Le poids des comorbidités dans la prise en charge de l’asthme bronchique allergique

La présentation de l’asthme bronchique est variable sur le plan clinique mais aussi sur celui des mécanismes physiopathologiques en cause. Or les patients qui souffrent d’un asthme de type 2 (éosinophilique) peuvent bénéficier d’un traitement par biothérapie. Cependant la présence de comorbidités peut être responsable non seulement d’une aggravation de l’asthme mais aussi d’une mauvaise réponse au traitement.

L’identification et l’évaluation de ces comorbidités est donc cruciale, comme le rappellent les auteurs d’une publication récente dans le JIACI (J Investig Allergol Clin Immunol). Parmi ces comorbidités, la rhinosinusite chronique avec polypose nasale, semble particulièrement fréquente dans l’asthme sévère. Elle se traduit par des symptômes tels que la perte d’odorat, la congestion nasale et/ou l’obstruction et la rhinorrhée. Sa présence est associée à une aggravation de l’évolution de l’asthme avec un risque accru d’exacerbations, y compris après ajustement pour l’âge, le sexe, l’adhésion au traitement, l’IMC, l’éosinophilie et le niveau d’IgE. L’effet délétère de la rhinosinusite avec polypose est encore plus prononcé en cas d’asthme sévère initial.

Rhinosinusite avec polypose nasale mais aussi obésité, infections et hyperéosinophilie

L’obésité est une autre comorbidité source de difficulté de prise en charge dans l’asthme. Il a été montré également qu’elle est liée à des poussées plus fréquentes et la nécessité de recourir à une corticothérapie systémique. Ces poussées sont souvent plus sévères que chez des patients non obèses, requérant une ventilation mécanique et un séjour hospitalier prolongé.

La survenue d’infections respiratoires hautes et basses est aussi un facteur de risque d’exacerbations d’asthme. Elles peuvent être liées à un déficit immunitaire et/ou une dilatation des bronches. Ces deux comorbidités doivent être également prises en compte dans la prise en charge de l’asthme en ce qu’elles constituent deux facteurs de risque important d’évolution sévère.

Par ailleurs, même si l’asthme s’accompagne d’une augmentation du taux des éosinophiles sanguins, impliqués dans l’inflammation de la paroi respiratoire, chez les patients qui ont un taux très élevé d’éosinophiles, il faut faire la distinction entre un asthme isolé avec hyperéosinophilie et un asthme entrant dans le cadre de la granulomatose éosinophilique avec polyangéite.

Au total, les diverses raisons pour lesquelles un patient ne répond pas à un traitement biologique sont une mauvaise évaluation du phénotype de l’asthme au départ, la présence de comorbidités, l’inefficacité du traitement dans le contrôle de l’atteinte respiratoire, un asthme ancien avec des conséquences histologiques et fonctionnelles irréversibles, une mauvaise adhésion du patient au traitement et enfin le développement d’anticorps neutralisants contre la biothérapie. 

Dr Marie-Line Barbet

Référence
Matucci A et coll. : Severe Asthma and Biologics: Managing Complex Patients. J Investig Allergol Clin Immunol 2023; Vol. 33(3): 168-178 doi: 10.18176/jiaci.0856

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