Vincent Lambert : les médecins projettent l’arrêt des traitements le 20 mai

Paris, le lundi 13 mai 2019 - Le Docteur Sanchez qui prend en charge au CHU de Reims Vincent Lambert, un infirmier de 42 ans dans un état végétatif chronique, a annoncé à ses proches que les traitements qui le maintiennent en vie seraient interrompus le 20 mai prochain.

C’est peut-être l’épilogue d’une longue et douloureuse affaire. Près de 11 ans après le terrible accident de la circulation qui a placé Vincent Lambert dans un état végétatif chronique, les médecins du CHU de Reims vont arrêter, le 20 mai prochain, la nutrition et l’hydratation artificielle qui le maintiennent en vie, le placer en sédation profonde et le laisser mourir. Cette décision, notifiée par le docteur Sanchez aux proches du patient, est la conséquence de l’arrêt du Conseil d’État du 24 avril 2019 qui, après cinq années de bataille judiciaire, a confirmé la légalité de l’arrêt des soins au regard de la loi Claeys-Leonetti sur la fin de vie.

L’affaire Vincent Lambert, devenue un symbole des débats sur le droit à mourir dans la dignité, déchire sa famille. D’un coté son épouse, son frère et son neveu, qui souhaitent laisser mourir M. Lambert, affirmant qu’il s’était toujours opposé de son vivant à toute forme d’acharnement thérapeutique. De l’autre, les parents et la sœur du patient, qui considèrent qu’il est encore conscient et s’opposent par conséquent à tout arrêt des soins.

« Couloir de la mort »

Suite à l’arrêt du Conseil d’État, ces derniers ont saisi la Cour Européenne des droits de l’Homme (CEDH), qui a rapidement rejeté leur requête le 30 avril dernier ainsi que le Comité International de protection des droits des personnes handicapées de l’ONU (CIDPH). Ce comité a demandé à la France de suspendre l’arrêt des soins le temps de pouvoir examiner l’affaire en profondeur. Mais les recommandations du CIDPH ne sont pas contraignantes pour la France et le CHU de Reims a donc manifestement décidé de passer outre cette demande de sursis à l’arrêt des soins. Comme l’a rappelé le ministre de la santé Agnès Buzyn « juridiquement parlant, tous les recours sont arrivés au bout (…) l’équipe médicale en charge de ce dossier est en droit d’arrêter les soins ».

Aujourd’hui, Rachel Lambert, l’épouse et représentante légale du patient, souhaite que son mari puisse mourir dans la discrétion. « Ce n’est pas la mort de Vincent que je souhaite, mais simplement que sa volonté soit respectée ». Ses parents, eux, continuent leur combat pour le maintenir en vie, envers et contre tout. « C’est au mépris des mesures provisoires ordonnées par l’ONU (…) que le docteur Sanchez a décidé qu’il mourrait dans le couloir de la mort dans lequel il est enfermé à clé depuis des années » affirment leurs avocats. Désormais, ils en appellent au Défenseur des droits Jacques Toubon.

Quentin Haroche

Copyright © http://www.jim.fr

Réagir

Vos réactions (4)

  • Enfin, la fin ?

    Le 14 mai 2019

    Triste que parents et sœur de la victime n'aient pu faire évoluer leur attachement malgré les années (et plus qu'agacé par la rhétorique pitoyable de leurs avocats avec leur "couloir de la mort", mériteraient une sanction pour démagogie minable. Dans ma dictature, les avocats faisant leur beurre sur nombre de supposées fautes médicales et consorts seraient radiés et bannis : on retrouverait un climat de travail plus sain et limiterions les inutiles dépenses-parapluie), mais soulagé pour M. Lambert, ses proches compréhensifs et les soignants que l'on cesse enfin cet absurde feuilleton, bien représentatif de notre capacité à perdre le bon sens dans des arguties soi-disant morales.

    Dr Felix Galeyrand

  • Bien nommer les choses

    Le 14 mai 2019

    Vous parlez d'un "arrêt des soins au regard de la loi Claeys-Leonetti sur la fin de vie", mais Vincent Lambert n'est pas en fin de vie... sauf si on le prive d'alimentation et d'hydratation ou si en plus, alors qu'on parle d'un "arrêt des traitements", on le "place en sédation profonde" dont il n'a nul besoin puisqu'il n'est pas agité, ce "traitement" n'ayant pas d'autre but que de hâter sa mort.

    Dr Michel de Guibert

  • On joue sur les mots

    Le 14 mai 2019

    V. Lambert ne reçoit aucun soin médical. On se borne, et c’est bien moindre, à l’alimenter et à l’hydrater, ce qu’on ne refuse pas à un assssin ou à un terroriste…

    Dr Serge Brisson

Voir toutes les réactions (4)

Réagir à cet article