Les protéines végétales réduisent la mortalité cardio-vasculaire

Dans les pays industrialisés, les habitudes alimentaires se sont transformées depuis quelques dizaines d’années, avec une tendance à l’augmentation de la consommation de protéines. Des régimes à haute teneur en protéines sont devenus très populaires, du fait de leurs effets possibles sur la perte de poids, la préservation de la masse musculaire et l’augmentation de la force musculaire.

Certains travaux suggèrent aussi que les régimes riches en protéines, particulièrement celles d’origine végétale, diminuent significativement les taux sanguins de lipides, sans effet significatif sur les taux de HDL- cholestérol ni sur le risque cardio-vasculaire. En revanche, d’autres travaux alertent sur une association significative entre la consommation de protéines animales et l’incidence des pathologies cardio-vasculaires et du cancer, attribuée à la présence, dans les protéines animales, d’acides aminés à haute teneur en soufre.

Méta-analyse portant sur plus de 715 000 participants

Une nouvelle méta-analyse a été menée récemment sur le sujet par une équipe Iranienne. L’objectif était de faire une synthèse des données concernant l’association entre la consommation de protéines et le risque de mortalité toutes causes, de mortalité de cause cardio-vasculaire et de cancer. Au total 31 études prospectives de cohorte ont été retenues pour la méta-analyse, études menées sur des durées allant de 3,5 ans à 32 ans et incluant plus de 715 000 participants.

L’analyse révèle que la consommation totale de protéines est associée à une réduction de 6 % du risque de mortalité toutes causes. La consommation de protéines végétales notamment est associée à une réduction de 8 % de la mortalité toutes causes et de 12 % de la mortalité cardio-vasculaire. En revanche, elle n’est pas associée à des modifications du risque de décès par cancer. Dans cette analyse, il n’apparaît pas d’association significative entre la consommation de protéines animales et le risque de pathologie cardio-vasculaire ou de mortalité par cancer.

Effet dose-dépendant de la consommation de protéines végétales

Ce lien inverse entre la consommation de protéines végétales et la mortalité toutes causes, semble soumis à un effet-dose, et chaque augmentation de 3 % de la consommation énergétique provenant de protéines végétales est associée à une réduction de 5 % du risque de décès toutes causes. L’effet est constaté même dans les travaux de durée inférieure à 15 ans.

Les mécanismes capables d’expliquer cette relation ne sont pas encore bien expliqués. Il peut s’agir d’un effet sur l’indice de masse corporelle, mais aussi de la conséquence de la fermentation bactérienne des protéines végétales, qui pourrait participer à la baisse de la production de métabolites potentiellement toxiques, comme l’ammonium, les phénols, les métabolites du tryptophane ou les sulfures.

Les auteurs recommandent toutefois la prudence dans l’interprétation de ces résultats. En effet, la majorité des travaux inclus dans cette méta-analyse ont été réalisés dans des pays occidentaux et les résultats ne doivent donc pas être extrapolés sans réserve.

Dr Roseline Péluchon

Référence
Naghshi S. et coll. : Dietary intake of total, animal, and plant proteins and risk of all cause, cardiovascular, and cancer mortality: systematic review and dose-response meta-analysis of prospective cohort studies. BMJ2020;370:m2412

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