Le SARS-CoV-2 reste plus longtemps dans les selles que dans l’arbre respiratoire

La mesure de la charge virale dans les différents tissus donne une estimation de la réplication virale. En pratique, elle permet le suivi des infections sévères : progression clinique, réponse au traitement, guérison et rechute éventuelle.

Une étude rétrospective chinoise a examiné de façon systématique la charge virale dans différents tissus de 96 patients hospitalisés consécutivement pour une infection par le SARS-CoV-2 confirmée. Parmi eux, 22 présentaient une infection bénigne et 74 une infection sévère.

La charge virale était mesurée dans des échantillons respiratoires, le sang, les selles et les urines.

Dans les prélèvements respiratoires pendant 18 jours en médiane

Dans les échantillons respiratoires, le virus est retrouvé pendant une durée médiane de 18 jours (13-29 jours), et selon une cinétique variable en fonction de la gravité de la maladie. Ainsi, dans les formes sévères, la charge virale monte jusqu’au 10e ou 12e jour, mais reste ensuite élevée pendant la 3e et la 4e semaine de la maladie, alors que dans les formes bénignes, la charge virale diminue après le pic de la 2e semaine. La charge virale est non seulement plus prolongée mais aussi plus forte chez les patients plus sévèrement atteints.

22 jours dans les selles quelle que soit la gravité de la maladie

Ces différences selon la gravité de la maladie ne sont pas constatées dans les selles et dans le sang. Dans les selles, le virus est retrouvé chez 59 % des patients, plus longtemps (22 jours ; 17-31) et avec un pic plus tardif que dans les échantillons respiratoires. Pour les auteurs, il faut prendre en compte le rôle éventuel de cette excrétion virale dans la diffusion de la maladie. En revanche un seul échantillon d’urines contenait le virus, au 10e jour d’évolution chez un patient atteint d’une forme très sévère.

Moins souvent présent dans le sang

Dans le sang, le virus n’est retrouvé que chez 41 % des patients, ce qui constitue une différence notable avec les virus responsables du SARS et du MERS, que l’on retrouvait dans 71 % des prélèvements de sang au cours de la première semaine d’évolution et dans 50 % au cours de la 2e semaine. La durée médiane de présence dans le sang est ici de 16 jours (11-21).

Concernant les traitements antiviraux, les auteurs notent que leur type et le moment où ils sont administrés n’ont aucun impact sur la durée de la présence du virus ni sur la charge virale. Le virus est présent plus longtemps chez les hommes que chez les femmes et plus longtemps chez les patients de plus de 60 ans que chez les plus jeunes.

Dr Roseline Péluchon

Références
Zheng S et coll. : Viral load dynamics and disease severity in patients infected with SARS-CoV-2 in Zhejiang province, China, January-March 2020: retrospective cohort study.
BMJ 2020; 369 doi: https://doi.org/10.1136/bmj.m1443 (Publiée le 21 avril 2020)

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Vos réactions (2)

  • Les pédiatres "de terrains" ne se seraient pas fait avoir

    Le 30 avril 2020

    Quelques malades n'avaient pas été diagnostiqués au début car ils présentaient un diarrhée. Les pédiatres "de terrains" ne se seraient pas fait avoir, les coronavirus, comme leurs cousins calicivirus et rotavirus étant à l'origine de gastro-entérites du nourrisson...

    Dr René Mettey

  • Sanitaires scolaires !

    Le 01 mai 2020

    Il serait temps de s'occuper sérieusement de l'état des sanitaires dans les établissements scolaires...

    Dr Johannes Hambura

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