Prise de poids lors des corticothérapies au long cours, plus de 10 % dans 10 % des cas

La corticothérapie orale au long cours s’avère parfois nécessaire dans la prise en charge des maladies systémiques ou encore des rhumatismes inflammatoires chroniques évolutifs. En pneumologie, l’asthme ou la BPCO sont deux autres indications potentielles parmi les plus fréquentes.

Ce traitement expose à des effets indésirables corrélés à la fois aux doses administrées et à la durée du traitement. Parmi ceux-ci, figure en bonne place la prise de poids liée à plusieurs facteurs, tels la rétention hydrosodée, l’hyperphagie induite par le corticoïde, la redistribution d’adipocytes plus volumineux etc. Néanmoins, tous les patients ne sont pas concernés car il existe des facteurs de risque qui méritent d’être mieux connus.

Les femmes jeunes sont les premières concernées

C’est là l’objectif d’une étude de cohorte prospective britannique dans laquelle ont été inclus 31 516 adultes tous exposés à une corticothérapie orale pendant au moins trois mois à des doses ≥ 10 mg/jour. C’est le poids habituel et non celui estimé juste avant le début du traitement qui a été pris en compte pour calculer les variations pondérales au long cours.

Au total, une prise de poids > 2 kg a été observée chez 12 475 participants (39,6 %). Les femmes jeunes étaient les premières concernées par cette éventualité : dans la tranche d’âge 18-39 ans, l’augmentation du poids corporel a été en moyenne de 3,6 ± 8,6 kg, versus 2,0 ± 7,3 kg dans le reste de la cohorte, soit une différence en valeur absolue de + 1,6 kg (intervalle de confiance à 95 %, 0,9 à 2,2 ; p<0,001).

Risque moindre dans les rhumatismes inflammatoires

Une prise de poids ≥10% n’a été observée que chez 3 208 participants, soit 10,2 % de la cohorte. Plusieurs facteurs de risque ont été identifiés : outre le sexe féminin, le jeune âge, le fait de vivre dans des zones économiquement défavorisées, le tabagisme, le recours à des doses élevées de corticoïdes ou encore l’exposition itérative à ces derniers sont autant de facteurs de risque. En revanche, le risque s’est avéré plus faible quand la corticothérapie était prescrite pour une maladie inflammatoire rhumatismale, à la différence d’autres indications telles l’asthme ou la BPCO exposant à une prise de poids plus fréquente ou plus importante.

Dans cette étude prospective qui porte sur un effectif important et où le poids habituel a servi à estimer la prise de poids, il semble que cette dernière soit globalement modeste pendant les corticothérapies prolongées et ne dépassent 10 % que dans environ 10 % des cas. Le risque semble par ailleurs varier en fonction des indications, plus faible dans les rhumatismes inflammatoires chroniques, plus élevé en cas de BPCO ou d’asthme…

Dr Philippe Tellier

Référence
Fardet L et coll. : Long-term systemic glucocorticoid therapy and weight gain: a population-based cohort study. Rheumatology (Oxford). 2020 publication avancée en ligne le 30 aout. doi: 10.1093/rheumatology/keaa289.

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