Vitiligo : peut-on croire aux UVB à domicile ?

Le vitiligo affecte environ 2 % de la population mondiale. Apparaissant en général entre l’âge de 10 et 30 ans, il a un impact sur la qualité de vie en particulier quand il intéresse des zones visibles, telles que le visage et les mains. Les conséquences peuvent aller jusqu’à la dépression, une baisse de l’estime de soi, un isolement social. Malheureusement les traitements disponibles sont d’une efficacité variable : les approches recommandées actuellement sont la corticothérapie topique, le tacrolimus et les UVB à spectre étroit (NB-UVB pour narrow band UVB).

En ce qui concerne ces derniers ils sont souvent réservés aux patients avec des vitiligos étendus et ne sont habituellement accessibles que dans des centres spécialisés. Pour les vitiligos plus limités des appareils « domestiques » ont été proposés. Mais leur maniabilité et leur efficacité n’ont tout au plus été rapportées que dans des études rétrospectives sur de petits effectifs.

Les résultats d’un travail de plus grande envergure sont publiés dans un numéro récent du British Journal of dermatology. Il s’agit du Home Interventions and Light therapy for the treatment of Vitiligo Trial qui a comparé la sécurité d’emploi et l’efficacité d’une lampe à main à NB-UVB à celles d’une corticothérapie topique puissante dans le traitement d’un vitiligo actif peu étendu chez des adultes et des enfants. Il s’agit d’une étude multicentrique (16 hôpitaux au Royaume Uni) randomisée contrôlée. Les participants ont été recrutés à partir des généralistes, des spécialistes ou spontanément. Ils ont été enrôlés pour 21 mois (9 mois de traitement, 12 mois de suivi).

Relativement efficace en combinaison avec la corticothérapie

Au total 517 participant, âgés d’au moins 5 ans avec un vitiligo ne touchant pas plus de 10 % du corps, ont été randomisés en trois groupes parallèles (1 :1 :1) pour recevoir dans le groupe corticoïdes (n = 173) : corticothérapie (furoate de mométasone 0,1 %) une fois par jour une semaine sur deux pendant 9 mois et UVB factices, dans le groupe NB-UVB (n = 169) : excipient du topique et irradiation NB-UVB par lampe à main un jour sur deux, dans le troisième groupe (n = 175) : corticoïdes associés à NB-UVB. 

Les résultats ont été disponibles pour 72 % des patients inclus. Les pourcentages de succès (au moins 75 % de repigmentation) dans les différents groupes ont été de 17 % (corticoïdes), 22 % (NB-UVB) et 27 % (traitement combiné). Le traitement combiné s’est révélé supérieur à la corticothérapie seule, mais les UVB seuls n’ont pas été statistiquement plus efficaces que la corticothérapie seule. Les résultats ont été globalement meilleurs sur le visage que sur les mains et les pieds.

Les participants qui ont fait preuve de la plus grande adhésion au traitement avaient plus de chance de bénéficier d’un succès thérapeutique mais les effets ont progressivement disparu au cours du suivi pour plus de 40 % des patients dans les trois groupes.

Des cas d’érythème de grade 3 lié aux UVB (mêmes factices !) et d’affinement de la peau sous corticothérapie (dont un sous excipient de la crème !) ont été rapportés dans 12 % et 2,5 % des cas respectivement.

Cette étude montre qu’une association de corticoïdes puissants et d’irradiations par NB-UVB peut donner de meilleurs résultats que l’une des deux approches isolées, avec un niveau de sécurité correct. Cette association  n’est toutefois vraiment efficace que pour environ un quart des patients et de manière souvent transitoire. Cependant il faut rappeler qu’une méta-analyse regroupant des études ayant évalué la photothérapie corps entier dans le vitiligo conclut à une proportion de patients bénéficiant d’une réponse nette (plus de 75 % de repigmentation) de 19 %. Pourquoi alors ne pas tenter le traitement « à domicile » proposé ici.

Dr Marie-Line Barbet

Référence
Thomas KS et coll. : Randomized controlled trial of topical corticosteroid and home-based narrowband ultraviolet B for active and limited vitiligo: results of the HI-Light Vitiligo Trial. Br J Dermatol., 2021 : 184, pp828–839 DOI 10.1111/bjd.19592

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