France : le gouvernement est-il devenu « rassuriste » ?

Paris, le mardi 17 février 2021  - Le 29 janvier, Jean Castex définissait la nouvelle frontière de la politique sanitaire française : tout faire pour que la France ne bascule pas de nouveau dans un confinement dur. Si le pari semblait pour certains observateurs risqué et osé, cette ligne semble, pour l’instant, avoir fait ses preuves et ragaillardi le sommet de l’État qui se refuse même, désormais, à prendre des restrictions locales.

De l’air !

Symbole de cette nouvelle intransigeance, le Conseil de défense qui s’est tenu aujourd’hui n’a abouti à aucune nouvelle décision ! "Laissons un peu d’air aux Français" résume ainsi un conseiller de l’exécutif anonyme à France Info

Il faut dire que la France connaît un relatif (et inattendu) répit. L’incidence et le nombre des hospitalisations diminuent progressivement et seul le nombre de patients en réanimation pour Covid augmente très légèrement.

A tel point, qu’Emmanuel Macron n’y croirait plus et se ferait presque rassuriste ! Ainsi malgré les nouvelles conjectures inquiétantes dévoilées hier par l’INSERM (voir : Variant britannique : le gouvernement de moins en moins à l’écoute des alarmistes), le Président de la République demeurerait circonspect. Ainsi, lors de sa dernière réunion avec des experts, il aurait fait part de ses doutes quant à la réalité de la dangerosité du variant anglais. Certains de ses proches, sèment d’ailleurs des petits cailloux ces derniers jours pour préparer les esprits à des allégements progressifs des mesures (notamment concernant les musées).

Mais cet optimisme se heurte à la colère de certains maires.  

Malaise en Moselle et dans le Dunkerquois

A Dunkerque, qui a connu un doublement de l’incidence en une semaine (658/100 000 habitants) avec 70 % de cas liés au variant anglais selon certaines estimations, Patrice Vergriete regrette que la préfecture ne se décide pas à la fermeture anticipée des établissements scolaires à moins d’une semaine des vacances.

L’agence régionale de santé (ARS) des Hauts-de-France a néanmoins annoncé une campagne « exceptionnelle » de dépistage, ainsi que l’allocation supplémentaire de 2 400 doses de vaccin. « Des mesures, totalement inadaptées à notre territoire » dénonce Patrice Vergriete sur BFM-TV.

Il estime, en outre, que la situation du Dunkerquois devrait très rapidement faire tâche d’huile : « L'Audomarois a passé la barre des 50% de variant britannique, ce sera bientôt le cas dans le Calaisis et ça touchera bientôt l'agglomération lilloise » alerte-t-il.

Même incompréhension en Moselle, dans un département qui compte, selon Olivier Véran, « plus d’un tiers » de cas issus du variant sud-africain (et 48 % liés à des variants au total).

Après avoir réclamé un reconfinement local, le maire de Metz, François Grosdidier, plaide lui aussi en faveur d’une fermeture anticipée des écoles avant les vacances, ce qui lui a été aussi refusé.

Ici aussi, la livraison de 30 000 doses supplémentaires de vaccin et l’appui des marins-pompiers de Marseille pour la détection des variants ne suffisent pas à convaincre.

Il faut dire que les néo-rassuristes sont à l’œuvre : « en Moselle, les variants ont augmenté en proportion, mais est-ce que ça fait augmenter le nombre de cas, ou de patients Covid en réanimation ? Non. Si nous avions confiné, cela aurait été du préventif, donc un changement de doctrine. En France, on ne fait pas de confinement préventif » tranche ainsi un conseiller de l’exécutif (lui aussi anonyme…).

F.H.

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