Peut-être un effet protecteur de la vitamine D contre l’apparition d’hypersignaux de la substance blanche

Plusieurs études transversales ont établi une association inverse entre les concentrations sériques de 25-hydroxyvitamine D (25OHD) et l’étendue des hypersignaux de la substance blanche (HSB). Les rares études prospectives qui ont suivi n’ont pas confirmé ce qui n’était qu’une hypothèse. La vitamine D a certes des effets neuroprotecteurs et immunomodulateurs qui s’avèrent en théorie bénéfiques pour le cerveau, mais jusqu’alors rien ne prouvait qu’ils soient suffisants pour s’opposer à l’apparition ou à la progression des HSB.

Ces derniers qui rentrent dans la définition de la leucoaraïose du sujet âgé sont le plus souvent asymptomatiques et découverts fortuitement par une IRM cérébrale. Il semble néanmoins qu’à partir d’un certain seuil correspondant à des lésions de plus en plus étendues, apparaissent des troubles cognitifs ou fonctionnels. Ces lésions constituent par ailleurs un biomarqueur associé à un risque accru d’AVC, d’atrophie cérébrale, de démence, voire de décès dans certaines études.

De ce fait, l’étude germanique longitudinale Heinz Nixdorf Recall Study plus 1000BRAINS est très intéressante malgré des limites évidentes.

Chez les 505 participants (femmes : 49 % ; âge moyen 56,2 ± 6,6 ans) inclus, les concentrations sériques de 25OHD ont été mesurées à l’état basal entre 2000 et 2003 en tenant compte de leurs variations saisonnières. Le grade des HSB selon la classification de Fazekas (0 : absence ; 1 : foyers ponctiformes ; 2 : confluence débutante ; 3 : confluence étendue) et leur volume ont été évalués par IRM (3 Tesla) dix années plus tard. Les données ont été traitées au moyen d’une analyse multivariée par régression linéaire en procédant à des ajustements multiples qui ont pris en compte ces variables : âge, sexe, éducation, tabagisme, consommation d’alcool, diabète, pression artérielle systolique, activités sportives et cholestérolémie totale.

Une relation inverse entre taux de vitamine D et l’étendue des HSB

Les concentrations sériques basales moyennes de 25OHD ont été estimées à 17,0 ± 8,2 ng/ml et, en s’affranchissant de leurs variations saisonnières, à 16,9 ± 7 5 ng/ml. Le volume moyen des HSB a été estimée 16,6 ± 17,4 ml (extrêmes : 1–132 ml).

La plupart des HSB de grade 2-3 ont été mis en évidence dans les régions périventriculaires (39 % des participants), pariétales (32 %), frontales (31 %), temporales (6 %) ou encore occipitales (3 %). Une relation inverse a été constatée entre les taux de 25OHD et le volume des HSB. Chaque augmentation d’un ng/ml des taux de 250HD a été associée à une réduction du volume des HSB d’un facteur 0,99 (intervalle de confiance à 95 % IC 95% 0,98 -1,00). Une association inverse de ce type a également impliqué l’étendue des HSB selon la classification de Fazekas dans les régions périventriculaires (Odds ratio 0,98 [IC 95% 0,96 - 1,01]), frontales (0,99 [0,97 – 1,02]) et pariétales (0,98 [0,95 - 1,00]).

Ainsi, selon cette étude longitudinale, il existerait une association inverse entre les concentrations basales de 25OHD et l’étendue des HSB dix années plus tard. Un résultat qui ne permet pas de dépasser le stade des hypothèses compte tenu des limites de l’imagerie cérébrale et de la multiplicité des facteurs de confusion potentiels.

Dr Giovanni Alzato

Référence
Schram S et coll. : Vitamin D and white matter hyperintensities: results of the population-based Heinz Nixdorf Recall Study and 1000BRAINS. Eur J Neurol., 2021 ;28(6):1849-1858. doi: 10.1111/ene.14810.

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