Santé mentale et crise climatique : un appel à l’action par les psychiatres canadiens

Paris, le mardi 21 novembre 2023 - La crise climatique s’invitant dans de nombreux domaines, y compris en psychiatrie, alors que l’Organisation Mondiale de la Santé identifie le changement climatique comme « la plus grande menace pour la santé mondiale au 21ème siècle », l’Association des psychiatres du Canada publie sur ce thème une déclaration de principe (position statement) en forme d’« appel urgent à une plus grande implication de la communauté psychiatrique » pour combattre cette crise climatique et affronter ses conséquences. Parmi les nombreuses relations possibles entre le changement climatique et la santé mentale, on peut évoquer des « impacts directs » comme les effets psychologiques d’événements météorologiques extrêmes (inondations, incendies de forêt, ouragans...), des « effets indirects » (liés à « l’exacerbation de déterminants structurels de la maladie mentale » comme la perte de ressources, l’insécurité alimentaire et les déplacements forcés) et des « effets globaux » (détresse, anxiété, tristesse, conséquences de la « prise de conscience de la crise comme menace majeure » pour la stabilité planétaire).

En outre, la crise climatique « aggrave les inégalités existantes, avec un impact disproportionné sur ceux qui souffrent déjà d’une maladie mentale préexistante. » Dans le monde entier, les plus jeunes seraient « particulièrement vulnérables à la détresse mentale liée au climat » impliquant notamment des « émotions négatives » à l’égard des réponses « inadéquates » des gouvernements à cette crise majeure pour la planète. Les auteurs préconisent de reconnaître et de « définir clairement » la crise climatique comme un réel « déterminant » en amont de la santé mentale et conseillent aux psychiatres « d’utiliser leur voix collective » pour plaider en faveur de changements politiques pouvant améliorer les déterminants structurels et écologiques de la santé mentale.

Plus encore qu’une préoccupation transversale des divers courants socio-politiques, cet impératif écologique doit ainsi devenir une composante consubstantielle à toute intervention au service de la collectivité. En écho à l’appel de Richard Horton, ancien rédacteur en chef du Lancet[1] proposant d’« injecter une force morale dans le débat politique sur les mesures climatiques », les psychiatres canadiens souhaitent « participer au plaidoyer pour le climat » car les retards pour décarboner et préparer les changements représentent, estiment-ils, « des choix politiques nuisibles pour la santé mentale ».

[1] https://www.thelancet.com/action/showPdf?pii=S0140-6736%2819%2932260-3

Dr Alain Cohen

Référence
Daniel Rosenbaum & coll.: Mental health and the climate crisis: A call to action for canadian psychiatrists. Can J Psychiatry. 2023 68(11):870–875.

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