Effet favorable sur le profil lipidique d’un traitement substitutif par l’hormone de croissance chez l’enfant

Le déficit en hormone de croissance (GH ou growth hormone) peut appeler un traitement substitutif dès l’enfance. Il s’agit le plus souvent d’une carence idiopathique isolée, plus rarement d’un hypopituitarisme généralisé. Dans les deux cas, c’est la forme recombinante (rhGH) de l’hormone de croissance qui est administrée au long cours. Quel est l’effet d’un tel traitement sur le métabolisme lipidique ?

Une revue de la littérature internationale permet de répondre à la question. Au total, l’analyse a porté sur seize essais thérapeutiques dans lesquels ont été inclus 1 319 enfants atteints d’un déficit idiopathique en GH. Les données individuelles ont été extraites par deux investigateurs indépendants qui ont au passage jugé de la qualité des études. L’amplitude des effets métaboliques de la GH a été estimée sous la forme de différences moyennes pondérées (DMP) entre les groupes traités et non traités, assorties de leurs intervalles de confiance (IC) à 95 %.

Élévation significative des taux plasmatiques de cholestérol total et de HDL-cholestérol

L’hormonothérapie de substitution a entraîné à long terme une baisse significative quoique modeste de la cholestérolémie totale, la DMP correspondante étant estimée à -0,20 mmol/l (IC 95 % : -0,30 à -0,10 ; p < 0,001). Parallèlement, les taux plasmatiques de HDL-cholestérol ont augmenté, la DMP étant de + 0,29 mmol/l (IC 95 % : 0,24 à 0,33 ; p < 0,001). Pour ce qui est des taux plasmatiques de LDL-cholestérol, la variation s’est avérée plus marginale, le seuil de signification statistique n’étant pas atteint du fait d’une DMP qui n’a pas dépassé -0,22 mmol/l ; IC 95 % : -0,47 à 0,22 ; p = 0,092). Les analyses complémentaires par méta-régression ont, pour leur part, révélé que la durée du traitement et l’effectif étaient deux facteurs susceptibles d’induire une certaine hétérogénéité entre les études, un biais de publication étant en revanche considéré comme peu probable.

Chez l’enfant atteint d’un déficit idiopathique en hormone de croissance, le traitement par la rhGH semble avoir un effet favorable sur le profil lipidique, notamment sous la forme d’une élévation significative des taux plasmatiques de cholestérol total et de HDL-cholestérol. Une tendance qui a été déjà observée dans d’autres études souvent menées chez l’adulte.

Dr Philippe Tellier

Référence
Yuan Y et coll. : Meta-analysis of metabolic changes in children with idiopathic growth hormone deficiency after recombinant human growth hormone replacement therapy. Endocrine. 2021;71(1):35-46. doi: 10.1007/s12020-020-02435-w.

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