Les Etats-Unis tentés par le passe sanitaire… et la vaccination obligatoire

Washington, le vendredi 30 juillet 2021 – Hausse des contaminations et ralentissement de la vaccination : les États-Unis sont confrontés aux mêmes problèmes que la France et se tournent donc vers les mêmes solutions, à savoir le pass sanitaire, voire la vaccination obligatoire.

C’est une épidémie dans l’épidémie, celle du pass sanitaire. De plus en plus de pays qui font face concomitamment à la menace du variant delta et à un ralentissement de leur campagne de vaccination se tournent vers cet outil afin d’inciter les populations à se faire vacciner et ainsi éviter une nouvelle vague d’hospitalisations et de décès. Après certains états européens, c’est au tour des Etats-Unis d’adopter ce système, non sans quelques réticences.

Joe Biden contraint de revenir sur sa parole

Ce jeudi, le président américain Joe Biden a ainsi décidé de rendre la vaccination obligatoire pour tous les fonctionnaires fédéraux, soit 2 millions de personnes. Les employés qui refuseront de se soumettre à cette obligation devront subir des tests réguliers et porter un masque au travail. Une mesure dont sont pour le moment exemptés les 2 millions de militaires américains, même si Joe Biden a dit réfléchir à l’inscription du vaccin contre la Covid-19 parmi les vaccins obligatoires pour les membres des forces armées. Le leader démocrate avait pourtant annoncé début avril être opposé à tout système de passeport ou de certificat vaccinal contre la Covid-19. Mais à l’instar d’Emmanuel Macron, l’évolution de la situation épidémique l’a conduit à revenir sur sa parole.

En effet, après un début en fanfare, la campagne de vaccination américaine a fortement ralenti. Ce sont environ 500 000 Américains par jour qui sont vaccinés, contre plus de 3 millions d’injections quotidiennes en avril. Avec 57 % d’Américains primo-vaccinés et 49 % de personnes complètement vaccinées, les États-Unis présentent désormais une couverture vaccinale inférieure à la plupart des pays européens. Une fracture vaccinale s’est formée entre les États démocrates, où le taux de vaccination est élevé et les États républicains, où l’adhésion au vaccin est moins forte. Une situation inquiétante alors que le variant delta a provoqué une multiplication par 6 des nouvelles contaminations en un mois et que le nombre de décès repart légèrement à la hausse.

Les États républicains opposés au passe sanitaire

Mais dans un État fédéral et libéral comme les États-Unis, le président Biden n’a pas le pouvoir de mettre en place un passe sanitaire généralisé. Il en a donc appelé aux autorités locales et aux entreprises privés. Les initiatives en ce sens se multiplient. Dans l’Etat de New York, la vaccination a été rendu obligatoire pour tous les fonctionnaires, sous peine de licenciement et un passe sanitaire va être mis en place pour les concerts. Même solution à San Francisco, où un certificat vaccinal sera demandé à l’entrée des bars.

Les entreprises privées ne sont pas en reste : Google, Facebook et Apple ont annoncé que seuls leurs employés vaccinés pourront revenir au bureau, tandis qu’United Airlines ne recrute désormais plus que des personnes vaccinées. Si le recours au « bâton » s’intensifie, la « carotte » est encore utilisée. Le maire de New-York a récemment annoncé que tous les habitants nouvellement vaccinés recevront un chèque de 100 dollars, une initiative saluée par la Maison-Blanche.

Ces mesures d’incitation vaccinale se propagent surtout dans les États démocrates et passent très mal chez l’électorat républicain. La plupart des Etats conservateurs se refusent à mettre en place des dispositifs de passe sanitaire ou de vaccination obligatoire. Plusieurs États républicains, dont l’Alabama, l’Arizona ou la Floride, ont même adopté des législations interdisant aux entreprises et commerces de mettre en place un passeport vaccinal. Sur ce sujet comme sur beaucoup d’autres, l’Amérique est donc profondément divisée.

Quentin Haroche

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