Hospitalisations et décès après vaccination anti-Covid, des risques calculés

Le calculateur QCovid a été développé en Grande-Bretagne pendant les premières vagues de la pandémie. Il permet de calculer le risque de décès ou d’hospitalisation en se basant sur les caractéristiques individuelles de chaque patient. Avec la généralisation de la vaccination, il est devenu nécessaire d’adapter le calcul de risque aux personnes vaccinées. Un nouvel outil, le QCovid 3 a donc été développé, testé et validé.  

Il repose sur les données de près de 7 millions d’individus vaccinés (3 sur 4 avaient reçu les 2 doses de vaccin) de 19 à 100 ans, collectées entre décembre 2020 et juin 2021.

L’algorithme de risque inclut l’âge, le genre, l’origine ethnique, le niveau de revenus, l’indice de masse corporelle (IMC), les comorbidités et le taux d’infection.

Plusieurs facteurs de risque

Dans cette cohorte sont survenus 2 031 décès, et 1 929 hospitalisations, parmi lesquels 81 décès (4 %) et 71 hospitalisations (3,7 %) ont eu lieu 14 jours ou plus après la 2ème dose de vaccin. Le risque absolu d’infection est réduit dès la 1ère dose, mais l’analyse des données permet de repérer plusieurs facteurs de risque de survenue d’une forme sévère 14 jours ou plus après la 1ère ou la 2ème dose de vaccin : trisomie 21 (risque spécifique augmenté 12,7 fois), transplantation rénale (8,1), drépanocytose (7,7), vie en résidence médicalisée (4,1), chimiothérapie (4,3), greffe de moelle récente ou greffe d’organe solide (2,5), infection par le VIH, démence, maladie de Parkinson, maladie neurologique, cirrhose. D’autres comorbidités augmentent aussi le risque, le multipliant par 1,2 à 2 fois : insuffisance rénale chronique, cancer hématologique, épilepsie, bronchite chronique obstructive, coronaropathie, accident vasculaire cérébral, diabète, etc. Les facteurs sont sensiblement les mêmes concernant le risque d’hospitalisation.

Les performances de ce QCovid 3 destiné aux personnes vaccinées sont bonnes. Dans les 5 % de patients avec le risque de mortalité le plus élevé, la sensibilité du test pour prédire le décès dans les 70 jours est de 78,7 %. Les auteurs ont aussi mis à jour et remplacé l’algorithme original utilisé pour les personnes non vaccinées (nouveau QCovid 2) et prévoient des remises à jour régulières en fonction de l’évolution de la vaccination et de son extension aux plus jeunes, des connaissances sur le virus, de l’émergence de nouveaux variants préoccupants et de la réponse à de nouvelles mesures de prévention ou de prise en charge.

Dr Roseline Péluchon

Références
Hippisley-Cox J. et coll.: Risk prediction of covid-19 related death and hospital admission in adults after covid-19 vaccination: national prospective cohort study
BMJ 2021;374:n2244. doi.org/10.1136/bmj.n2244

Copyright © http://www.jim.fr

Réagir

Vos réactions (2)

  • Absence de prédictivité individuelle

    Le 01 octobre 2021

    Comme tous ces scores, la valeur prédictive à l’échelon individuel est très mauvaise.
    Leur intérêt est de fournir un outil d’évaluation des unités d’hospitalisation (Niveau de sévérité des patients hospitalisés, comparaison de la mortalité observée avec celle prédite, quantification des ressources à affecter à un service...).

    Dr Jean-Yves Marandon

  • Vive les algorithmes !

    Le 04 octobre 2021

    Avec touts les effets secondaires déjà enregistrés dans les diverses agences de pharmacovigilance et comme ces vaccins sont encore en phases3 de test, si l'on donnait les moyens financiers plutôt pour des autopsies étendues des décès enregistrés suite au vaccins, afin d'en éclaircir les causes, et pour faire de vrais enquêtes sur sur les causes et mécanismes des centaines de milliers d'effets remontés à ces agences, cela me semblerait beaucoup plus utile pour déterminer la réalité des balances bénéfices risques par ages et facteurs prédisposant. C'est ce dont nous avons un cruel besoin nous autres médecin de terrain, et ce qui pourrait guider une conduite efficace et juste des politiques de santé. Depuis le début de cette pandémie, les modélisations mathématiques se sont (et nous ont) toujours honteusement trompées, et ont pourtant guidé les décisions politiques, sans qu'aucune reconnaissance d'erreurs n'ait été reconnue. Arrêtons ces gadgets et revenons à de la vraie médecine en sollicitant la remontée des expériences de terrain, et en donnant les moyens pour cela,..

    Le plus difficile n'est pas de faire des calculs mathématique mais de définir les bonnes valeurs à introduire dans les formules. Et jusqu'à maintenant, dans cette épidémie, on a manqué plus de jugement et de raison que de calculs algorithmiques.

    Dr Alain Garenne

Réagir à cet article