Le lien se confirme entre les MICI et les aliments ultra-transformés

Les maladies inflammatoires de l’intestin (MICI), maladie de Crohn et rectocolite hémorragique (RCH) sont fréquentes dans les pays industrialisés. Leur incidence a augmenté dans certaines régions où elles étaient rares jusqu’à présent, parallèlement à l’adoption de l’alimentation « occidentale » dans ces pays. Les changements d’habitudes alimentaires sont soupçonnés d’être à l’origine de cet accroissement de l’incidence, du fait de l’augmentation de la consommation de sucres raffinés et de graisses polyinsaturées et de la réduction de la consommation de fibres. Le type d’alimentation modifie le microbiote et la réponse immune intestinale et pourrait ainsi jouer un rôle dans la pathogénie des MICI.

Une étude prospective a été menée pour évaluer la relation entre la consommation d’aliments ultra-transformés et le risque de MICI. Elle inclut près de 120 000 personnes de 35 à 70 ans, résidant dans 21 pays de 7 régions du monde : Europe et Amérique du nord, Amérique du sud, Afrique, Moyen Orient, Asie du sud, Asie de l’est et Chine. Le critère principal était la survenue d’une MICI au cours du suivi (9,7 ans en moyenne), et l’association avec la consommation d’aliments ultra-transformés.

En cause, la transformation plutôt que l’aliment lui-même

Pendant l’étude, un diagnostic de MICI a été porté pour 467 participants (90 maladies de Crohn et 377 RCH).

Les données confirment le lien entre une consommation élevée d’aliments ultra-transformés et le risque de MICI. En comparaison avec la consommation de moins de 1 portion d’aliment ultra-transformé par jour, le risque augmente de 82 % pour ≥ 5 portions quotidiennes, de 67 % pour 1 à 4 portions.

Ces résultats sont valables pour tous les aliments ultra-transformés, aussi bien que pour chacun pris individuellement comme les viandes, les boissons sucrées, les aliments raffinés sucrés, les plats salés et les en-cas, et concernent autant la maladie de Crohn que la RCH. En revanche, les viandes blanches, les viandes rouges non transformées, les féculents, les légumes ne sont pas associés à une augmentation du risque et les auteurs précisent aussi que le taux sérique de sodium des patients n’est pas impliqué. Ils en concluent que les aliments eux-mêmes ne sont sans doute pas à l’origine du lien, mais que la responsabilité en serait plutôt les méthodes de transformation.

Dr Roseline Péluchon

Références
Narula N. et coll.: Association of ultra-processed food intake with risk of inflammatory bowel disease: prospective cohort study
BMJ 2021;374:n1554. doi.org/10.1136/BMJ.N1554

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Vos réactions (1)

  • On abandonne la salazopyrine?

    Le 02 août 2021

    Comment expliquer les effets de la salazopyrine ?

    La sulfasalazine appartient à la classe des médicaments appelés anti-inflammatoires. On l'utilise pour traiter les maladies inflammatoires chroniques de l'intestin comme la colite ulcéreuse, la proctite, la colite ulcéreuse distale et la maladie de Crohn.

    Dr Jean Doremieux

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