) sur laquelle reposent les soins de santé modernes. (…) Et si "le meilleur des deux mondes" est synonyme de médecine basée sur les preuves, nous n'avons alors clairement pas besoin de cette duplicité déroutante qu'est la médecine intégrative ; elle ne ferait que détourner les efforts prometteurs de la "vraie" médecine pour améliorer continuellement les soins de santé. En d'autres termes, le deuxième axiome de la médecine intégrative est aussi absurde que le premier », assassinait-il.

Quel consentement éclairé avec des thérapies dont l’efficacité n’a pas été prouvée ? 

Cette argumentation concernant « le meilleur des deux mondes » montre combien est délicat (pour ne pas dire hypocrite) le choix des critères pour mettre en place la réglementation et le contrôle des pratiques alternatives. Dans un texte plus récent, le professeur Ersnt mettait en évidence à travers un exemple les limites d’une réglementation. « La loi garantirait que les praticiens respectent les règles fondamentales de l’éthique médicale (avec la nécessité d’un consentement éclairé du patient par exemple) et ne proposent que des pratiques ayant démontré leur efficacité. Mais cela crée un problème apparemment insurmontable, car la plupart des méthodes alternatives ne sont PAS fondées sur des preuves. Un simple scénario pourrait expliquer cela plus en détail. Imaginons qu’un malade souffrant de douleurs abdominales consulte un ostéopathe (qui promeut activement l’idée qu’il peut traiter cette affection). Le praticien souhaite recourir à des manipulations vertébrales mais, pour respecter le principe du consentement éclairé, il doit informer le patient que l’efficacité de ce traitement n’a pas été démontrée et qu’il comporte des risques. En outre, l’ostéopathe serait tenu d’indiquer qu’il ne connaît pas la cause de la douleur, qui pourrait même être un cancer, et qu’un médecin serait bien mieux placé pour établir un diagnostic et entamer une thérapie efficace. Un ostéopathe va-t-il faire tout cela et ainsi perdre son patient et ses honoraires ? Même un exemple aussi simple montre à quel point la réglementation des praticiens des médecines alternatives est une question délicate. Les gouvernements du monde entier se sont heurtés à ce problème et ont mis en place divers types de compromis. Sans exception, ces compromis présentent un inconvénient majeur : ils créent une double norme en matière de soins de santé, avec des règles strictes pour les médecins et d’autres plus souples pour les thérapeutes alternatifs. Or il n’est pas souhaitable d’avoir deux poids, deux mesures », jugeait-il.

Le trompe l’œil de l’auto-régulation

Cependant, l’absence de réglementation, on le sait, et cela est constaté régulièrement facilite les dérives. Parmi elles, l’autorégulation qui donne l’illusion d’un contrôle et crée un sentiment trompeur de sécurité. Ainsi, récemment, la Société anti-usurpateurs du soin (SAUS) a épinglé comment l’annuaire des naturopathes validé par le syndicat des naturopathes pouvait compter des praticiens ayant été formés par Irène Grosjean (dont les théories totalement scandaleuses ont déjà été évoquées dans ces colonnes) et comment la soi-disant vigilance de l’organisation n’était qu’un leurre. Une telle démonstration qui sans être un plaidoyer pour une réglementation par l’Etat (que ne soutient probablement pas la SAUS) est en tout cas une confirmation que si une telle voie était suivie, elle devrait éviter le plus possible d’impliquer les « praticiens » concernés dans les instances de régulation. Mais comment faire pour assurer la bonne volonté des « thérapeutes » ? Voilà une nouvelle interrogation qui semble confirmer encore un peu le caractère illusoire d’une telle entreprise.

Sans avoir l’espoir de trouver des réponses définitives à ces questions, on relira néanmoins la tribune du Collège universitaire des médecines intégratives et complémentaires : https://www.lemonde.fr/idees/article/2022/11/10/il-est-temps-d-accorder-une-place-raisonnee-aux-medecines-alternatives-dans-le-systeme-de-soins_6149270_3232.html

Edzard Ernst,

https://www.lexpress.fr/sciences-sante/sciences/medecine-integrative-les-charlatans-avancent-masques-par-le-pr-edzard-ernst_2183724.html et https://www.lexpress.fr/sciences-sante/medecines-douces-reglementer-oui-mais-comment-par-le-pr-ernst-E7YHFF2VZJAWXCR7CG4K55SVIU/

La Société anti-usurpateurs du soin https://twitter.com/La_saus

Aurélie Haroche

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Vos réactions (18)

  • Médecines alternatives

    Le 27 mai 2023

    Il me semble effectivement, que plus on interdira, plus il y aura d'adeptes de ces médecines.
    Cette mouvance, rassemble beaucoup de complotistes d'antivax, et on connait le raisonnement par l'absurde de ces personnes.
    La difficulté à leur faire changer d avis, on l'a vu pendant la pandémie.
    J'ai l'impression que toute interdiction, et contrôle, va renforcer leur conviction.
    Après tout, ces adeptes des médecines alternatives n'engagent qu'eux même, leur argent et leur santé.
    Mais ils coûtent très cher à la société, lorsqu'ils arrivent aux urgences dans des états, lamentables... et sont bien contents de trouver de bons médecins et de bons chirurgiens... problème insoluble.

    N Salmon, IDE

  • Médecins complémentaires

    Le 27 mai 2023

    Votre réaction d'adolescent d'arrière garde jugeant et dénigrant une pratique que nous sommes des milliers à avoir en cabinet montre bien l'absence de démarche scientifique qui voudrait que l'on expérimente avant de critiquer ! Je suis depuis 1976 dans ces pratiques et si j'avais remarqué que cela ne fonctionnait pas j'aurais arrêté depuis longtemps ! Nous sommes assez responsables pour établir un traitement classique allopathique lorsqu'il est nécessaire et s'entourer des bénéfices des confrères spécialistes et de leur passer la main.
    Depuis un demi siècle je vois passer des articles incendiaires par des gens qui n'ont jamais fait l'effort de se former pendant des années à l'homéopathie...
    Bien confraternellement quand même !

    Dr C Cohen

  • A partir du moment

    Le 27 mai 2023

    Où des médecins soutiennent, et en général ils sont adeptes d'une ou plusieurs pratiques, tout en oubliant de se former a l'EBM, et ou des politiques ont entrouvert des portes, c'est foutu.
    Ces "dérapeuthes" vont continuer de sévir. Il suffit de parcourir le net pour trouver de tout, avec des théories foireuses. On y trouve, images volées ou non je ne sais pas, Cymes promouvant le keto, Cohen le jeune,... et une foule de spécialistes qualifiés par eux-mêmes... c'est plus facile.
    Il faudrait faute de vraies preuves interdire tout ce monde.

    Pr émérite André Muller

  • « L'individu dans son ensemble : corps, esprit et âme »

    Le 27 mai 2023

    « L'individu dans son ensemble : corps, esprit et âme » ai-je lu.
    J’ai toujours entendu que les prêtres, curés, bonzes, imâms, popes, granthis, brahmanes, rabbins, lamas, chamanes, etc étaient les seuls à disposer des compétences nécessaires pour prendre soin des âmes…
    Si j’ai pu observer que certaines personnes fort pieuses se sentent mieux après avoir passé quarante-cinq minutes à marmonner agenouillées sur un banc ou un prie-dieu(x ?), de mon côté, je n’en retirerais qu’un fort mal aux genoux…
    Alors, faire régenter tout cela par la Nation, ses gouvernements successifs et sa Représentation et y déverser les fonds de la Sécu qui peine à financer l’indispensable…

    Dr C Kariger

  • Médecine « alternative »

    Le 27 mai 2023

    C’est clairement un choix entre science et non science, voire anti science, qui touche d’autres domaines que la médecine. Seule une médecine fondée sur les preuves est moralement honnête.

    Dr A Fourmaintraux

  • Médecines alternatives

    Le 27 mai 2023

    Il y a beaucoup de sujets dans cette belle tribune !
    Je veux en pointer quelques aspects.
    Une médecine alternative est destinée à remplacer la médecine conventionnelle,
    Une médecine complémentaire s’ajoute à la médecine conventionnelle.
    D’où l’appellation de l’Union Européenne : médecine non-conventionnelle qui me paraît plus simple et surtout chargée de sens, sauf si vous préférez pratiques non médicamenteuses.
    Vous pointez l’ostéopathie ! La France est le pays dans lequel il y a plus d’écoles d’ostéopathie que dans le monde entier et le nombre des ostéopathes en exercice est plus important que tous ceux exerçant dans le monde ! On peut s’interroger sur ce besoin et surtout quelle signification donner au regard des autres professionnels de la santé.
    Les médecines alternatives, selon l’appellation européenne, sont autorisées, au nom du libre choix de son mode de recours aux soins de santé, tout comme l’automédication, car recourir à une médecine non-conventionnelle, n’est-ce pas pratiquer l’automédication ?
    Pour répondre au titre de cet article, faut-il réglementer ? en tout cas, il faut cadrer ces pratiques alternatives et marquer une coupure nette avec les pratiques relevant du conventionnelle et de l'EBP.

    RR, IFMK

  • Epoque réactionnaire

    Le 27 mai 2023

    Englober l'ostéopathie dans les médecines trompeuses, c'est s'attribuer le droit de définir le mot "preuve" de façon unilatérale et inadaptée à certaines disciplines de santé. C'est refuser qu'elle ait été imposée par le public face à l'obscurantisme et au lobbyisme médical et para-médical. C'est oublier les nombreuse erreurs de la médecine et des sciences officielles, du clystère au coucher obligatoire des nourrissons sur le ventre, en passant par Semelweiss et la phytothérapie, ramenée remise en avant par le Public. C'est cracher sur cette volonté d'être soignés autrement que par des forts en QCM, et avec la bénédiction de "Sainte Randomie". La notion de preuve, perfectionnée dans une partie de la médecine n'est pas applicable à toutes les disciplines. Un psychiatre recoure, heureusement, à une adaptation thérapeutique individuelle impossible à mettre en étude randomisée ; l'ostéopathie n'a nul besoin de telles études, elle est plébiscitée. Y compris par les dirigeants des clubs sportifs professionnels du plus haut niveau. Elle n'a pas de lobby susceptible de financer de telles études, et l'Etat non plus, d'autant plus que l'individu est là dans sa différence, pas dans sa ressemblance. Les études actuelles seront toutes ridiculisées dans 50 ans. C'est ce qui est arrivé à l'homéopathie: études du Pr Nétien, in vivo, dans les années 60/70 ; études du Dr vétérinaire Marie-Noëlle Issauthier, sur des élevages... On piétine les autres et on oublie ses propres et énormes bêtises, proclamées bien haut, pourtant.
    NOUS SOMMES DANS UNE PERIODE REACTIONNAIRE DEPUIS 3 ANS. C'est le contraire du progrès !

    G Barral, pharmacien

  • Ostéopathes : charlatants ou soignants ?

    Le 27 mai 2023

    Avez-vous fait une enquête en bonne et due forme ?
    Je ne crois pas.
    Moi non plus d'ailleurs, mais avant de condamner par préjugés, recourons à une étude empirique qui permettra d'annoncer si oui ou non, certains ostéopathes ont une pratique curative.
    J'ai été soignée pour entorse et tendinites rebelles, constat est que les bienfaits de l'ostéopathie n'étaient pas dues qu'à l'effet placebo.
    Je ne suis pas la seule dans ces cas là.
    Je ne connais pas d'ostéopathes qui manipulent vertèbres ou autres articulations sans avoir consulté rx, scanner ou irm.
    Il y a vraisemblablement des fumistes chez les ostéopathes comme dans toutes professions, dont les médecins.

    Ermeline, cadre santé chargée d'enseignement

  • Le temps c'est le soin, pas l'argent

    Le 27 mai 2023

    "La prise en compte du patient dans sa globalité, son écoute complète, qu’oublient trop souvent les médecins « classiques » (faute de temps principalement)"
    Là est la clé.
    On pourra discuter 100 ans sur la discordance entre "science" et "vécu", tant que la disponibilité des médecins ne s’améliorera pas le problème sera insoluble. Ce manque de disponibilité réduit le sentiment d'être écouté du malade et augmente le risque d'erreur. La question n'est pas scientifique mais politique et sociale. Une médecine globale est un pléonasme. Si sa disponibilité est insuffisante le praticien ne peut faire que de la mauvaise médecine. Les "thérapeutes" non réglementés décident du temps qu'ils passent et facturent en fonction.
    Or la médecine réglementée est englué depuis 75 ans dans le paiement à l'acte en ville et depuis 20 ans dans la T2A à l'hôpital.

    Dr Y Hatchuel

  • Médecines alternatives, ostéopathie

    Le 27 mai 2023

    Un article à charge comme d'habitude... Voici en réponse une histoire vraie que j'avais déjà contée dans ces colonnes : il était une fois un médecin de 80 ans qui souffrait du dos et qui ne pouvait pas marcher plus de 50 m. Il alla consulter son généraliste qui lui prescrivit moult traitements d'AINS puis de corticoïdes. Devant leur inefficacité, il alla consulter une ostéopathe qui enfin l'examina correctement et qui fit le diagnostic de rétrécissement du canal lombaire et de claudication médullaire. Comme il fallait le préciser objectivement, elle me le confia pour la prescription d'une IRM et d'une consultation neurologique. Après deux séances d'ostéopathie, notre vieux médecin, tout ragaillardi, sortit du métro et se rendit au CHU à pied plutôt qu'en taxi. Le neurologue fut obligé de constater que bien que souffrant d'un rétrécissement sévère L2-L5 avec obstruction de la quasi totalité du canal lombaire en L4-L5, il marchait bien : "Aujourd'hui, avant la consultation, il a marché plusieurs km dans Paris sans problème".
    Je peux témoigner que ce vieux médecin a continué à marcher 4km (!) par jour jusqu'à l'âge de 88 ans. "Mais comment avez-vous fait ?" ai-je demandé à l'ostéopathe. "J'ai travaillé uniquement en crânien pour redonner de l'aisance au niveau du fourreau dural".
    Belle économie pour l'assurance maladie qui a évité le remboursement d'une laminectomie.

    Dr J-J. Perret

  • Médecine ou non-médecine ?

    Le 27 mai 2023

    La question est simple : il n'y a qu'une médecine, et le reste est littérature.
    Parler de "médecines alternatives" est un très grave faute conceptuelle. Les pratiques médicales sont nombreuses et variées, mais elles sont toutes de la médecine.
    Les pratiques "alternatives" qui ne sont pas reconnues par les autorités scientifiques compétentes ne sont pas médicales ; celles qui sont en revanche validées sont simplement de la médecine. Répétons le sans relâche, il n'y a pas de médecine alternative.
    Affubler la médecine de qualificatifs est une monstruosité qui ne sert qu'à deux choses :
    1) donner à penser, au bénéfice de la pharmacie, que la médecine se réduit à la consommation de médicaments ;
    2) laisser croire, au bénéfice des charlatans, qu'il est légitime d'appeler médecine des pratiques non recommandées.
    Une bonne médecine doit recourir à tous les moyens qui ont réellement fait leurs preuves, et c'est peut-être la pharmacopée qu'il faut plus souvent considérer comme une alternative...

    Plus de problème. On a trouvé en France une solution aux conduites illégales dans tous les domaines : leur régularisation.

    Dr Pierre Rimbaud

  • Médecines alternatives, où est la Science ?

    Le 30 mai 2023

    La médecine basée sur des preuves ? Complètement d'accord lorsqu'on parle de celle qui guérit 2 cancers sur 3, celle qui augmente la survie des infarctus en phase aiguë, celle qui compare les avantages et les inconvénients des HBPM et de l'Apixaban... Mais tout le reste ? Le Spasfon, le Primpéran, le Débridat qui sont dans les études en double aveugle moins efficaces que l'huile essentielle de menthe qui est elle-même à peine un peu plus efficace que le placebo. Les antidépresseurs ? Ils peinent à monter à 10 % au dessus du placebo dans des études probablement bidouillées par les labos. Ne parlons pas de l'Amoxicilline, cet excellent antibiotique qui ne sert plus qu'à soigner les infections virales ORL, les grippes et les Covid, et encore bien heureux si elle n'est pas associée à 8 jours de Prednisolone à 1mg/kg. On pourrait parler des prescriptions abusives de statines en prévention primaire alors que les preuves de leur utilité manquent cruellement. Et ceux qui font ça se réclameraient de la Science ? Permettez moi de rigoler.

    Dr J-J Perret

  • On confond tout

    Le 02 juin 2023

    J'ai une croyance : je crois en la Science. Elle a fait ses preuves : on peut voler, plonger dans les abysses, aller sur la Lune, fabriquer des automobiles, guérir des maladies qui jadis étaient mortelles, fabriquer des vaccins qui ont fait régresser des maladies infectieuses graves. Tout le reste n'est que croyance et contre une croyance, on ne peut avancer d'arguments. Dieu existe-t-il ou non ? Chacun sa croyance. Bien sûr la science fait des erreurs, mais précisément la science sait se remettre en question et reconnaitre ses erreurs. Je n'ai pas l'impression que ostéopathie, homéopathie etc., ont su depuis des décennies se remettre en question et remettre en question leurs dogmes. En tant qu'expert auprès des tribunaux, un magistrat m'avait confié la mission d'examiner la plainte d'une patiente insatisfaite des "soins" reçus par un ostéopathe. J'avais examiné le dossier ostéopathique de ce "thérapeute". Cela m'avait aussi amené à lire un quantité astronomique de publications dans des revues d'ostéopathie, j'y ai passé un temps fou... Je dois dire que tout cela était véritablement désolant.
    Incidemment, mais il s'agissait sans doute d'ironie, car tout le monde le sait, l'amoxicilline n'a effectivement aucune activité antivirale. Qu'il y ait des publication bidouillées par des labo ou d'autres, cela n'a rien à voir avec la Science : c'est simplement de la malhonnêteté qu'il n'est pas toujours facile, il est vrai, de déceler.

    Dr G Bouteiller

  • Médecines alternatives : Ostéopathie

    Le 03 juin 2023

    Chers collègues,
    Dire que l'ostéopathie n'est pas soutenue par des évidences scientifiques est simplement faux. Il est vrai que dans les années 1990 à 2000, peu de travaux scientifiques à type de méta-analyses et d’études expérimentales contrôlées aléatoires ont été publiées, mais depuis le nombre d’études publiées sur l’efficacité de l’ostéopathie réalisées aux USA et en Europe ne cesse de croitre et continuera à augmenter : il suffit d’effectuer une recherche dans PubMed. Dire que l’ostéopathie est dangereuse chez les nouveau-nés est ridicule, par exemple de nombreux travaux scientifiques appuient son utilisation dans la plagiocéphalie positionnelle (il ne faut pas confondre ostéopathie et chiropraxie). D’autre part si la médecine peut réaliser autant de publications scientifiques, en ostéopathie ni l’état, ni les hôpitaux, ni l’industrie pharmaceutique ne favorisent la réalisation de travaux scientifiques.
    L’ostéopathie dans la majorité des pays est une profession sanitaire, en France non et c’est une ineptie. En France pour cette raison les programmes des écoles d’ostéopathie doivent être améliorés et surveillés.

    Dr François Ricard

  • Médecines alternatives, le placebo

    Le 03 juin 2023

    Lire et relire Patrick Lemoine, Le mystère du placebo.

    Dr A-M Vallet

  • Médecines alternatives, l'inexplicable

    Le 04 juin 2023

    Pourquoi les médecines alternatives existent-elles ? parce que la médecine basée sur les preuves n'a pas répondu. Parce que la science du vivant est bien sur mutante comme le vivant, et aussi limitée bien qu'en continuel perfectionnement.
    Il y a alors la recherche d'autre chose. C'est ce qui conduit aux médecines alternatives.
    C'est l'acte de foi qui leur est donné qui conditionne l'effet placebo, effet dû autant à la prise charge du patient qu'au fantasme du pouvoir de ces médecines alternatives.
    La guérison tient parfois à l'inexplicable ou à l'inexpliqué. Je me garderais bien d'utiliser le mot miracle. Je me souviens d'une patiente qui souffrait de manifestations neurologiques d'un canal lombaire étroit et d'une ostéoporose que j'avais traitée à l'époque par des injections de calcitonine.
    Elle devait être opérée mais en moins d'un mois ses complications radiculaires avaient disparu.
    Elle a crié au miracle.
    J'ai su 5 ans après qu'elle était tombée amoureuse du cuisinier de son EHPAD à ce moment là !
    L'amour lui aussi a des pouvoirs thérapeutiques.

    Dr M-L Sari-Leret

  • Réponse au Dr J-J Perret

    Le 10 juin 2023

    Comment un médecin avec des connaissances anatomiques peut-il adhérer et cautionner la phrase : « J'ai travaillé au niveau crânien pour redonner de l’aisance au fourneau dural » !!!
    Je suis neurochirurgien depuis bientôt 30 ans. J' ai été amené des milliers de fois à fixer (on dit suspendre) la dure-mère au crâne pour toutes mes chirurgies cérébrales. AUCUN de mes patients n’a présenté de claudication radiculaire après ce geste technique. Étonnant, non ?
    Il ne faut pas confondre évolution constatée et relation de cause-à-effet. Nous voyons régulièrement des patients avec un canal étroit très sévère avec un périmètre de marche (PDM) conservé donc le canal lombaire étroit n'empêche pas de marcher. Nous voyons régulièrement des patients opérés d’une laminectomie avec une normalisation du PDM. Donc le canal lombaire étroit empêche de marcher…. Nous voyons des canaux lombaires étroits dont le PDM se normalise après infiltration épidurale … donc les infiltrations élargissent le canal ?!
    Force est de constater que la physiopathologie est parfois obscure et que l’on peut constater des évolutions surprenantes avec certaines thérapeutiques qui n’ont en fait aucun substratum scientifique. Le fait de justifier cette évolution favorable par des explications et théories fumeuses (mobilité, énergie, mémoire de l’eau et autres ondes positives n'engagent sur ceux qui y croient !)
    La prise en charge de ces médecines alternatives par la solidarité nationale et la curieuse impunité médico-légale dont elles bénéficient est un autre débat…

    Dr E. LOuis

  • A quand un débat apaisé?

    Le 10 juin 2023

    Rien que la dénomination "d'alternatives" semblerait biaiser le débat !
    Cet article et les très nombreuses réactions devraient mettre en alerte :
    à quand un débat apaisé où on pourrait enfin parler de "complémentarités possibles " ?
    On ne peut pas mettre tout le monde (les praticiens non médecins ou médecins qui exercent
    des activités hors du champ sacro sain) dans le même sac, se retrancher derrière "la science"
    et mettre sous le tapis les conditions d'exercice de la médecine traditionnelle d'aujourd'hui.
    Beaucoup de questions sont posées dans ce débat et en premier la réglementation : on doit faire le tri entre les praticiens formés, honnêtes et reconnus des autres c'est à dire charlatans, et il y en a et c'est bien là que le bât blesse ; chacun pourrait raconter une anecdote ; j'en ai aussi où le discernement a permis d'éviter des erreurs graves alors qu'on n'est pas médecin !
    Oui , alors réglementons mais dans la sérénité pour le plus grand bénéfice de tous.
    JP.OLU MK retraité

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